Un peu plus de 10 ans après une sortie originale sur DS, Rune Factory 3 revient sur Switch avec une édition « spécial ». Tout en conservant le socle de la mouture initiale, on découvre une version introduisant quelques légères nouvelles fonctionnalités et améliorations visuelles via un rapide avis se focalisant sur le portage en lui-même.
Rune Factory 3 démarre dans le village de Sharance. La jeune Shara y vit une vie paisible, mais un évènement inattendu se produit : une étrange créature tombe du ciel et s’écrase en plein hameau. Alors qu’elle recueille ce qui semble être un petit animal, il s’avère qu’il s’agit d’un garçon amnésique nommé Micah, le protagoniste central du moment. On découvre le tutoriel habituel nous donnant toutes les clés pour débuter dans les meilleures conditions notre aventure à commencer par les différentes options de notre maison, la gestion du terrain, la visite du village alentour ainsi que des PNJ phares, etc.
Côté gameplay, on reste sur un socle historique de la licence, et très proche de l’aventure originale. On suit notre routine journalière, au rythme des jours qui s’écoulent, mais aussi des saisons. On s’occupe de notre exploitation, on reproduit un schéma régulier, avec un fond assez « train-train quotidien », ponctué d’évènements spéciaux et festivités qui nous plongent dans la vie de ce petit village. On reste sur du simlife classique, mais efficace, axé agriculture/relations sociales comme on le voit sur les autres opus, ou du côté de la concurrence notamment Story of Seasons.
D’ailleurs, l’aspect social est des plus importants aussi bien du côté de l’amitié que des relations amoureuses. En allant taper régulièrement la causette avec les PNJ clés, leur offrant des cadeaux et en répondant présentes lors de leurs sollicitations (des missions), les affinités se créent. Passé un certain cap, on les recrute pour nous accompagner sur le terrain, pouvant déboucher sur un mariage et même des enfants ! Il y a 11 prétendants, un seul élu, à nous de choisir et faire le nécessaire (il y a quelques prérequis, mais facilement atteignable). Peu de temps après l’union, on choisit même le sexe de notre future progéniture (oui oui). C’est ainsi qu’on découvre un mode alternatif : « jeunes mariés » permet de démarrer notre voyage directement dans un statut avancé (mais il faut d’abord débloquer des prérequis, une nouvelle fois, en jeu, avec les 11 amis). Effet kisscool ? On débloque pas mal de nouvelles possibilités en jeu.
Ce qui différence Rune Factory des autres titres du genre est sa composante RPG orienté action. On s’aventure dans les différentes zones proches de nous afin de rencontrer et combattre quelques créatures avec un arsenal varié. Chaque objet dispose de ses propres caractéristiques, attributs, puissance, vitesse, etc. en plus de compétences propres. Combattre à l’aide d’armes contondantes ou tranchantes n’est pas la seule option de Micah qui accède aussi à la magie telle que le feu ou le vent. Même si on pense et parle ARPG, cela reste assez simple en termes de possibilités, mais cela permet de donner un coup de fraicheur à la formule globale et de sortir de notre boucle « vie ». Pour finir, on gère l’endurance et la vie de Micah, qui décroissent lors de chaque affrontement ou chaque action. On les régénère avec le repos, les bains ou la nourriture et sort de guérison. Là aussi ce sont des notions dont on a l’habitude dans les simlifes.
Si vous connaissez la licence, vous ne serez clairement pas perdu avec une loop maison vu et revue mais qui fait toujours son petit effet. Les joueurs hermétiques au genre auront l’impression de tourner en rond, mais c’est propre au simulateur de vie et clairement connu quand on sait où on met les pieds. Cette réédition hérite malheureusement des quelques raideurs d’origine du gameplay DS qui n’ont pas été corrigés avec quelques contrôles oldschool qui auraient mérité une petite retouche, notamment la gestion de l’inventaire ou l’UI et les menus d’autant qu’on aurait pu gagner en confort avec le tactile de la Switch par exemple.
Hormis le mode « jeunes mariés », c’est surtout côté visuelle que ce portage amène du plus. Tout en réussissant à conserver un aspect rétro, on dénote de nombreuses améliorations à l’image des textures et assets qui gagnent en finesse, en détails, sans oublier la fluidité qui franchit un énorme cap : on oublie les ralentissements et performances en dent de scie de l’opus DS. La DA est magnifique, la partie novel fait son effet, cette version est une vrai réussite et la partie audio bénéficie aussi à présent d’un doublage sur certaines parties du jeu, côté roman. On aurait apprécié voir un doublage pour chaque dialogue, mais on se montre surement un peu trop gourmand. On apprécie pouvoir profiter d’un des opus les plus riches avec des conditions bien meilleures que sur son support d’origine.
Rune Factory 3 Special revient après une décennie sur la dernière console de Nintendo en date dans une version améliorée et supérieure à sa version originale. Certes, tout n’y est pas parfait, plus dans le remaster qu’autre chose et donc un aspect visuel amélioré avant toute chose et quasiment comme seule nouveauté, mais cela nous permet de profiter d’un épisode exceptionnel dans des conditions top. On conserve son gameplay, sa générosité, mais également ses défauts pour des heures et des heures de jeu. S’investir dans Rune Factory n’est pas donné car il est réellement chronophage, mais il nous le rend bien avec un voyage charmant et enchanteur. Pour les fanas de simlife, c’est surement l’un des jeux phares du genre, à faire au moins une fois.