Suicide Squad : Kill The Justice League était l’une des curiosités de ce début 2024. Après un Avengers en demi-teinte côté super héros coop/multi, on était un peu méfiant vis-à-vis de son pendant DC pour au final trouver un jeu non sans défaut mais tout de même très agréable à parcourir. Le premier jet est plutôt convaincant, reste maintenant à voir comment Rocksteady va maintenir son GaaS en vie sur le long terme.
La Justice League, censée être le rempart face aux forces du mal n’est plus. Brainiac, antagoniste connu de l’univers DC a attaqué Métropolis en prenant le contrôle de la fameuse League en ayant corrompu tous ses membres. Amanda Weller, bien connue des films Suicide Squad, reprend du flambeau et demande à notre bande de déjantés de contre carrer les plans de Brainiac de tuer la Justice League, rien que cela ! Et pour s’assurer qu’on obéisse comme de bons toutous, on se voit implanter une bombe dans le cou. Au moindre dérapage ou refus d’obtempérer : pouf plus de Suicide Squad ! C’est sur ce pitch que démarre l’aventure où les Deadshot, Shark, Captain Boomerang et Harly Quinn reprennent du service dans une version de Metropolis qui dénote de Gotham City explorée dans les précédentes productions de Rocksteady. Le monde est plus « coloré », mais quelque peu plus générique dans le sens où on ne retrouve pas ce charme atypique, cette touche introuvable ailleurs comme Gotham la possédait. Metropolis reste un terrain de jeu très plaisant, énormément basé sur la verticalité, c’est juste « moins » charmant dans l’âme. Cela n’empêche que Metropolis affiche tout de même ses arguments avec un cycle jour/nuit et sa météo dynamique amenant sa petite touche de vie à l’ensemble.
Suicide Squad affiche une direction artistique convaincante, mais surtout une technique solide sur Playstation 5 avec des rendus lors des cutscènes et des animations à couper le souffle. La modélisation des avatars tabasse sévère, et surtout on retrouve l’ambiance Suicide Squad avec quatre avatars hauts en couleur, aux personnalités bien trempées et souvent à l’opposée l’une de l’autre. Un vrai régal ! Plus globalement, le rendu est assez solide tout comme la stabilité et fluidité du titre. Bien sûr, certaines textures dépareillent parfois, mais dans l’ensemble on est sous le charme. Parlons à présent des doublages, disponibles intégralement dans notre langue et j’ai été conquis par la prestation des acteurs qui se sont prêtés à l’exercice. Un très bon point pour la Suicide Squad ! On est immergé, on est dans le bain, on veut que cela pète maintenant.
Suicide Squad Kill The Justice League prend l’apparence d’un shooter — looter orienté action à tout va jouant énormément sur la verticalité ce qui explique ce choix de level design. Jouable aussi bien en solo (on est accompagné d’IA) qu’en ligne à plusieurs, on est en permanence à quatre tout au long de l’aventure. En solo, on passe d’un perso à l’autre d’un simple clic à la volée, ce qui est des plus appréciables d’autant que chaque protagoniste a son arsenal de prédilection, son approche propre, ses capacités uniques, etc. Le fond du gameplay reste du shooter nerveux, mais cela permet de varier les plaisirs. On apprécie son tutoriel complet, qui s’étend sur les premières heures présentant mécanique par mécanique de façon concise et précise, permettant d’assimiler l’ensemble de ce que propose la formule au fil de l’eau et sans accro. La prise en main est assez simple, et on part dans l’action très rapidement. Dès les premiers gunfights, on comprend où on met les pieds, et on sait que cela va finir régulièrement en carnage avec explosions dans tous les sens. Ce n’est pas forcément novateur sur tous les points, mais ce que fait Suicide Squad, il le fait globalement bien et on kiff sans se poser de question manette en main.
