Sony possède plusieurs studios phares à l’image d’Insomniac, Santa Monica et Naughty Dog. Ces derniers ont marqué les Playstation 3 et 4 avec les excellents Uncharted, mais aussi (surtout ?) The Last of Us. Alors que le premier opus a eu le droit à un remake il y a quelques mois, c’est cette fois-ci un remaster qui nous est proposé pour The Last Of Us Part II. On se tourne aujourd’hui vers cette version pour en faire un bilan. On se concentre principalement sur les nouveautés, ce que nous apporte cette nouvelle itération plus que sur le fond et le contenu d’origine dont les qualités ne sont plus à démontrer.
The Last Of Us Part II Remastered ne modifie en rien l’histoire initiale, on retrouve une expérience en tout point similaire sur le papier : que ce soit la narration, la construction et la progression. On repart pour un périple prenant et poignant, touchant mais violent, dans lequel Ellie se plonge dans une quête de vengeance aveuglément quitte à tout sacrifier. J’ai personnellement kiffé cette duologie, et ne pourrait pas en dire du mal. Forcément, selon le profil de joueur, il peut y avoir l’un ou l’autre points qui peut être perçu comme un défaut, ou améliorable mais de ce côté, en toute franchise, je manquerais surement d’objectivité.
La première différence se trouve être dans la disponibilité de deux presets graphiques. Sur PS4 Pro, The Last of Us tourne en 30 images par seconds avec une définition de 1440P et basta. La version remaster propose toujours un mode en 1440p, mais qui tourne cette fois-ci en 60fps (peu ou prou au final ce qui était disponible sur PS5 depuis la version PS4 via Maj gratuite, bien que plus stable ici), à la différence que si l’on possède une TV compatible VRR/HDMI 2.1, on a la possibilité de débloquer le framerate. L’autre alternative est la configuration qualité, tournant en 4K native cette fois-ci, à 30fps fixe avec toujours cette possibilité d’utiliser le 120 Hz d’une TV compatible. Ce mode 40fps est du coup le meilleur compromis mes yeux avec une qualité maximale possible et une fluidité satisfaisante.
Une perle à travers les âges
D’un point de vue texture, il serait trompeur de dire que cela saute aux yeux. En pleine action, on aurait tendance à dire que c’est du pareil au même tant la mouture PS4 était déjà solide. En mode perf, c’est du kiff kiff. Si on compare maintenant avec le preset 4K, on peut distinguer en faisant vraiment attention un peu d’aliasing en moins ci et là, ou encore une distance d’affichage améliorée voir peut être l’une ou l’autre scène un peu plus détaillée ou propre, mais comme dit en pleine action, c’est du pareil au même. Par contre, lors des flashbacks reprenant des scènes de TLOU 1, on remarque la réutilisation de modèles issus du remake, ce qui bonifie ce que l’écran nous affiche.
En gros : en mode quali, on a une image plus nette/affinée, avec un fps plus élevé que sur PS4 Pro, alors qu’en performance on retrouve grosso modo le build PS4 Pro jouée sur PS5 avec peut être plus de stabilité sur le compteur FPS. Le mode VRR est disponible en plus dans les deux cas. La différence reste légère, on est sur un remaster et non un remake.
Immersion garantie
Le second apport est la prise en charge de la Dualsense. Alors que j’étais un chouia déçu sur le remake du premier épisode, Naughty Dog nous propose une prise en charge plus avancée à présent. On ressent chaque évènement dans le creux de nos mains : un pas, un saut, le galop à cheval, un affrontement aussi bien au corps à corps que via arme à feu. Les gâchettes adaptives sont également de la partie s’adaptant à chaque pistolet, fusil, etc. On attendait l’un des studios majeurs maison au tournant, et ils ont répondu présent ! Je suis friand de ces différentes fonctionnalités perso et me régale à chaque fois qu’un studio les prend correctement en charge. Je valide le boulot de ND concernant le pad PS5.
