La Switch 2 enrichit doucement mais sûrement son catalogue, et aujourd’hui c’est Citadelum qui débarque sur la dernière console Nintendo, après un passage sur PC et consoles de salon. Avec Civilization VII, la Switch 2 possède donc un nouveau builder historique avec sa couche de gestion, de stratégie et de campagnes militaires. Avec une version complète, adaptée à la manette, Citadelum offre un titre prenant et fun à jouer.
La construction, et bien entendu l’organisation et l’agencement de notre cité, constituent l’un des piliers centraux du gameplay de Citadelum. Chacune de nos colonies débute avec des ressources assez limitées et un certain nombre de besoins à combler : il faut que chaque citoyen ait de quoi manger, un accès à l’eau, un toit sur la tête, et ainsi de suite, avec la nécessité de monter des infrastructures pour répondre à chacun de ces besoins, les maintenir en fonctionnement, créer des chaînes de production, etc. On retrouve cette logique habituelle où chaque besoin a sa solution, et chaque solution correspond à un bâtiment ou un ensemble. On débute avec une scierie pour le bois, une carrière pour la pierre, des fermes pour la nourriture, des maisons, et ainsi de suite. Viennent ensuite des bâtisses plus axées sur la transformation, comme divers ateliers. Il devient rapidement nécessaire de jauger le bon équilibre entre ce qui entre en stock et ce qui en sort, pour gérer les priorités (de quoi a besoin notre ville en premier ?) et faire en sorte d’avoir une certaine fluidité, afin de ne pas créer de goulots d’étranglement par manque d’une matière première ou d’un produit transformé.
L’économie occupe également une place centrale, impactant forcément le bien-être de nos communautés et cités. Si l’on est dans le rouge, que nos chaînes ne sont pas capables de produire ce dont nos citoyens ont besoin, ou que l’on n’a pas les ressources nécessaires, cela s’en ressent immédiatement. Il faut maintenir un certain équilibre entre production et consommation, et chaque décision peut influencer la croissance démographique ou économique de notre cité, ainsi que nos capacités à réagir aux événements en cours. Citadelum propose plusieurs campagnes, allant de scénarios illustrant la création des toutes premières colonies, les premières briques de notre nouvel empire, jusqu’à l’expansion de celui-ci à son paroxysme. Chaque scénario comporte de multiples objectifs différents et précis, accompagnés d’événements dynamiques ponctuant notre progression. L’ensemble délivre des défis variés, dans des missions au cours desquelles les joueurs découvrent différents aspects de l’Empire romain, tout en introduisant de nouvelles mécaniques et fonctionnalités au fil de l’eau.
L’aspect militaire compose le dernier pilier majeur du jeu, avec les fameux légionnaires romains, les archers, les unités de soutien, etc. La gestion de notre armée passe par le recrutement, l’entraînement puis le déploiement, avec une certaine coordination tactique sur le terrain pour mener nos troupes à la victoire. Cette composante militaire s’intègre parfaitement aux objectifs de campagne et crée une recette bien rythmée, plaisante manette en main. Tout ce qui touche aux finances, et donc au commerce, ne se limite pas à notre propre cité, mais s’étend à l’ensemble de la civilisation, avec des routes commerciales à concevoir afin de sécuriser nos approvisionnements, générer des revenus et faire tourner tout un ensemble. Une couche de diplomatie complète la formule avec la mise en place d’échanges, d’alliances et de négociations, afin d’accéder à de nouveaux territoires et donc de créer de nouvelles routes. Cet ensemble de mécaniques permet de voir une véritable croissance, si tout roule, pour notre cité. Quand on cumule l’ensemble des fonctionnalités offertes par Citadelum, on se retrouve face à une expérience riche et généreuse, complète sans tomber dans le faussement complexe où finalement tout s’imbrique. Une défaillance dans la chaine peut vite entrainer la décadence de notre empire.
On se retrouve à concevoir la ville, premier degré, à agencer ses ruelles et ses quartiers, mais aussi à gérer sa politique, son aspect financier et militaire, à la faire grandir dans tous les sens du terme, avec des mécaniques bien ficelées. Et sans même s’en rendre compte, on a passé toute l’après-midi… les heures s’enchaînent, les sessions ne se ressemblent pas et surtout, on savoure. Le genre du builder / gestion, longtemps cantonné au monde PC, connaît des portages de qualité sur consoles depuis quelque temps, comme en témoigne par exemple Civilization VII, dont la mouture Switch 2 se montre des plus convaincantes. Si l’on n’atteint pas encore le même degré de finesse, d’ergonomie et de confort — le fameux mode souris pas encore intégré, une fonctionnalité à venir — Citadelum reste une expérience très agréable sur console, aussi bien au pad sur TV qu’en nomade aux Joy-Con. L’expérience est fluide, lisible, et s’adapte parfaitement à l’univers de la manette via des menus bien pensés, agencés et imbriqués. On accède aux données importantes d’un coup d’œil, on navigue aisément dans les différents menus, bref, rien à redire, que ce soit sur cet aspect ou sur la technique, propre et soignée sur Switch 2.
Citadelum propose une expérience cohérente, complète et fun à jouer, avec une offre riche de par ses mécaniques, variée grâce à un contenu conséquent, et une progression claire. On fait face à un titre qui se donne les moyens de ses ambitions. On lance une partie « juste pour voir » pour finalement y passer des heures à chaque session tant c’est immersif et prenant. Pour les adeptes de simbuilder axé gestion et construction, avec toute une partie économie, militaire et expansion, Citadelum mérite clairement le coup d’œil.