Test Morbid The Lords of Ire : une suite agréable

Après un épisode pixel/vue isométrique, l’ARPG hardcore Morbid revient pour un second épisode, en 3D cette fois-ci. Nommée The Lords of Ire, la production prend place directement après le premier trip où Striver refait face à une menace similaire à celle dont elle a du s’occuper par le passé. Morbid The Lords of Ire possède quelques atouts qui réussissent à nous charmer.

Alors qu’elle se pensait à l’abri de toute menace, Striver découvre que de nouveaux acolytes font surface dans le royaume d’Ire, les fameux Gahars. Ceux ayant fait le premier opus raccrochent les wagons côté Lore avec des notions et mots qui leur parlent forcément, mais pour ceux n’ayant pas fait The Seven Acolytes, ne craignez rien. Au pire, vous manquerez l’un ou l’autre clin d’œil, mais rien de plus. 

Dès la première demi-heure, on retrouve une vraie patte Souls/From Software : on débute en contrôlant un héros sans trop savoir ce qu’on fait ici, on avance à l’aveuglette et on découvre les balbutiements du gameplay avant d’arriver dans les lieux (les Halls de la Rédemption) qui serviront de futur hub (PNJ, quêtes, améliorations, etc.) avant un premier gros challenge. Il est question de 5 seigneurs du mal et 5 régions à libérer de leur joug.

La base du gameplay conserve des allures d’ARPG exigeants, avec deux attaques (une légère et une lourde) consommant l’endurance, au même titre que l’esquive ou le blocage. On retrouve la parade parfaite comme on a pu la découvrir dans Rise of the Ronin récemment par exemple, qui est une composante phare et principale du gameplay. En cas de réussite, l’ennemi est à notre portée durant quelques courtes secondes, mais suffisantes pour lui asséner suffisamment de coups pour le mettre mal. À côté de cela, chaque adversaire possède une jauge d’équilibre qui diminue dans certaines conditions. Une fois cette énergie à zéro, l’attaque lourde déclenche une exécution pure et simple et met l’ennemi à terre. Les affrontements alternent nervosité et prudence, la mort pouvant vite nous tomber dessus en cas d’imprudence et d’assurance un peu trop démesurée.

Chaque arme que compose l’arsenal (épée, pugilat, haches, etc.) permet de varier les approches et de renouveler quelque peu la façon dont on se bastonne. Chacune d’elle apporte ses forces et ses faiblesses, qu’on adapte selon l’ennemi du moment. On les améliore grâce à des runes qu’on loot durant le périple. On n’oublie pas les consommables comme l’habituelle potion (qui se restaure aux autels, les feux de Morbid), et différents consommables comme des soins sur la durée, de quoi enflammer notre arme, etc. Ces dits autels ont un effet semblable à ce dont on a l’habitude comme la réapparition des ennemis, régénérer nos PV, ou faire des voyages rapides vers le hub.

On a l’habitude dans ce genre de jeu d’accumuler des ressources à chaque kill, qu’on dépense au feu pour monter une stat, mais la donne est différente sur Morbid The Lords of Ire. On accumule bien de l’expérience, avec des multiplicateurs qui s’enclenchent ci et là, nous faisant bien gagner des niveaux offrant des points de compétences. Mais au lieu de servir à nous boost une stat ou l’autre, on s’en sert pour équiper les bénédictions et débloquer de nouveaux slots. De la sorte, on gagne une barre de PV ou d’endurance plus grande, on boost notre force de frappe, etc. À noter que ces PC servent aussi à booster nos bénédictions. Quand on dispose du budget nécessaire, à nous donc de choisir si on développe un acquis ou si on préfère justement augmenter le nombre d’emplacements dispos, etc. 

À l’inverse des Souls et consorts habituels, on découvre une expérience un peu plus dirigiste. Ne vous attendez pas non plus à une minimap avec un indicateur pour l’objectif, mais des PNJ donnent plusieurs quêtes en nous disant ce qu’ils attendent de nous, dans quelle région aller, etc. Remplir les objectifs donnés nous donne encore plus d’EXP, donc de point de compet’ et donc d’option pour améliorer Striver !

Manette en main, la sauce prend relativement bien, avec une expérience certes majoritairement connue et qui manque parfois d’identité. On a bien l’une ou l’autre composante maison qui ajoute un peu de sel à la recette, mais quand on prend la globalité, on a plus l’impression d’un clone que d’une production à part entière. Ce n’est pas forcément un mal, mais on aurait aimé que Morbid The Lords of Ire, comme le premier opus, arrive vraiment à sortir du lot à sa façon. Le tout reste bon quoi qu’il en soit. Seul hic constaté en jeu : l’incapacité à franchir des obstacles mêmes minimes. Striver ne saute pas, une pierre de décalage en hauteur nous force parfois à taper un retour en arrière pour prendre le bon chemin.

L’ambiance est glauque (le jeu n’a pas volé son nom) et malsaine, c’est sombre et le bestiaire ne déroge pas à la règle avec des créatures bien dégueu comme il faut. Sans être une vitrine (le jeu fait plutôt génération précédente même, testé sur PC dans mon cas,), la direction artistique est inspirée et gomme une partie de ce ressenti (puis bon, on est loin d’être un AA). Chaque biome a eu le droit à un vrai travail plus que correct, et on adhère ce qu’on voit. Forcément, le jeu tourne au top du top sur ma config (4070Ti Super) par contre, le format ultra wide n’est pas pris en charge et je déconseille même de jouer sur ce type de définition, appliquant une sorte de zoom pour étirer l’image, effet pas génial pour le coup. Sur Steamdeck, même en qualité basse, les perfs jouent au yoyo et le rendu n’est vraiment pas tip top, je ne suggère pas de s’adonner à Morbid sur la console de Valve.

Morbid The Lords of Ire est une très bonne suite à The Seven Acolytes. Le changement de style se fait plutôt sans encombre. Le gameplay est agréable, on apprécie les quelques ajouts, mais pour autant on aurait apprécié que le studio Still Running aille un peu plus loin pour s’éloigner du cador du genre où on y trouve un peu trop de ressemblance parfois. Ce n’est pas un mal, mais après un premier voyage plus que réussit et si frais, on s’attendait à être autant surpris une nouvelle fois. Disponible à petit prix, cela peut valoir le coup d’œil si vous n’avez pas fait d’overdose au genre.