12 février 2026

Avis Thrive Heavy Lies the Crown : il pourrait sûrement offrir bien plus

Il me faisait de l’œil depuis un moment, sans que je trouve le temps de m’y intéresser, mais c’est désormais chose faite. Thrive: Heavy Lies the Crown s’inspire de nombreux cadors de la stratégie en temps réel et des jeux de gestion. Si le papier regorge d’idées intéressantes, le passage à la réalité est un peu plus contenu, ce qui fait que le titre de Zugalu Entertainment peine à se démarquer pleinement de la concurrence. Il y a un bon fond, mais on sent qu’il y avait la place pour faire tellement mieux.

Thrive : Heavy Lies the Crown est un jeu de stratégie en temps réel se déroulant dans un univers médiéval fantastique. L’accès anticipé a pris fin il y a presque un mois (le 19 juin) et le jeu est aujourd’hui affiché à 26,99 euros. En s’inspirant de plusieurs grands noms du genre, ou du moins en s’y identifiant plus ou moins, on a tendance à faire immédiatement la comparaison entre les jeux cités et à tirer des conclusions, même quand la structure d’un jeu est plus petite ou quand le prix est plus doux. Et parfois, cela peut jouer des tours ou générer des attentes autres que ce qu’on nous sert.

Le monde est en ruines et le joueur incarne un souverain fraîchement nommé dont la mission est de rebâtir un royaume : construire le premier village, des routes pour en rejoindre d’autres, des défenses, créer des alliances, des jeux de pouvoir, et bien sur prendre les armes si nécessaire etc et chaque décision a ses conséquences. Après plusieurs heures sur Thrive, il est difficile de ne pas y voir des similitudes avec des majors comme Age of Empires ou Civilization (et j’en vois d’autres…). Le jeu est un savant mélange de city builder, de guerre tactique, de gestion de l’économie et de la diplomatie. Si l’idée de saisir l’essence de ce qui a fait le succès de chacune de ces licences et d’en faire un assemblage maison peut sembler intéressante, encore faut-il réussir à bien doser le tout, et surtout, y apposer sa griffe, d’une façon ou d’une autre. C’est là que le bât blesse parfois. Non pas que les mécaniques proposées soient mauvaises, loin de là, mais il s’agit essentiellement de choses déjà vues, et pas toujours poussées assez loin, ce qui fait que la formule globale a du mal à décoller pleinement.

Concernant la partie « builder », Thrive se rapproche fortement du principe d’Age of Empires, avec les collectes et la gestion de ressources classiques, la création d’ateliers d’artisans et d’autres bâtiments importants, la gestion de l’agrandissement de son camp et sa nation, le pilotage des unités pour leur affecter des missions, etc. Concernant l’aspect diplomatique, Thrive se rapproche davantage de Civilization, proposant des choix moraux et éthiques qui influent sur la balance entre bienveillance et dictature. Le tout se résume finalement à des ficelles assez légères, se cantonnant la plupart du temps à quelques maigres options de réaction de notre part, et surtout manquant d’impact fort. Qu’on accepte une proposition, qu’on la refuse, qu’on trahisse, etc., on ne ressent finalement que peu le poids de nos décisions (ou du moins, on ne le sent pas assez), comme dans la plupart des jeux du genre. Concernant la partie combat et affrontements, Thrive se la joue Total War version allégée, avec des mécaniques simples à prendre en main. On pourrait y voir une version « arcade ». Il est tout de même question de fatigue, de moral, etc à bien avoir en ligne de vue sous peine de prendre une raclée si on débarque avec une armée rincée mais en jeu, cela se prend bien en main.

Il y a plusieurs ressources à gérer mais aussi tout ce qui est moral du peuple, leur bonheur etc, et habituellement, se louper sur cet aspect de la gestion a des conséquences assez fortes, pouvant mener au game over. Ici, on est parfois d’emote à l’écran sans trop comprendre de quoi il s’agit (et donc comment y parer) mais surtout j’ai eu le sentiment que finalement, cela se passerait « bien » quoi qu’il arrive. Pas assez à manger ? Il n’y a pas de rébellion en vue, cela râle un peu, mais en insistant, cela continue de travailler quand même… Souvent, Thrive nous pose des dilemmes qui me font penser à Frostpunk, où, quelle que soit notre décision, il y aura des insatisfaits. Mais là aussi, j’ai souvent eu du mal à voir l’impact réel sur ma partie. Finalement, qu’on soit un bon dirigeant aspirant à offrir à son peuple une vie agréable et à assurer la prospérité du royaume, ou qu’on devienne un despote en ignorant les recommandations de notre conseil et qu’on sombre dans la tyrannie pure et dure, j’ai l’impression qu’on ne risque pas grand-chose et que le royaume continuera au final à suivre nos directives plus ou moins bien.

J’ai tout de même pris plaisir à faire avancer mon royaume. Il y a de belles choses proposées, notamment une technique XXL au rendu vraiment saisissant, tout comme des mécaniques qui reprennent les composantes phares de plusieurs gros titres de l’industrie. Toutefois, l’assemblage a du mal à prendre car nos décisions manquent d’impact fort et réel et de conséquences, et surtout il manque cette petite griffe maison. Si on est surtout face à pas mal de fonctionnalités déjà vues ailleurs, l’ensemble n’en reste pas moins correcte, dommage que nos écarts n’aient pas un réel impact sur notre royaume et sur les liens qu’on a créés. En l’état, j’ai comme un sentiment d’impunité : je peux faire ce que je veux comme je veux, sans trop me soucier des conséquences. Dans le contexte d’un petit jeu indé à 26,99 euros, l’expérience reste plus que correcte, mais on aurait aimé y voir la vision de Zugalu du RTS/jeu de gestion, aller plus loin qu’un melting pot de choses vues ailleurs

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