Tactics Ogre Reborn : le plaisir au prix de la souffrance

Ceux qui me connaissent sont au courant de l’amour que je voue au JRPG, à ce que je considère comme le premier âge d’or du genre (époque SNES/PSX), mais surtout au tactical RPG dont ma référence de toujours : Final Fantasy Tactics. On va parler aujourd’hui de son ancêtre et sa nouvelle édition : Tactics Ogre Reborn. Initialement sorti sur SNES, puis les consoles de l’ère PSX/Saturn, il a atterri ensuite sur PSP il y a un peu plus de 10 ans. C’est aujourd’hui une version retravaillée qu’il pointe le bout de son nez chez nous. On dresse un bilan de l’un des meilleurs, mais surtout plus corsés et exigeants, des T-RPG.

Les iles Valeria, après des années de guerre incessantes, connaissent enfin une paix fragile grâce au roi Oberyth qui unifie peuples et factions. Mais à sa mort, le royaume retombe dans ses anciens travers et il ne faut pas longtemps pour que les rivalités reprennent. Décidés à venger la mort de leur père tué par le Chevalier Noir Lanselot, des membres du clan Walister prennent les armes et décident de passer à l’action au bon milieu de cette lutte de pouvoir. Leur tentative d’assassinat échoue, mais par une chance hors du commun, cela leur ouvre les portes vers une ascension au statut de héros dans la résistance en forgeant leur destinée par le fer, mais surtout leurs choix comme en témoigne le début de l’aventure où on doit remplir tout un questionnaire afin de façonner notre destinée de base.

Une question de choix

Tactics Ogre nous positionner régulièrement dans des positions où, quel que soit notre décision, cela impacte la ligne de conduite de notre héros et implicitement le scénario. La narration est passionnante, mature et très sombre, car même pour un héros, les actes et décisions ne sont pas toujours blancs comme neige. Il peut arriver que pour le bien commun, le mal soit nécessaire. Le sacrifice des uns peut-il justifier le bien de tout un peuple ? J’image, mais voilà un peu le genre de situation dans laquelle nous met Tactics Ogre. On aborde les notions d’idéal, de clan, mais aussi de destinée. L’histoire devient épique, et tellement immersive. Dès lors qu’on se plonge dans ce mastodonte, il est difficile d’en sortir et les sessions chronophages deviennent légions, car Tactics Ogre a énormément à offrir. 

Un gameplay classique, exigeant, et si satisfaisant

Le socle du gameplay est ce qui se fait de plus habituel en termes de RPG tactique. On y retrouve les forces (et faiblesses) inhérentes au genre. Dès lors que vous avez déjà fait un tactical-RPG, vous serez en terrain connu sur Tactics Ogre avec la fameuse grille pour les déplacements, l’ordre prédéfini selon les caractéristiques de chaque intervenant (allié comme ennemi), différentes classes et spécificités, la topologie du terrain à prendre en compte, etc. Là où Tactics Ogre se savoure (dans la douleur certes), c’est dans le souci du détail, de la nécessité d’optimiser de façon poussée son équipe sous peine de prendre une raclée mémorable. Les possibilités sont si larges et variées qu’on a soif d’essayer différentes choses, mais le jeu nous rappelle de lui-même à l’ordre : l’essai c’est bien, être efficace et monter une team optimale c’est mieux (et nécessaire).

Avec ces innombrables classes et archétypes, ayant tous des points forts, mais surtout des faiblesses, on est constamment poussés à passer du temps à préparer les batailles pour trouver LA compo qui va fonctionner. Il est impératif de composer notre effectif avec des classes complémentaires, adaptées à ce qui nous attend aussi bien en termes de bestiaire que d’environnement d’autant qu’il y a toute une gestion à tenir sur le positionnement ou la verticalité ou encore les affinités élémentaires et magiques. Penser qu’on peut y aller en mode « je fonce dans le tas » juste, car on a farmé quelque levels est une grave erreur. L’équipement joue là aussi une part non négligeable de notre succès ou non. La météo ou encore les cartes de TAROTS (un boost temporaire, définitif ou un annulateur de bonus…) peuvent faire pencher la balance.

