12 mai 2026

Test Disco Elysium The Final Cut : une pépite incontournable [MAJ Switch]

Les C-RPG ont le vent en poupe ces dernières années avec un vrai retour en force, en témoigne la résurrection de Baldur’s Gate ou encore le succès récent du second Pathfinder. Le studio estonien ZA/UM créé la surprise en 2019 avec Disco Elysium dans une formule axée narration enrobée d’une DA efficace et d’une composante JdR fraiche. Presque parfait le titre se trouvait uniquement localisé en anglais et réservé au monde PC. Mais ce sont deux points sont corrigés dans l’édition Final Cut, disponibles depuis plusieurs mois en dématérialisée sur PlayStation. À quelques jours de l’arrivée de cette version complète chez la concurrence, mais aussi en version physique, je me replonge avec plaisir dans cette œuvre phare du genre afin de partager avec vous mon ressenti sur la version PlayStation 5.

Notre protagoniste se réveille dans la douleur dans un hôtel de Revachol, bourgade dégueulasse du coin et ancienne capitale de la région où le jeu prend place. À poil, et avec une sévère gueule de bois, impossible de se souvenir comment on a atterri ici et surtout pourquoi dans cet état. La surabondance de substances pas très clean semble avoir causé cette amnésie soudaine.  Une fois rhabillé, les premiers échanges avec la voisine de palier font comprendre qu’il y a eu un sacré bordel durant la nuit. Surprise, on découvre qu’on est flic en mission, enquêtant sur le cadavre découvert une semaine auparavant non loin de là. Il va falloir essayer de recoller les morceaux de cette nuit difficile tout en cherchant à résoudre le crime commis. Je ne spoilerais rien de plus sur le scénario en lui-même tant c’est un véritable plaisir à être parcouru. Une valeur sure je vous dis !

Quoi ma gueule, elle t’plait pas ? +5 charisme dans ta face

Dès les premières secondes, et avant même d’entrer dans la peau de notre flic alcolo toxico, on doit choisir l’un des trois profils de personnage ou créer le nôtre. On est loin des classiques forces / agilité / intelligence / endurance. On fait face à une formule bien plus complexe pouvant développer des compétences purement physiques ou intellectuelles, de manipulation, sur la psyché, afin d’incarnant un philosophe faible physiquement, un bagarreur à la tête vide ou autre donnant de véritables atouts tout au long du jeu. La progression laisse le champ plus que libre pour faire évoluer le personnage. Les stats ont un effet direct sur les discussions, avec un jet de dé pour jauger si l’effet escompté se produit ou non. Voir une possibilité de dialogue à très faible probabilité réussir est jouissif. On retrouve des sensations pures du jeu de rôle traditionnel, et j’adore ce feeling.

Mêlant le sérieux et l’absurdité, les échanges sont croustillants et peuvent déboucher sur des résultats improbables, mais qui feront avancer le schmilblick c’est ça le pire. Pesez bien vos mots et actions, ne la jouer pas en mode « je balance toutes les réponses en chaine », car cela aura souvent l’effet inverse que celui espéré. Chacun de nos choix a un impact tôt ou tard. Il n’est pas rare de voir dans une discussion des mentions d’un acte passé et donnant un autre chemin dans la progression. On en arriverait même à convertir un ange en pire raclure. Si si, je vous jure, ZA/UM a poussé le vice à fond et qu’est-ce que c’est bon.

Une petite composante loot se pose là, continuant le délire sans complexe du n’importe quoi, amenant des apports / modifications de stats et compétences derrière. Ils ont pensé à tout.

Il était une fois un déchet

L’écriture est au centre de l’expérience de Disco Elysium. Vous voulez de la baston ? Du tour par tour ou autre chose avec de l’action ? Passez votre chemin, ici c’est discuss, tchatche et causerie à foison. Le studio ZA/UM a pondu un titre complet, riche et addictif. L’apport de la localisation Fr est assurément un gros plus pour un titre si verbeux d’autant plus que le niveau de langage anglais était plus que soutenu. L’arrivée de notre langue permett à un plus gros panel de joueurs de découvrir Disco Elysium et ça, c’est tout bénef. 