On découvre ensuite pelle mêle tout un tas de nouveautés et bonus à l’image de filtre visuel, quelques cheats codes pour se faciliter la vie, des skins pour Ellie notamment ou encore un mode guitare dans lequel on s’adonne librement à la musique avec instrument. S’ajoutent ensuite les « lost levels ». Au nombre de trois, on découvre des passages non terminés par les équipes créatrices du jeu, jamais intégrés dans le build final. Avec des commentaires audio pour accompagner le gameplay, on découvre des anecdotes et infos inédites, les idées qui ont amené à élaborer ces passages, etc. un bijou pour les fanas du jeu et de la licence. On ne spoilera rien pour vous laisser le plaisir de vivre ces petits moments, courts, mais vraiment plaisants. J’adhère totalement à ce genre de pratique.
Aucun retour possible
Le vrai clou de cette édition remaster est sans aucun doute le monde « no return » fortement inspiré des productions Rogue-Like. On incarne l’un ou l’autre des avatars et héros de TLOU 2 séparés en deux factions : Ellie vs Abby pour la faire courte, pour un casting de 10 protagonistes au total ayant chacun des forces et affinités, spécialisation et ainsi de suite.. Tout débute, après le choix du personnage, dans une planque, qui sert de véritable hub central. C’est ici qu’on améliore notre package entre chaque level : nouveaux équipements, modification, achat de plan de craft, et j’en passe. Le tableau présente plusieurs cheminements jusqu’au boss de fin. Comme on s’en doute, toute mort est synonyme de retour au point de départ aussi bien pour la progression sur le terrain, mais aussi de notre avatar (équipement, amélios, composant, etc.). Comme tout bon Rogue, la génération des chemins, le choix des maps/niveaux/modes/ennemis est totalement aléatoire. Aucun run ne se ressemble !




















Il existe 4 modes de jeux, au hasard :
- Attaque : x vagues successives d’ennemis apparaissent, à nous de les exterminer.
- Défense : un peu le même principe, on doit survivre à x assauts consécutifs avec un allié IA. Si l’un de nous meurt, game over.
- Capture : l’ennemi défend un coffre contenant un trésor. On dispose d’un temps limité pour le saisir.
- Proie : on doit survivre un temps donné face à une meute d’ennemi : se planquer ou tout massacrer ? À nous de choisir le meilleur moyen de ne pas y rester.
Le choix du mode est totalement random, de la faction ennemie ou des infestés présent également, sans oublier la présence de bonus et/ou malus pour notre avatar ou les ennemis présent. Il existe différents paliers de difficulté rendant l’expérience presque triviale ou hardcore comme jamais. En fin de course, on retrouve un aspect scoring à la fin de chaque level déterminé par le nombre de morts causés, les dégâts générés/encaissés, la précision de nos tirs, le temps mis pour finir le level, la furtivité ou non, le niveau de difficulté, etc. On cherche à finir une première fois le mode, avant de tenter plus difficile, de remplir des défis de personnage ou globaux pour acquérir de nouveaux persos, des skins, et ainsi de suite.
On s’essaie ensuite aux parties personnalisées, permettant de concevoir son voyage clé en main. Dommage de ne pas avoir un aspect multi à minima coop avec un ami, car cela aurait pu être plus fun qu’avec une IA (même si celle-ci est plutôt de bonne facture). J’ai pris plaisir à parcourir ce mode No Return. Selon la difficulté, la tension est vite palpable et on abandonne les expéditions punitives pour la jouer plus finement. On profite de chaque petit temps morts pour faire le plein, se soigner, recharger nos armes, refaire des Crafts etc. Je n’avais jamais songé à cette vision de TLOU avant, et la surprise est pleine.
À l’heure de faire le point, on bénéficie via cette édition remaster d’une rehausse graphique légère, mais pourtant bien présente, de quelques passages inédits (une grosse demi-heure de jeux) et autres bonus annexes, d’une prise en charge de la Dualsense sur l’intégralité du jeu, ainsi qu’un mode rogue pour finir. Le prix à payer est de 49,99 euros ou 1e si on possède la version PS4. Autant sur la partie visuelle, le repassage en caisse est plus que discutable, mais les autres ajoutent valent à mes yeux le petit billet en plus. The Last of Us Part II reste un jeu à faire au moins une fois dans sa vie. Pour ceux ne l’ayant jamais fait, il serait dommage de passer à côté de la version proposant l’expérience la plus complète. Pour ceux l’ayant déjà fait, cela va être au cas par cas (par exemple : avez-vous encore votre exemplaire PS4 ?).