Shoot’n’loot baby
Qui dit looter dit forcément gestion de l’équipement et Suicide Squad coche les classiques du genre. On analyse chaque nouvel item et on adapte notre preset en conséquence : rareté, dégâts par seconde, type d’arme, bonus passif et actif. On équipe parfois des items moins puissants, mais plus en adéquation avec notre style de jeu. Le système de combo est assez important du fait que nos équipements, mais surtout talents, débloquent des capacités et bonus selon le combo atteint ! Hors de question de quitter l’action, à toujours chercher à enchainer des packs en plus ! Plus on enchaine, plus on déboite tout! On accumule de l’EXP générant des points de talents qu’on dépense à tour de rôle dans l’un des trois arbres de talents de chaque personnage, où chaque compétence s’oriente vers un gameplay différent. Deadshot peut devenir un vrai bombardier ou un sniper de génie, alors qu’Harley s’oriente vers la vitesse et les armes légères pour maintenir un feu nourri et constant ou à l’inverse maximise sa batte de baseball pour devenir une machine au corps à corps. Bref, on nous offre une pléthore de façon de jouer, à nous de les explorer !
On découvre plusieurs mécaniques comme l’équipement dédié dont le grappin d’Harley ou le gant de vitesse pure de Boomberang, comment régénérer de l’armure en visant les pieds avant de balancer un coup de batte en pleine tête, le tout en virevoltant au-dessus de la mêlée, tout en jouant sur la hauteur des décors, les possibilités offertes avec les sauts ou le fait de rester en l’air quelques secondes, escalader, etc. la formule prend diablement bien, c’est frénétique, simple, mais jouissif. J’ai personnellement passé un super moment manette en main et le fait de changer d’avatar en 2-2 (pour pex tout le monde, et optimiser les passages où un personnage génère plus d’EXP que le reste de la bande, etc.) est un réel plus. On a même le droit à quelques passages au volant de véhicule de destruction massive. Le gameplay est en béton armé, visant le fun et le kiff avant toute chose ! L’exploration est assez grisante dans ces conditions, on est régulièrement détourné de notre route pour aller éteindre un pack d’ennemis, ou remplir un des nombreux objectifs secondaires qui ont toujours un intérêt certain comme booster l’un des PNJ marchands, s’ouvrir de nouvelles options côté crafts d’arme, etc. Dommage que les objectifs de mission manquent parfois un poil de diversité, tout comme le bestiaire qui tourne en rond sur la fin du voyage.
Côté difficulté, le jeu nous propose plusieurs paliers dès le début de l’aventure, mais on a surtout ressenti des pics du fait de vagues démentielles et pas forcément à cause des monstres plus intelligents ou avec des capacités puissantes. L’IA montre parfois ses limites, mais c’est malheureusement un mal qui touche bien trop de jeu aujourd’hui. Monter les curseurs d’entrée de jeu si vous voulez du défi !
Sauver Métropolis coute que coute
Maintenant, parlons de son format : jeu service. Comme beaucoup de titres adoptant cette orientation, on peut décompenser son contenu en deux : la montée de level et l’aventure jusqu’au boss final puis le end game comme on le verrait dans un Destiny pour ne citer que lui. Pour la première, comptez une petite douzaine/quinzaine d’heures. Pour la seconde partie, cela se compose principalement de farming à l’heure actuelle, pour finir le contenu secondaire délaissé, jouer dans des difficultés de plus en plus élevées pour du meilleur loot et donc pour optimiser les personnages et compléter leur arbre de talent, car la trame principale ne permet clairement pas de monter tout le roster. Les développeurs promettent du contenu futur, amenant nouveaux monstres et défis, objectifs etc. Aujourd’hui la question se pose de la fréquence de ces ajouts et surtout leur qualité/quantité. En l’état, le contenu disponible est satisfaisant en termes de qualité, mais on a tout de même l’impression d’en avoir fait le tour « rapidement ». C’est un peu le serpent qui se mord la queue ensuite, sans ajout régulier le succès risque de ne pas être au rendez-vous sur le long terme, mais sans ce succès, on se doute que le studio puisse être retissent à investir d’avantage de carburant, etc. Le futur nous le dira !
J’émettais quelques craintes sur Suicide Squad Kill the Justice League, mais j’en ressors globalement convaincu. Tout n’est pas parfait, mais la formule prend bien, avec un gameplay complet, et explosif avec un roster qui permet de diversifier le plaisir manette en main. Visuellement solide, on suit cette histoire jusqu’au dénouement où nous attends ensuite du farming pour optimiser nos personnages. À l’instant T, c’est un oui pour Suicide Squad Kill the Justice League, mais il reste des interrogations quant à son format GaaS, la fréquence et la consistance des contenus à venir.