Le système de tenaille et de contrattaque/riposte amène également un peu de peps. L’aspect stratégie est important analysant la timeline des actions à venir, sachant que selon nos actes du tour en cours, le personnage actif mettra plus ou moins de temps à avoir son prochain tour. On réfléchit en permanence, on analyse, on agit en conséquence. Il y a tant d’éléments à prendre en compte avec un oubli pouvant être fatale.

On retrouve énormément de composantes basiques, mais englobées de quelques options qui font que la profondeur du gameplay (tout comme son exigence) est encore inégalée aujourd’hui. Certes, cela risque d’en rebuter quelques-uns, car perdre et devoir recommencer une bataille / un donjon (on remercie l’auto save présente maintenant, ouf) est monnaie courante ! Mais enfin réussir un affrontement hard, après avoir passé du temps à optimiser ses personnages, est jouissif à l’extrême. On éprouve une réelle satisfaction. Heureusement, Tactics Ogre inclut un système (CHARIOT) permettant une souplesse avec un retour arrière de x tours pour corriger un raté ou l’autre !

On apprécie l’auto save bien imbriquée, le fait de pouvoir sauvegarder bien plus librement ou encore les combats accélérés, tant d’options absentes des premières versions du jeu. Reborn amène une refonte de la prise d’expérience, du leveling du personnage et ces compétences bien plus simples et surtout plaisant à utiliser. La gestion des sorts mais surtout de l’équipement demande bien moins de scrolling qu’avant avec de nouvelles interfaces bien plus user-friendly et intuitive. Pour finir, l’IA a pris un sacré booster niveau efficacité, réaction et cohérence. En d’autres termes, Square Enix a subtilement mais surement remis au gout du jour de nombreuses petites options pour que la nouvelle sortie de Tactics Ogre corresponde aux standards du moment mais encore une fois, sans changer l’identité du jeu. Ce sont plus des aspects conforts qu’autre chose.

New generation

La version Reborn de Tactics Ogre lui permet de s’afficher sous son plus beau jour sans dénaturer son style originel. On retrouve une direction artistique oldschool, typique des jeux de l’époque FF Tactics justement, tout en ayant une pointe de modernisme. On conserve un chara design pixel-like/16 bits alors que les textures ou représentations dans les bulles des personnages ont eu le droit à un petit lifting qui passe crème. D’ailleurs, le casting est globalement très charismatique, et le look des personnages à tomber. Je suis ultra fan de ce que je vois à l’écran et plus globalement du retour en force des visuels type 16 bits HD. Le titre est d’ailleurs doublé (EN ou JP au choix), mais surtout enfin officiellement traduit dans notre langue du côté des ST et là aussi, c’est un apport considérable d’autant que le jeu n’est pas en avare en dialogue avec un lore riche et dense. Cerise sur le gâteau, la Dualsense offre quelques options, certes légères, mais tout de même présentes niveau gâchettes/retours. L’OST réenregistré, du Square pur et dur : épique et magistrale. Tactics Ogre Reborn semble inattaquable sur bien des facettes.

Tactics Ogre Reborn permet de (re) découvrir un monument du RPG dans des conditions bien supérieures sans dénaturer l’œuvre originale. Même si cette mouture 2022 amène quelques options de conforts avant tout, un lifting visuel et sonore, on conserve le core exigeant intact. L’arrivée enfin d’une localisation FR, un doublage pour les cinématiques retravaillées, tant d’arguments pour se replonger dans cet univers incroyable à la narration solide. Square ressort toutes ces licences phares soit avec de nouveaux opus ou des versions retravaillées. Toutes ne sont pas sans reproche, mais concernant Tactics Ogre Reborn, si souffrir ne vous effraie pas, sautez le pas !

dsdsqd

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