Après un premier Arizona Sunshine plutôt bien accueilli, Vertigo Games profite de l’arrivée de nouveau hardware (PS VR2, mais aussi Quest 3, matos utilisé dans mon cas) pour nous proposer une nouvelle épopée zombiesque déjantée et explosive. On conserve l’essence d’origine, on peaufine et améliore ce qui peut l’être, et on conserve ce fun à massacrer du zombie sans détour. Bienvenue dans Arizona Sunshine 2 !
Le jeu prend place dans un univers post-apo, où règnent les hordes de zombies, nommés les Fred. On incarne un type paumé, vivant seul dans sa caravane en plein désert. Il se réveille comme bourré, sans souvenir des évènements passés. Il sort saluer les Fred, leur parler, mais il aperçoit un hélicoptère en détresse, proche de se crasher. Une chance unique, une trace de vie humaine ! Notre héros décide de foncer tête baissée secourir le pilote, espérant sortir de cette galère, mais il arrive trop tard. Les morts-vivants sont sur place et le militaire est à terre, mais un message radio indique que l’armée est à la recherche du patient zéro afin de lancer des études concernant un vaccin.
« Si je trouve le patient zéro, l’armée me trouve et je sors de cette merde » tel est le nouveau crédo de notre protagoniste qui part à la recherche du porteur originel du virus, mais rien ne va se passer comme prévu. Sans être profond, on suit le scénario et les différentes pistes nous menant jusqu’au dénouement, justifiant au passage tout le massacre zombie et les cadavres qu’on laisse derrière nous, et ce au travers de 19 chapitres, tout en conservant cette grosse touche d’humour. La progression et le level design sont assez linéaires. On traverse différents environnements à l’image d’un aéroport, des égouts, des zones résidentielles, un bar de bikers, une zone ferroviaire, etc. à la recherche de notre objectif. Même si certaines zones offrent un peu plus d’ouverture, il est difficile de se perdre le cheminement étant assez balisé. On trouve quelques portes ou zones accessibles ci et là, mais globalement, on dispose d’un chemin et on s’y tient.
Visuellement, on sent le gap entre les deux moutures grâce à du hardware plus poussé. Même si on rencontre les défauts inhérents à la VR notamment l’aliasing ou les textures en arrière-plan souvent floutées ou amenuisées, c’est globalement convaincant. Le monde est détaillé, on a quelques jeux de lumière intéressants par le soleil en extérieure ou en intérieure avec la lampe troche. Les animations des zombies sont réussies et les éclats (de cervelle, de sang, de membres) tout autant, sans oublier de mentionner les marques laissées par nos machettes, haches, etc. Certes, on a fait face à quelques problèmes d’affichage (collision par exemple) ou ralentissement à de très rares moments, mais dans l’ensemble, c’est validé.
L’ambiance est travaillée, avec une direction artistique post -apo béton, un décor désertique qui se prête à merveille à l’atmosphère « fin de monde » et que dire du sound design exquis. Ça grogne de partout, ça gémit, on entend des sons pas rassurants en permanence et j’en passe. Côté bruit de tir, chaque arme sort différemment rendant l’expérience encore plus profonde et immersive. Sans être une vitrine, Arizona Sunshine 2 régale et nous amène dans son monde sans le moindre mal.
On retrouve une base du gameplay du premier opus mêlant shoot et castagne au corps à corps. Le paramétrage de notre gilet tactique, de nos holsters ou fusils dans le dos (réglable dans les options) répond au doigt et à l’œil. On se saisit aisément d’un flingue, on tire, on fait sauter le chargeur vide, on en met un nouveau, on recule sur la culasse et c’est reparti. Encore mieux, on équipe une arme à feu de chaque côté : révolver, 9 mm, mini canon scié et j’en passe. Dans le dos, canon à pompe, de chasse, carabine, AK, etc. Là aussi, on saisit par-dessus l’épaule, on tire, on amorce le prochain coup, on fait sauter la cartouchière, on en saisit une nouvelle au niveau du torse, et ainsi de suite.
De ce côté-là, Arizona Sunshine 2 se montre assez convaincant et réaliste. L’arsenal complet est extra avec du très très lourd, mais on vous laisse la surprise. La main gauche arbore une montre indiquant nos PV, et on pose au niveau de chaque poignet une arme de corps à corps ou un explosif qu’on saisit pour l’utiliser. Si on relâche la gâchette, l’arme/accessoires revient à sa place. En gros, sauf si on jette un flingue, on ne perd rien. Grenades et machettes tombent juste devant nous. Difficile de faire plus simple/intuitif.
La prise en main est simple, les gunfights peuvent vite nous mettre sous pression. On ouvre les tiroirs, et malles, afin de looter des objets en tout genre, des munitions, ou de la bouffe pour regen quand on la porte à la bouche. Côté déplacement, c’est en temps réel au joystick ou via TP, on dispose de nombreuses options pour réduire la cinétose (motion sickness) comme le vignettage, l’angle pour pivoter, si on peut faire un demi-tour rapide, etc. Même en étant d’habitude sensible aux maux de la VR, j’ai pu enchainer les heures sur la version Quest 3 d’Arizona Sunshine sans soucis.
À différents moments, on croise une malle spéciale permettant de crafter différents explosifs, grenade standard ou à fragmentation, mine, Molotov, etc. avec une facilité déconcertante et là aussi, le gameplay se veut extra avec des mouvements cohérents et réalistes pour allumer/enclencher le tout. Il en est de même pour l’escalade avec des mouvements fluides, échelle à monter, se suspendre à une canalisation, passer de l’un à l’autre, on fait cela les doigts dans le nez. Bref, vous l’aurez compris, manette en main et casque sur la tête, Arizona Sunshine 2 est une réussite d’autant qu’on ne dénote aucune latence entre nos mouvements et ce que l’écran affiche !
La grosse nouveauté vient de la présence de Buddy, notre cleps de compagnie multitâche qui est au cœur de l’expérience. En plus de nous permettre d’avoir accès à deux armes en plus (il a un harnais deux emplacements), il nous est utile de bien des façons : il attaque, démembre des zombies, ramasse des objets qui ne nous sont pas accessibles autrement ou déplace même des corps derrière une porte afin de nous ouvrir la voie. Sur ordre, mais souvent de façon autonome ! Il arrive qu’on lui donne une consigne et qu’il ne l’exécute pas, il suffit de l’appeler à notre pied et réessayer pour voir enfin ce qu’on attend. Le gameplay s’enrichit simplement, mais efficacement. J’ai adoré l’ambiance globale qui se dégage du jeu, et des nombreuses interventions vocales de notre héros (en EN, STFR), toujours sur un ton décalé, à parler à Buddy comme s’il avait été son maitre de toujours. On rencontre quelques situations ubuesques, gags, on se fend la poire à démonter du zombie avant de taper un stress malade face à une vague énorme et un gunfight tendus. C’est ce succulent mélange de tension et rires qui nous plait et nous fédère.
Arizona Sunshine 2 ne révolutionne pas sa formule (efficace) en profondeur, mais il ne se contente pas non plus d’être une simple suite. Vertigo Games améliore ce qu’il a créé avant et y amène suffisamment de nouveautés pour nous donner envie de nous replonger dans son univers zombie. J’ai apprécié mon voyage avec une prise en main rapide, intuitive et un gameplay solide le tout avec un enrobage visuel et une ambiance tous deux réussies. Bref, Arizona Sunshine 2 est sans conteste l’une des expériences fortes VR de l’année. À faire absolument !



























