29 avril 2026

Ys Memoire Revelations in Celceta : un portage léger d’un épisode charnière

Ys et moi, c’est une grande histoire d’amour : entre ses nouveaux épisodes canoniques (IX ou X), les versions complètes (X Proud Nordics) « current gen » d’opus récents (VIII) et les remasters / portages de plus anciens (Felghana), on mange plutôt bien ces derniers temps, même si on aimerait voir plus de nouvelles itérations… Aujourd’hui, c’est un épisode qui a déjà eu une longue vie qui revient sur Switch : Ys Memoire Revelations in Celceta. Le résultat est simple et assez mesuré : une version ancienne, « juste » remise en circulation sur un nouveau support, sans réelle transformation, dans une logique de portage basique plus qu’autre chose.

Si on regarde dans le rétro, le nom d’Ys Memoire Revelations in Celceta n’est pas inconnu. À la base, il s’agit d’un titre sorti sur PS Vita, en tant que réinterprétation modernisée d’Ys IV. Cet épisode se situe assez tôt dans la vie d’Adol Christin, dans une phase encore marquée par la découverte et la construction du personnage. Il précède d’ailleurs l’arc maritime d’Ys X Nordics, ou les épisodes plus récents. Ce positionnement explique en partie son ton simple et sa narration classique.

À sa sortie sur Vita, Ys Memoire Revelations in Celceta a été perçu comme une modernisation assez marquée d’Ys IV. Nihon Falcom en a fait une relecture plutôt complète, avec une approche plus cohérente et adaptée aux standards de l’époque. Vint ensuite une version portée sur PC, puis « remasterisée » sur PlayStation 4 : amélioration technique, définition plus élevée et image lissée, une fluidité plus haute, avec une interface retravaillée. La mouture Switch s’inscrit dans cette continuité en reprenant cette dernière version, sans réel changement ni amélioration. Ys Memoire Revelations in Celceta reste un jeu qui a plus de 10 ans, n’ayant bénéficié que d’un ravalement de façade. Il conserve une construction ancienne, des textures et modèles qui ont un peu vieilli, tout comme les animations. Et forcément, après Ys X, on sent ce décalage entre les épisodes récents et ces portages et revisites d’anciens opus. Retourner en Celceta aujourd’hui, en 2026, donne une impression de retour dans le passé, et pas uniquement sur la technique, mais aussi sur la formule, plus directe et dirigiste.

Côté gameplay, Celceta repose sur un système ARPG en temps réel efficace, avec des combats rapides, basés sur des enchaînements simples. Le changement de personnages en combat permet d’adapter les attaques et d’apporter de la variété dans les affrontements. L’ensemble est fluide, le gameplay est accessible, peu complexe et fun. L’exploration s’articule autour d’une grande zone forestière découpée en plusieurs secteurs, avec une progression linéaire et un rythme constant. Et c’est cet ensemble qui constitue sûrement le point fort de Celceta ; c’est dynamique et bien cadencé. Même aujourd’hui, l’ensemble reste agréable à parcourir, privilégiant une approche directe, sans détour.

Par contre, s’il disposait déjà de limites il y a plus de 10 ans, on les ressent encore plus aujourd’hui, avec un level design assez répétitif et des environnements manquant de richesse et de variété. La progression est assez classique dans sa structure, avec peu de véritables surprises en chemin. Comme souvent, Adol perd la mémoire et doit la reconstituer en parcourant la forêt de Celceta. L’ensemble est fonctionnel mais peu marquant sur la durée, avec des personnages secondaires qui ne comptent pas parmi les plus mémorables de la licence, et des enjeux narratifs assez limités.

Si Ys IV a eu droit à différentes versions, dont Celceta sur Vita qui a été un vrai travail de refonte, les différentes sorties suivantes n’ont finalement que peu fait évoluer le titre, et uniquement d’un point de vue technique. N’attendez pas d’amélioration de gameplay, une structure changée ou une progression revue. La mouture Switch n’est ni plus ni moins que la version PS4 portée. C’est fluide, stable, lisible, mais avec un rendu qui commence à dater sur certains aspects, sans pour autant faire tâche aujourd’hui. Il s’agit d’un titre modeste, à prix contenu lui aussi. Mais en l’état, Ys Memoire Revelations in Celceta s’adresse avant tout à ceux n’ayant jamais connu ce jeu, désireux de découvrir une nouvelle (enfin, nouvelle… on se comprend) aventure d’Adol Christin dans les meilleures conditions possibles, le tout à un prix correct. Pour ceux ayant déjà fait Celceta, l’intérêt est assez limité. Le jeu n’évolue pas, il se contente d’arriver sur une console qui n’offrait pas la possibilité d’y jouer auparavant.

Il n’en demeure pas moins que Ys Memoire Revelations in Celceta reste un opus agréable à parcourir malgré des défauts liés à son âge aujourd’hui. C’est un ARPG efficace, de transition dans la licence, linéaire mais plaisant, si on sait faire abstraction des quelques faiblesses qu’il affiche. Pour ceux ayant découvert Ys avec les derniers titres, cela reste une expérience sympathique à parcourir.

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