Alors que Patapon a fait son retour il y a quelques semaines dans une version remasterisée, c’est son fils spirituel qui est à l’honneur aujourd’hui : Ratatan ! Après une campagne de financement participatif couronnée de succès en 2023 et une démo il y a quelques semaines, nous voici enfin face à un titre tant attendu en accès anticipé. Nous tirons un premier bilan enchanté de ce titre qui a su saisir l’essence de son aînée, sans pour autant n’être qu’un simple hommage.
Développé par les créateurs de Patapon, Ratatan reprend les bases du jeu d’origine : un jeu de rythme dans lequel un leader dicte des ordres (avancer, attaquer, se protéger) via des séquences de touches à réaliser dans le bon tempo, sous peine de voir sa consigne non prise en compte. Ratatan va encore plus loin en ajoutant une composante roguelite, ce qui lui confère une touche originale et inattendue. Le joueur incarne un Ratatan, une créature invoquée par un corbeau mystérieux pour escorter un navire volant à travers un monde magique, féerique et enchanteur, mais surtout dangereux. Le seul problème, c’est que le Ratatan ne sait pas se battre, mais il est un excellent leader. C’est pourquoi il doit trouver des Cobuns, les guider et leur ordonner leurs prochaines missions.
Rata Rata Rata-Tan
Sur le principe, Ratatan et Patapon ont énormément de similitudes, mais le premier sujet sur lequel les deux jeux prennent un chemin distinct concerne le héros central. Il n’est pas question de jouer un avatar lambda, mais un héros unique parmi huit Ratatan différents. Ils ont un charadesign totalement différent, une voix de chant qui leur est propre, mais surtout, chacun dispose de ses propres statistiques et bonus. Il existe 8 sortes de Ratatan, chacun ayant une apparence et une voix qui lui sont propres. Mais surtout, ils ont tous une vitesse de mouvement différente, un pouvoir spécifique et les Cobuns qui les accompagnent ne sont pas tous spécialisés dans les mêmes types d’armes. En jeu, on avance vers le prochain objectif en contrôlant son Ratatan, qui n’a finalement aucune réelle capacité, si ce n’est de sauter, et on se retrouve face à une troupe adverse ! Le mode « combat » se lance alors, avec trois temps et une jauge qui défile. Il faut actionner le bon bouton lorsque la jauge passe sur un marqueur pour donner les bonnes consignes. Trois fois X équivaut à demander à être suivi. Idéal pour faire avancer notre troupe ou leur dire de nous rejoindre pour éviter une attaque de zone (à condition que nous soyons nous aussi hors de la zone d’attaque). X sur le temps un et trois (on laisse donc passer le second) permet de faire sauter notre armée. Trois fois B correspond à l’attaque basique, B sur les temps 1 et 3 lance un blocage, tandis que triple Y initie une attaque spéciale qui consomme du mana.
À nous de jongler entre les différentes options pour que notre armée de Cobuns évite les dégâts au sol, les attaques chargées, esquive, se déplace, attaque au corps à corps ou à distance. Chaque affrontement est différent, car les adversaires ont des boucliers, lancent des attaques magiques à distance, chargent avec des lances, préparent des assauts qui se déclenchent après un certain nombre de boucles, etc. Tout cela pousse l’aspect stratégie à son paroxysme et nous oblige à analyser en permanence la situation, à faire attention aux PV du Ratatan, à ceux de nos Cobuns (en nombre limité au début et avec peu de PV, mais qui reviennent après un certain temps), ainsi qu’au mana utilisé pour exécuter nos attaques spéciales, plus puissantes, mais dont l’utilisation n’est pas infinie. On jongle entre le jeu de rythme, l’analyse de la situation autour du Ratatan, qui est lui aussi pris pour cible, et notre propre survie. À cela s’ajoute une dimension rogue : à la fin de chaque mini-zone du niveau, on choisit le prochain bonus, qui peut améliorer l’attaque principale, l’attaque spéciale ou octroyer des bonus plus globaux, passifs, avec différentes raretés. On peut aussi dépenser des composants dans le hub pour améliorer notre Ratatan et son armée. Ces améliorations peuvent ajouter des dégâts élémentaires, augmenter les chances de geler un adversaire, les dégâts ou la durée des effets, et même donner accès à des armes en tout genre. Se louper revient à recommencer depuis le début et à perdre toutes les cartes (les bonus de fin de zone). Seuls l’argent et les armes restent, ainsi que les consommables à dépenser dans le hub.






Forcément, on ne peut s’empêcher de faire la comparaison avec Ratatan, que ce soit le charadesign avec ces petites créatures de type cyclope, le chant des Ratatan qui reprend la même symbiose et rythmique que les Patapon, ou encore l’ambiance des musiques, et j’en passe. Le Fever Skill est l’une des mécaniques phares qui nous octroie différents bonus. Comment déclencher ce Fever Skill ? Il suffit de faire des notes parfaites, d’enchaîner les bons tempos, etc. Mais l’approche rogue, bien plus en temps réel, confère à Ratatan une patte maison différente. On peut se déplacer librement avec notre héros, le général, et notre armée réagit sans distinction à tous nos ordres, que les adversaires aient déjà réagi ou non. Pour les joueurs moins à l’aise avec l’expérience rogue, Ratatan propose quelques options pour alléger le voyage, comme le mode confort qui réduit les dégâts subis et améliore les récompenses (en qualité et en quantité), ou encore un mode qui associe une action à un bouton. Toutefois, on perd alors un peu le cœur de l’expérience, la rythmique et le choix des commandes avec la bonne séquence, etc. La direction artistique est une véritable merveille, avec un rendu et un style qui carbure et nous séduit à 200%. Bref, j’adore et j’ai pris une énorme plaisir à me plonger dans ce titre.
Sur le papier, la base de Ratatan est extraordinaire. On y retrouve l’âme de Patapon, avec une approche rogue originale et plaisante, plus dynamique. Certes, le gameplay peut sembler un peu plus redondant, car il faut refaire les mêmes niveaux et boss en boucle pour progresser, mais c’est lié au genre. Il faudra voir ce que donneront les prochaines mises à jour, mais le socle initial est clairement une réussite.