Outward Definitive Edition : un voyage mêlant plaisir et douleur

Après une sortie remarquée en 2019, Outward revient sur une version « Definitive » regroupant les contenus annexes (Frères de Feu + Soroboreans) et surtout une optimisation nouvelle génération. Exigence et difficulté toujours au rendez-vous de ce RPG qu’on aime détester et qu’on déteste aimer, après un nouveau voyage sur Xbox Series X (originalement fait sur Playstation 4).

Après la création (sommaire) de notre avatar nous voici direct sur le terrain. Notre personnage est fauché comme le blé, avec des dettes monstres à rembourser au plus vite. Après une tentative ratée, suite à un naufrage, de partir à l’aventure dans le but de se remplir les poches, retour à la case départ avec des villageois voulant notre peau faute de réussir à payer nos dues et on est lâché tel quel dans la nature. La narration à proprement parler ne va pas plus loin et nous laisse construire notre périple afin de retrouver la liberté. Le début est difficile et brutal d’autant qu’Outward ne s’embête pas en indication ou UI donnant de quelconques informations superflues à l’écran. On n’apparait pas sur la carte, pas de repère ou flèche disant où aller, etc. L’observation est nécessaire pour s’orienter et ne pas se perdre.

Signal non trouvé

La production de Nine Dot Studios nous plonge dans une aventure à l’ancienne, alliant exigence et difficulté, nous demandant d’apprendre à nous débrouiller tout seul. Comprenez qu’on est très rapidement lâché dans cet univers sauvage et rude. Notre avatar doit manger et boire, dormir, rester suffisamment au chaud et affronter des conditions climatiques parfois extrêmes. Outward demande qu’on s’y investisse et surtout qu’on réfléchisse. N’imaginez même pas aller prendre par pack les ennemis sous peine de voir la mort de face (oui oui, notre avatar est une crevette, et n’importe quelle bête sauvage nous réduit en charpie).

Très rapidement, on découvre ce que peut faire ou non notre personnage, ses capacités comme le fait de ne pas pouvoir porter grand-chose dans le sac, l’usure de l’équipement, ses besoins vitaux, ou encore son degré d’adaptation aux conditions climatiques qui peuvent s’avérer extrêmes comme déjà évoqué. Pour se faire, il est nécessaire de s’équiper correctement. Outward n’est pas un RPG traditionnel dans le sens où on ne prend pas de level en progressant. C’est le stuff qui va faire toute la différence avec un besoin d’adapter ce qu’on porte selon la situation. Les mécaniques sont complexes et complètes pour tout ce qui touche au craft, l’alchimie ou la cuisine qui sont plus que nécessaires pour voir le bout de l’aventure. Notre avatar a besoin de repos, de nourriture et de soigner ses blessures ou autres maladies sous peine de succomber.

Vous pensez pouvoir poser la tente n’importe où ? Grossière erreur, une attaque en plein sommeil peut arriver selon où on campe. Même si Outward appuie son exigence avec des morts parfois très violentes pouvant donner un semblant trop punitif, on prend vite le pli de tout ce qui est à gérer et on en tire même une certaine satisfaction. Vous en voulez encore plus ? Apprendre à maitriser la magie demande de sacrifier vie ou endurance !

Outward pousse parfois à prendre les armes, pour notre survie ou encore pour finaliser une quête. On bascule dans une tension permanente de peur d’y laisser la vie. L’immersion est assez poussée avec de nombreux choix laissés au joueur, marquant le monde durablement. On vit notre périple, à nous, chaque partie est unique. Outward nous transporte dans un voyage à travers le monde où l’on parcoure différents biomes des plus variés : plaines vertes aux déserts arides, en passant par des paysages côtiers, des montagnes, campagnes, villes, fortifications, tout y passe. Même si elle n’est pas exempte de défaut, la localisation en français reste agréable à avoir.

Quid de la technique de cette version « newgen » ? Outward accusait déjà le coup précédemment et c’est toujours le cas aujourd’hui. Le tout se montre tout de même plus propre que précédemment, dont de très jolis jeux de lumière, mais l’expérience reste quelque peu aliasée et en retard sur son époque. Autant cette partie peut facilement être pardonnée, mais le pire reste tout le tearing prononcé provoquant de trop nombreux déchirements d’images et des chutes de framerate.

Outward offre une expérience brute, mais qui mérite le détour. La liberté offerte est immense où chacun est libre de vaquer comme bon lui semble. Quelque peu sandbox, on retrouve ces aspects survies propre au genre. Même si le tout fait un peu oldschool ou rigide, la sauce prend relativement bien et reste un voyage atypique et plaisant, d’autant qu’on peut le faire en coop locale, extra non ? On vit Outward, dans la douleur même, mais on apprécie le voyage qui provoque quelques sentiments oubliés et une liberté hors norme. La version newgen amène un petit confort en plus avec du contenu annexe allongeant encore une durée de vie de déjà conséquente.

%d blogueurs aiment cette page :