12 mai 2026

Resident Evil 4 : un hit à travers le temps

Capcom est passé maitre dans l’art de ressortir ses jeux dans des versions améliorées et retravaillées. Après les remakes de RE 2 et 3, on s’attendait forcément à voir le suivant débarquer et c’est chose faite ! Délaissant parfois la survie pour l’action dans sa version 2004, Resident Evil 4 n’en demeure pas moins légendaire et sa revisite tape toujours dans le mille. Hit un jour, hit toujours ?!

Capcom continue sur sa formule maitrisée, en se reposant sur la base de l’œuvre originale notamment sur le scénario, tout en s’améliorant ce qui peut l’être avec la liberté de revoir certains angles très souvent pour notre plus grand bonheur. L’histoire prend place en Espagne, 6 ans après les évènements de Racoon City. On retrouve Léon Kennedy devenu agent spécial pour le gouvernement US envoyé en Espagne dans une petite bourgade où a été aperçue pour la dernière fois la fille du président des États-Unis, Ashley. Arrivé sur place, Léon se rend compte qu’il va devoir faire face à une nouvelle menace, la secte Los Illuminados et un parasite Las Plagas. 

Que cela soit Léon ou Ashley, les deux personnages font preuve de plus de maturité. Le ton est bien plus sombre et sérieux, la relation entre les protagonistes évolue différemment, la recette gagne en profondeur et l’écriture est bien plaisante telle quelle. Le lore et le background sont davantage travaillés avec des liens entre les différents RE mis en avant via des collectibles par exemple. Conséquence directe des retouches, certains passages ont été supprimés ou à minimum retouchés et d’autres n’arrivent pas forcément quand on en avait souvenir ou de la façon qu’on se rappelait. En contrepartie, quelques segments (inédits) s’ajoutent afin de compléter la trame. 

Le level design a subi aussi quelques liftings notamment dans le château alors que le village est le passage qui a été le moins impacté à mes yeux. À aucun moment, on ne perçoit cela de façon négative pour la création de Shinji Mikami bien au contraire. Capcom peaufine, lustre, conserve et modifie, tout cela dans le but de rendre une copie la plus parfaite de son titre et cela fonctionne sur énormément de facettes. Comptez quelque chose de similaire au jeu de 2004 avec plus de 15 h pour en voir le bout, un NG+ présent. Certes certains fans hardcores regretteront surement la disparition de l’un ou l’autre moment qu’ils apprécieraient, mais ces modifications sont faites dans le but de rendre une copie affichant une certaine cohérence. Dommage par contre de voir disparaitre certains modes additionnels pourtant forts, les campagnes d’Ada en l’occurence.

RE Engine au rapport

RE4 avait pris un tournant résolument action, ce remake 2023 conserve cette ligne directrice, mais remet un peu l’église au centre du village afin de rappeler que Resident Evil est bien une licence horror et survie avant tout avec une ambiance solide, pesante, sombre et glauque. Et la technique rend hommage à cette atmosphère notamment des jeux de lumières et ombres ultras, et un RE Engine qui fait toujours des merveilles, le tout appuyé par une partie sonore de haute volée. C’est beau, propre, net et sans bavure. Le doublage intégral FR est un gros gros plus sur ce type de jeux avec une immersion maximale à l’heure de dresser un bilan.

Par contre la mouture PC nous a posé quelques soucis de stabilité, qu’on est loin d’être les seuls à rencontrer avec des erreurs D3D malgré des machines basées sur de la RTX 3080 et 4080. Après tests de palliatifs trouvés sur les forums Steam, la solution est soit de limiter l’utilisation de VRAM à 6 go (afin de rester en « blanc » sur la console, nécessitant forcément de couper quelques paramètres notamment la qualité des textures et la RAM allouée) ou de désactiver purement et simplement le raytracing sans autre contrainte. Digital Foundry propose d’ailleurs une vidéo sur le sujet avec leurs conseils de paramètres pour conjuguer performances, qualité visuelle et surtout ne plus avoir de crash. Attendons une maj soit du jeu ou des drivers Nvidia pour voir la situation se stabiliser. Côté steamdeck par contre, c'est impeccable. Bien sur, la qualité visuelle est moindre mais pour le reste RAS

Côté gameplay, on retrouve très vite nos marques. L’ossature est connue et toujours aussi efficace avec des améliorations apportées d’opus en opus. On retrouve le feeling des RE 2 et 3, avec le classique craft de munitions ou la machine à écrire pour sauvegarder alors que le couteau connait une refonte servant à se battre, mais aussi à parer, se dégager d’un grap, et mettre à mort un ennemi au sol. Attention à ne pas en abuser, car il finit par casser après plusieurs utilisations (mais notre fidèle ami marchand permettra de réparer tout cela bien sûr). On use de la discrétion quand possible pour se faufiler dans le dos d’un ennemi, l’assassiner et n’user du feu que quand nécessaire. En tout cas, pas de crainte de manquer de balles, voyez plus cela comme un moyen de varier l’action au milieu de pas loin de 10 autres armes qu’on équipe d’un simple clic très rapide. Manette en main, le kiff répond toujours présent et chaque petite modif, chaque chose modifiée amène sa pierre à l’édifice d’une œuvre déjà béton. On (re) découvre avec un plaisir non dissimulé Resident Evil 4.

Capcom n’a plus à démontrer son savoir-faire pour revisiter ses productions phares et Resident Evil 4 ne déroge pas à la règle. Hormis les quelques couacs techniques de la version PC que j’ai rencontrés, le reste gagne en qualité en tout point. On retrouve une ambiance forte dans un périple mêlant habilement action, survie et horreur (même si la survie est moindre selon difficulté). La copie est presque parfaite et ravira autant les anciens que les nouveaux joueurs. 

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