L’histoire principale reste la même d’un run à l’autre, la finalité aussi, mais on dispose de tellement de façon de faire évoluer l’expérience, de progresser et d’arriver à la conclusion que la rejouabilité est excellente d’autant que le contenu est lui tout autant massif. Disco Elysium offre de nombreuses quêtes secondaires tout aussi savoureuses que l’histoire centrale.

Tout est à garder, rien n’est à jeter. Plus on avance et plus notre journal se remplit de tout ce qu’on découvre, ce qu’on entreprend et ce qu’il nous reste à faire. Au top pour ne pas qu’on se sente perdu en jeu. On part pour des dizaines et des dizaines d’heures de jeu, avec une production qui nous tient en haleine tout au long du périple. Du contenu additionnel se greffe encore avec cette nouvelle édition. Quand on voit le prix du titre (39,99 en version physique en prix conseillé), on en a pour notre argent.

Une DA au poil et un portage console solide

La direction artistique de The Disco Elysium est tout bonnement excellente. Type dessin / peinture, il se dégage une ambiance particulière qui attire le regard. L’atmosphère 70s / rétro se marie d’ailleurs à la perfection avec le rendu proposé. L’atmosphère délavée tranche avec ce qu’on a l’habitude de voir, et j’adhère totalement d’autant plus que tout est de concert : l’ambiance générale, le moral et l’état de notre flicard, les protagonistes autour. Le doublage et la bande-son discrète font le boulot et continuent ce remarquable travail sur l’immersion.

La version console, sur PlayStation 5, est encore sublimée avec une définition maximisée et un framerate solide à 60fps. Le gameplay très axé point’n’click se joue sans accro à la souris. Forcément, on se demandait comment cela allait être transformé sur console. Au final, on déplace notre perso au joystick gauche, et on pointe les items à interaction avec le droit. Cela amène à de très rares moments une petite confusion, le personnage n’allant pas où on le veut, mais c’est très anecdotique et on arrive à prendre le coup de main avec un peu de pratique.

Je n’ai pas constaté de prise en charge de features additionnelles de la Dualsense, mais en toute honnêteté je ne vois pas ce qui aurait pu être apporté. Le SSD amène des loadings bien plus rapides que sur console oldgen avec leurs disques plateaux oldschool, rendant le tout plus smooth et fluide. Pour un studio si « jeune », voir une telle aisance sur le domaine technique est un réel plaisir.

La présence d’option telle que le mode steamer, ou le fait de choisir si on veut doubler l’intégralité des voix, ou seulement la voix intérieure par exemple, permet de moduler l’expérience au bon vouloir de chaque joueur encore une fois.

Must-have!

The Disco Elysium était déjà une pépite incontestable dès sa sortie. L’arrivée de cette The Final Cut rend le jeu encore plus incontournable. Les apports principaux ? La localisation FR bien sûr, surtout pour un jeu aussi bavard, des plus appréciable et la sortie console. Le studio estonien est allé très loin dans son délire, avec des features léchées, un système JdR costaud couplé à une DA atypique et solide.

Vous aimez les RPG ? La lecture ? Un univers complexe et inspiré avec une narration béton ? Foncez, d’autant qu’une édition physique arrive, vous n’avez plus d’excuse si vous êtiez allergiques au démat’. Un must have enfin disponible sur tout support, en FR, je dis oui surtout avec ce rapport qualité / prix / durée de vie ! Perso, c’est un panard d’en profiter pad en main sur le canap’ depuis ma console !

On a pu mettre la fin sur la version Switch récemment. Alors, vous vous en doutez, je n'ai pas encore fini pour une nième fois le titre, mais j'ai passé suffisamment d'heures dessus pour avoir un avis. Bien entendu, le framerate n'est pas aussi haut que la version PS5/Series/PC, la définition ne monte pas jusqu'en 4K non plus mais pour le reste je suis assez surpris par le rendu globale de cette itération que cela soit en nomade ou en dock! Techniquement c'est propre, la DA se prête sans le moindre mal à tourner sur une console en deçà niveau puissance brute. C'est typiquement le genre de jeu que je trouve excellent pour faire passer le temps lors de long transports en commun, s'occuper durant une pause dej' et j'en passe. Disco Elysium propose une nouvelle version au sommet. Toujours pas fait Disco car pas de PC, ni console de salon? Plus aucune excuse aujourd'hui!

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