Test Neptunia X Senran Kagura Ninja Wars : une surprise sur Playstation 4

Neptunia X Senran Kagura Ninja Wars est un cross-over deux licences très connues et ayant un public fort : d’un côté, Senran Kagura spécialiste du jeu d’action faisant incarner des héroïnes aux formes généreuses dont les habits ont tendance à partir en lambeau sous les coups. De l’autre, on retrouve Neptunia, plus sérieux au niveau de la représentation de ces personnages, teinté d’un humour décalé et pour une formule JRPG. Curieux de découvrir comment ces deux univers ont été mêlés, je me suis dit « pourquoi pas ». Senran ayant la tendance à coller l’ecchi au premier plan, j’espère trouver une formule réussissant à passer au delà de cette caractéristique. Même si on en retrouve ci et là, il se cache derrière un jeu d’action au gameplay dynamique et addictif avec une composante JRPG attrayante. Tout n’est pas parfait, mais Neptunia X Senran Kagura Ninja Wars est assurément une belle surprise de ce mois d’octobre. Voici mon avis sur la version PlayStation 4 !

L’histoire prend place dans le monde fictif de Gamninjustri, régit par les règles ninjas. Par le passé, les nations Heartland et Virtue Nation s’étaient unies pour faire face à un esprit démon primordial et l’enfermer grâce à la magie du shared crystal. Le temps passait et laissait place à un autre conflit : la guerre ninja. Heartland (Neptunia) représente le Compa Ninja Style, et Marveland (Senran Kagura) le Honeypa Ninja Style. Ces deux pays s’affrontent afin de savoir quelle école ninja domine.

Opa Ninja style

Mais un évènement se produit : un vaisseau géant apparait et avec à bord un groupuscule nommé la Steeme Légion. Inconnu de Gamninjustri jusqu’à aujourd’hui, sa leader Tetsuko annonce vouloir prendre le pouvoir. Face à sa puissance, Heartland et Marveland n’ont d’autre choix que de cesser leur guerre afin de s’unir pour sauver Gamninjustri. Que veut cette nouvelle légion ? Quel est le lien avec la légende de l’esprit démon ?

Au travers de ces 8 chapitres, on suit avec plaisir les histoires des héroïnes des licences Neptunia et Senran Kagura. On retrouve les figurines emblématiques des deux séries avec leur caractère, leur humour. Pas de gros cliffhanger ou de palpitant dans le fond, mais la forme est plutôt intéressante. Typique de pas mal de prod nipponne du genre, on a toujours des personnages sexy à outrance, qui en dévoilent plus qu’il n’en faut, des sous-entendus et allusions qui vont avec, mais c’est léger. L’ecchi est toujours présent et le studio assume à 100%. On nous raconte le tout via de multiples saynètes, parfois un peu longues, mais pleines d’informations sur le lore. Le mélange des licences fonctionne plutôt bien, et créer un univers cohérent et dans la lignée de ce qu’on a connu avec aussi bien Neptunia que Senran.

Le titre alterne entre avancées scénaristiques, missions et gestion de l’équipe dans le hub central. Sur le terrain, on à faire à une carte, pas aussi vaste que dans un musô, mais permettant souvent plusieurs cheminements pour arriver à un objectif. La progression d’une mission suit toujours la même règle (dans 90 % des cas) : rejoindre un objectif en se défaisant des ennemis rencontré. Une fois sur place des vagues de monstres, ou un élite, arrivent. On les poutre. On continue et on recommence jusqu’au boss de fin de mission. Il arrive qu’il faille activer des mécanismes pour débloquer l’avancée, mais cela change peu la donne. 

Gameplay no jutsu

La prise en main est rapide et simple : une touche pour enchainer les attaques au corps à corps, une pour les armes de jet kunai / shuriken, le saut, l’esquive et le blocage. Cela parait basique, mais c’est bien là la base du gameplay qui se peaufine ensuite. S’ajoute à cela via un maintien de la touche L1 la possibilité de lancer 4 capacités spéciales demandant plus ou moins de stamina. Cette ressource s’accumule d’elle-même avec le temps, mais bien plus quand on enchaine les attaques. On crame alors cette ressource (d’une à quatre barres) pour envoyer des attaques lourdes et souvent dévastatrices.

Les animations et effets à l’écran sont plutôt cool, mais ce n’est rien comparé au Shinobi Extreme à déclencher via triangle + rond. Plus on frappe l’ennemi, plus on enchaine les capacités avec L1, et plus notre barre d’extrême monte jusqu’à donner accès à un enchainement destructeur et encore une fois bénéficiant d’une belle mise en scène. Perso, je suis fan des animations qu’on a à l’écran.

Pour finaliser le gameplay, on pense aux items (haut de la croix) comme le soin, la regen, du boost d’attaque, mais aussi les transformations. Via R1, on a accès à quatre formes magiques, nommées Fuurizakan, donnant toutes un bonus temporaire : boost d’attaque au détriment de La Défense ou boost de regen PV conséquent. Attention par contre, son utilisation est limitée à 5x par mission par personnage.

Sur le papier, le tout semble classique, mais manette en main on découvre très vite de nombreuses subtilités. Déjà, frapper de dos booste énormément les dégâts. Certaines compétences auront un effet de break bien plus efficace (l’ennemi est assommé quelques secondes et subit bien plus de damage). La forme de feu du Fuurizakan (qui booste les damages) active au moment de lancer le Shinobi Extreme et cela de dos ? Je ne vous raconte pas les dégâts de malade !

On découvre de nombreuses petites combinaisons du genre pour maxer nos dégâts ou la survie. C’est assez addictif, on est pris dans l’action, et on enchaine les attaques comme jamais. Je jubilais même quand je plombais un élite sans qu’il n’est eu le temps de broncher en ayant bien tout timé (et avec une bonne dose de chance aussi peut être).

