Milestone, spécialiste de la simulation deux roues, propose aujourd’hui MXGP 2021, titre officiel du Championnat du monde de moto-cross. Le studio italien nous a habitué de la simulation pointue depuis quelques années, avec notamment Ride 4 dont on avait parlé début d’année. Exigeant, mais avec une courbe de progression de bonne facture, j’avais apprécié la mouture newgen du jeu de course. On est en droit de penser que MXGP suive la même ligne directrice. Étant néophyte sur la licence, j’ai eu envie d’aller découvrir cela de par moi-même. C’est sur la version PC que j’ai fait mes classes, dans la sueur et la boue, mais pour une expérience riche et fun. Je suis loin d’avoir parcouru l’intégralité du contenu disponible à fond, mais je tenais à vous partager un premier ressenti .
À la manière de Ride, on se lance dans le mode carrière en choisissant une écurie/sponsor tout en customisant notre pilote (nom/surnom/numéro). Suite à cela, on est immédiatement lâché dans l’arène. La première chose qui saute aux yeux est le graphisme. J’avoue que ce que je vois me plait fortement. Dès les premiers instants, on note des petits détails qui font toute la différence et qui montrent le souci du détail de Milestone comme la tenue du pilote réagissant à ses mouvements ou encore les sillons au sol se créant, creusant, modifiant aux passages des motos. 3080 oblige, c’est ultra fluide et propre.
Les différentes vues (intérieur casque, mais surtout celle du guidon) amènent un dynamisme au pilotage esans compter le champ de vision modifié selon la météo. On voit les goutes sur la visière et au sol. Pas grand-chose à reprocher en l’état à MXGP 2021, si ce n’est que j’aurais apprécié voir la moto et le pilote devenir dégueulasse suite aux projections de boues et autres poussière, terre au fil de la course histoire de pousser un peu le réalisme. Sinon, il faut avouer que le reste est costaud avec des textures à minima bonnes voir plus, une jolie reproduction des véhicules, des animations solides des pilotes et de la mécanique. La partie sonore assure également avec une fidélité qui m’a semblé travaillée. Au niveau technique, c’est un +1.
Des gamelles tu prendras, mais te relever tu feras
Au niveau du gameplay, les débuts sont difficiles. Milestone vise la simulation, l’authentique tout en ayant l’intelligence de proposer quelques options d’accessibilité pour ne pas laisser les newbies de mon genre sur le côté. L’IA un peu moins fougasse, une gestion accompagnée de certains paramètres, on trouve tous notre compte en gardant une base réaliste. Même en mode « facile », ne pensez pas atteindre le top 1 les doigts dans le nez pour autant. On reste dans une expérience qui se veut portée sur la simu quoi qu’il arrive.
MXGP 2021 nous laisse appréhender différentes subtilités à commencer par les sillons évoqués plus haut. À nous de bien choisir où rouler, afin d’anticiper les virages plus loin et ne pas nous retrouver coincés dans une tranchée qui part trop en extérieur. Il est nécessaire d’anticiper les virages, les freinages et l’accélération en sortie tout en prenant en compte la gestion du frein avant/arrière séparément (en mode simplifié, on s’occupe du freinage en globalité). Il faut également gérer la direction du poids du pilote sur la moto lors des sauts ou des montées. Pas simple à appréhender d’un coup, mais plus on joue et plus on comprend les petites subtilités.
À de nombreuses reprises, j’ai pris une montée un peu trop vite. Celle-ci étant suivie d’un virage sec (pire, juste après un saut !), c’est la chute assurée ou la belle sortie de route. Les premiers tours sont difficiles et chaotiques, me ramassant des gamelles spectaculaires par moment. Mais en persistant, je vois le nombre de dégringolades diminué, les chronos s’améliorer tout comme mon classement en fin d’épreuve. On constate d’ailleurs la possibilité d’activer un rewind, à la manière d’un Forza Horizon, pour revenir en arrière en cas de coup dur !
De la simulation accessible ?
Comme je me plais souvent à le dire, exigent ne signifie pas difficile. Je ne qualifierais pas MXGP de dur, simplement que pour un joueur non habitué aux simus de sport mécanique, il faut de la pratique. Je suis plutôt arcade en général, mais j’aime de temps en temps m’orienter vers quelque chose de plus authentique et réaliste, je suis donc conscient que je vais galérer au début le temps d’apprivoiser la bête, mais cela en vaut clairement le coup. Et la courbe de progression est là, ce qui amène un certain plaisir. Je trouve gratifiant, personnellement, de voir mes performances s’améliorer en jeu en persévérant. C’est surement mon côté compétitif qui me fait dire cela. C’est solide, fun et assez addictif même pour un nouvel arrivant dans la licence.
MXGP 2021 propose une multitude de modes, entre la carrière, les parties rapides (contre la montre, courses, championnat), le waypoint (une balade libre), le multi en ligne ou l’éditeur de tracé. Pas moins de 16 environnements sont d’ailleurs disponibles, ainsi que de nombreux sponsors, écuries et constructeurs. Je n’ai pas poussé l’éditeur de circuit aujourd’hui, cherchant avant tout à maitriser ma moto avant tout, mais les options disponibles semblent répondre présentes.
Si côté courses/circuits, tout le semble au poil, côté interface, le tout m’a semblé quelque peu trop brut, ou austère. Certes le minimalisme n’est pas un mal, mais je trouve qu’on aurait pu avoir quelque chose de plus user friendly tout de même.
Un bilan solide
Pour une première approche, MXGP 2021 fait un bel effet. Visuellement j’approuve le travail effectué par Milestone avec un souci du détail poussé. La conduite est un pur kiff surtout dans la vue guidon qui pousse l’immersion. On prend des gamelles lors des premières épreuves, mais plus on pratique, et plus notre conduite est « propre ». La prise en main demande réflexion et appréciation de tout instant, mais on sent l’amélioration dans la gestion des sillons, des freinages et accélération tout comme la gestion du poids du pilote et son orientation. On désactive les aides au fil des épreuves, on augmente le level de l’IA. Les sensations sont clairement au rendez-vous. Je suis curieux de voir la gestion de la Dualsense dont j’ai entendu le plus grand bien concernant l’opus 2020. Bien sûr, le côté simulation peut faire peur, l’exigence associée également, mais pour peu qu’on se donne les moyens (et qu’on ai envie), ça roule derrière ! Je ne regrette pas de m’être lancé dans MXGP 2021 qui sait allier volonté de simulation tout en accompagnant les débutants sans les rebuter. Chapeau Milestone.
















