Après une période d’accès anticipé de quasiment deux ans, Lost Castle 2 est enfin arrivé en version 1.0 avec une ambition claire : reprendre les fondations du premier opus et les enrichir. Plus vaste, plus dense et plus généreux, Lost Castle 2 conserve son identité de roguelike beat’em up réussi tout en cherchant à lui offrir encore davantage de profondeur. Le résultat donne un jeu particulièrement efficace la majorité du temps, même si certains défauts observés depuis un moment n’ont pas pu être définitivement gommés durant le développement. Lost Castle 2 reste, quoi qu’il arrive, un titre fun et prenant que nous avons aimé parcourir ici à la maison.
Lost Castle 2 prend place dans un univers fantasy où aventuriers et monstres se disputent les ruines du royaume. La narration existe, mais elle reste perçue comme un fil conducteur léger, restant en retrait face au gameplay qui constitue la véritable force du titre sur fond de royaume corrompu, et ruines pleines de trésors à découvrir. Entre l’exploration, la découverte de nouveaux équipements et la baston, l’offre possède suffisamment d’arguments pour nous scotcher manette en main. Avec notamment une direction artistique charmante et colorée faisant penser à un dessin animé, la magie opère. Ce premier point, dès la création du personnage ou même durant le tutoriel, fonctionne et séduit.
Les commandes se veulent simples, accessibles et réactives : attaques, esquives et compétences spéciales s’enchaînent avec aisance alors que les objets ramassés au sol et jetés sur les ennemis pleuvent. Si les premières minutes donnent l’impression d’un jeu facile à prendre en main, on remarque tout de même davantage de profondeur au fil des minutes qui défilent, au fur et à mesure que les différents systèmes se débloquent. Les armes occupent d’ailleurs une place importante dans l’équation entre les épées, marteaux, dagues, arcs et autres objets plus exotiques et originaux qui modifient tous la manière d’aborder une baston. Chaque famille d’armes possède ses propres animations, son rythme et ses compétences, ce qui influence forcément le déroulement d’une partie.
Cette variété est d’ailleurs, à mes yeux, l’une des réussites de Lost Castle 2. Chaque run représente finalement le moyen d’expérimenter de nouvelles combinaisons entre les équipements et les trésors récoltés offrant divers bonus aussi bien passifs qu’actifs, car rappelons-le : Lost Castle 2 possède une grosse mécanique roguelite. Cette recherche permanente de synergies dans notre build issue de cette branche rogue fonctionne superbement bien et, au gré des runs, on découvre certains combos diaboliquement efficaces. Même après plusieurs heures passées à enchaîner les parties, j’ai toujours un certain sentiment de découverte, l’impression de continuer à trouver de nouvelles choses, et c’est appréciable.
Il y a ce feeling habituel du genre de progression permanente, d’évolution constante, et cela se matérialise au travers du camp principal dans lequel on améliore différents aspects de notre personnage et où l’on débloque de nombreuses options afin de gagner en puissance, souvent de manière passive. Il n’est pas seulement question d’avoir plus de force ou davantage de dégâts, mais bien d’élargir nos outils pour la survie et la progression. De cette manière, un véritable sentiment de liberté vis-à-vis de l’orientation et de l’optimisation de notre héros se dégage de Lost Castle 2.
La structure du jeu arbore le même genre de générosité, avec des environnements variés, un bestiaire suffisamment riche et des boss originaux, travaillés et proposant un défi bien présent. À plusieurs reprises, on rencontre de nouveaux adversaires amenant avec eux des mécaniques intéressantes qui nous poussent à changer notre approche, réapprendre certains patterns, comprendre comment les contourner et prendre l’avantage. Chose appréciable, même si mourir fait partie intégrante du style rogue, la difficulté monte progressivement avec une courbe vraiment bien équilibrée, même s’il existe un ou deux pics plus marqués, surtout ressentis en solo, car oui, Lost Castle 2 est jouable en coopération.














Si le jeu est déjà relativement solide seul, c’est clairement en équipe qu’il dévoile toute son ampleur et que le fun se décuple. La formule gagne en densité, en dynamisme, sans compter les situations qui partent complètement hors de contrôle et créent des fous rires spontanés. On commence à voir apparaître des complémentarités entre nos builds et une vraie cohésion entre joueurs, créant parfois un chaos certes désordonné mais particulièrement délirant. Les sessions restent constamment agréables, l’ennui ne s’installe jamais et le plaisir de jeu est au rendez-vous. Alors certes, par moments, la lisibilité en prend un coup lorsque l’on joue en équipe complète, qu’une grosse vague débarque et que chacun envoie ses talents à tour de bras, mais cela ne remet pas en cause la réussite de l’offre ni l’attachement que l’on développe envers elle.
Sur le plan technique, Lost Castle 2 tourne comme une horloge même sur des machines modestes grâce à une direction artistique relativement simple mais maîtrisée ainsi qu’à un niveau de finition élevé. Le style est efficace, le rendu est propre et les animations restent fluides, même sur des configurations plus modestes ou en multijoueur, permettant de toucher un public très large. La bande-son accompagne également correctement l’action tout en sachant rester discrète lorsque cela est nécessaire.
Lost Castle 2 est une suite logique qui reprend la base solide du premier épisode tout en poussant légèrement chaque paramètre. Plutôt que de bouleverser l’existant, le jeu choisit de développer ses mécaniques, d’ajuster l’ensemble et d’optimiser ce qui pouvait l’être : plus de contenu, plus d’armes et davantage de profondeur. Cette approche fonctionne particulièrement bien et même si la lisibilité perd parfois en clarté, le fun est au rendez-vous. Les heures passées en jeu sont synonymes d’éclats de rire et de plaisir immédiat, tandis que le gameplay reste suffisamment solide pour proposer une véritable courbe de progression. L’offre paraît simple sur le papier, mais il ne faut pas longtemps pour comprendre que sous ses airs tranquilles et sa direction artistique décontractée se cache un jeu bien plus profond et addictif qu’il n’y paraît, et c’est en coopération qu’il dévoile encore davantage de potentiel, bien qu’il reste déjà particulièrement solide en solo.