Un contenu étoffé, avec du RPG

Le roster de personnages jouables s’allonge au fil de l’avancée, pour nous laisser composer notre binôme comme bon nous semble avec les quatre Goddess de Heartland (Purple Heart/Neptune, Black Heart/ Noir, White Heart/ Blanc et Green Heart/ Vert), les 4 Honeypa Goddess (Asura, Homuri, Yumi et Myabi), ainsi que la ninja de Virtue Nation Yuuki, ainsi que la mystérieuse Goh The Crow. Chacune d’entre elles dispose de son propre style de combat et arme. En combat, on switch d’un personnage à l’autre très rapidement avec la croix directionnelle (bas). Cela accentue encore la force du gameplay, en variant les bastons d’un personnage à l’autre.  Katana, boken, saï et bien d’autres sont au menu du jour!

Le hub central offre de nombreuses options à commencer par une composante RPG, liée au leveling d’une part et au loot/stuff de l’autre. En montant en level, on débloque des emplacements dans un sphèrier où en plaçant les bons items on gagne des bonus de regen, de stamina, d’exp/dégâts face à un type d’ennemi ou pour un type d’attaque et j’en passe. On peut d’ailleurs synthétiser plusieurs gemmes pour en acquérir de meilleures. En aligner plusieurs d’une même famille augmente encore ces bonus. On gagne en stats en équipant des kunais et shurikens ainsi que des talismans à looter/acheter au marchand lui aussi accessible depuis le hub. C’est assez complet, sans être complexe, et cela fonctionne.

L’option Ninchat permet, en parlant aux autres personnages majeurs comme secondaire d’obtenir du loot, ou de débloquer de nouvelles quêtes optionnelles. Celle-ci nous renvoie dans des lieux déjà visités pour y exterminer x ennemis, ramasser des items ou battre à nouveau un boss. On ne pas se mentir, ce n’est clairement pas palpitant dans l’énoncé du pourquoi on retourne pour la 17e fois dans la même zone, mais le gameplay lui par contre .. :p

La dernière feature, en plus de la galerie disponible permettant de revoir les saynettes / écouter l’OST etc, est le Cream & Peach Meditation, où on joue une épreuve d’équilibre sur une pêche géante avec le gyroscope de la manette. Encore une fois, il est question de débloquer des bonus ingame. Senran oblige, on retrouve ce petit côté ecchi qu’on avait pas vu depuis un moment tiens hahaha.

Pour voir le générique de fin, incluant donc la trame scénario (8 chapitres, 12 environnements) et environ la moitié des missions annexes, j’ai mis entre 13 et 14 heures de jeux, et ai passé les 20 heures pour faire la totale. 

La réalisation du jeu est plutôt bonne. Le cellshading, comme souvent, arrondi les angles sur la technique brute et le rendu globale. Aucun souci de framerate n’a été constaté lors de nos sessions de jeux, et les chargements (même sur un disque non-SSD) sont assez courts (mais des fois fréquents). On note un doublage intégral de tous les dialogues du jeu, en japonais, et pourtant il y en a eu des lignes de dialogues ! Dommage par contre de ne pas avoir de sous-titre FR. La bande son elle match bien à l’ambiance à l’écran.

Des défauts noircissent le tableau

Tout semble au vert, mais quelques points gâchent quand même un peu la fête. Il arrive parfois que l’angle de vue soit clairement nul, ne permettant pas de nous localiser avec précision ni l’ennemi donnant lieu à quelques situations tendues. D’autant plus quand l’adversaire nous bloque dans un coin ! Les hitboxes sont un peu limites voir foireuses à certains moments, je pense notamment au combat contre au boss final, mais surtout à Affimojas. Cumulé au fait que l’ennemi nous démonte pendant les animations de nos attaques, j’avoue avoir quelque peu ragé contre lui. Tu balances une capacité où notre la Ninja incante un sort, ou fait ses mouvements propres à l’attaque et pan le boss te vire 50% de PV en une frappe …

D’autant plus que le jeu prend un sacré pic de « difficulté » à ce moment-là. La progression est fluide sur les trois premiers chapitres, mais dès le quatrième on rencontre une montée d’un coup sans comprendre pourquoi. De ce fait, autant tout de suite assimilés que les missions annexes ne le sont au final pas, tant elles sont nécessaires pour prendre des LVL. Il arrive que le niveau de personnage conseillé entre deux missions principales successives connaisse un vrai gap de +6/8 ou plus. Hormis Affimojas et le boss de fin sinon, le reste est assez bien tuné et ne pose pas de réel problème. Le bestiaire aurait gagné par contre à être plus diversifié aussi. Si on enlève les reskins (une autre couleur pour une affinité élémentaire ou un autre grade), on doit avoisiner les 10 ou 12 ennemis différents ce qui fait peu.

Une surprise inattendue

Je me suis lancé un peu à l’aveugle dans Neptunia X Senran Kagura Ninja Wars et au final, le titre est une bonne surprise. Oui, tout n’est pas parfait, mais derrière la facette « ninjas peu vêtus » toujours un peu présente se cache un gameplay dynamique et solide. Les animations et autres cutscènes ajoutent encore une couche de peps à la baston. La couche RPG est plus complète qu’elle n’y parait. La durée de vie est satisfaisante et toute la partie narration (bien qu’en EN uniquement) fait le boulot avec cette petite touche d’humour décalée ou osée bien placée encore une fois. Neptunia X Senran Kagura Ninja Wars est assurément une bonne pioche pour peu que vous adhériez au jeux d’action au gameplay attrayant et que le côté ecchi ne vous dérange pas (c’est léger quoi qu’il en soit). Nepnep et Yumi-chan vont nous manquer 😀