4 mai 2026

Test Unicorn Overload : tout simplement sublime

Il y a des studios dont on reconnait leurs productions entre mille, et Vanillaware est assurément l’un d’entre eux. Rien qu’à la direction artistique on sait immédiatement à qui on a à faire. Vous connaissez Dragon Crown, Odin’s Sphere, ou encore 13 Sentinels ? Voilà, vous savez immédiatement de quoi je parle. Le studio nippon nous gratifie d’une toute nouvelle production toujours aussi riche, originale, mais surtout surprenante avec Unicorn Overlord. Après plusieurs dizaines d’heures passées sur la mouture Playstation 5, et en grande partie sur le PS Portal, c’est un grand oui.

Le monde de Fevrith est composé de plusieurs royaumes, dont Cornia sous l’égide de la reine Ilénia. L’un de ses généraux et héros, Valmore, lance une insurrection et un coup d’État afin de faire plier le genou de chaque nation en se présentant comme le digne successeur de l’Empire de Zenoïr et imposer son régime par la violence. Sentant la défaite proche face à une telle force de frappe, la reine demande à l’un de ces chevaliers de confiance (Joseph) de sauver son fils, le prince Alain, avant de lui remettre son héritage : l’anneau de la Licorne. Ils arrivent à s’échapper jusque l’ile de Parévia et où Joseph initiera le prince à l’art du maniement de l’épée, et le commandement militaire, afin d’être prêt le jour où son heure sonnera. 

Après quelques années de répit, l’armée au pouvoir lance un assaut sur l’ile afin de mettre la main sur Alain et sa troupe, avec comme commandant un ancien proche allié de la reine ! L’envahisseur connait une défaite cuisante. Notre héros ne comprend pas comment un ancien serviteur a pu devenir l’homme de main de l’ennemi, mais c’est alors que l’anneau de la Licorne réveille son pouvoir : l’ancien ami était touché par un mal qui le soumettait à volonté de Valmore ! C’est ainsi que débute le périple d’Alain et ses compagnons, dans une quête de libération du monde de l’oppression de l’empire Zenoïrien, et de restaurer la paix partout ! En chemin on rencontre de nombreux anciens (mais aussi nouveaux) amis ou fidèles de la couronne, qui rejoignent notre cause après qu’on les a aidés face à leurs difficultés actuelles. La narration se construit au fil de l’eau, et nous amène à la découverte d’un monde touché par la guerre, un peuple qui tente de résister, mais sans avoir la force pour. Alain et ses amis partent secourir les habitants dans le besoin, et lever la malédiction qu’a lancée l’ennemi.

Une identité hors du commun

La première caractéristique qui nous séduit dans Unicorn Overlord est sa direction artistique reconnaissable entre mille. Les productions Vanillaware sont souvent familières dans leur style, avec un chara design magnifique et un rendu exemplaire. Le style est harmonieux, détaillé, soigné et ces adjectifs s’appliquent sans souci aux décors, à tout ce qui se trouve à l’arrière-plan, et même les animations. Le cycle jour/nuit, les jeux de lumière selon l’heure ou la présence de feu, la météo, etc. tout est bien ficelé. C’est vraiment du solide, et la fluidité est irréprochable, et ce, quel que soit le moment.  La partie audio est comme toujours une valeur sure avec quelques thèmes qui restent en tête et un doublage au poil. On apprécie la localisation dans notre langue de tout ce qui est menu/texte/dialogues, car Unicorn Overlord peut être assez bavard et la dispo des STFR aide à ne pas rater de détails aussi bien liés au lore que les tutos concernant le gameplay assez riche.

Unicorn Overlord propose cinq niveaux de difficulté, allant d’une formalité sur le terrain à la nécessité d’être pointilleux sur l’optimisation de notre armée. Les 4 premières sont disponibles dès le premier run, avec la possibilité d’en changer comme bon nous semble même en pleine partie, la dernière ne se débloque qu’une fois le jeu entièrement finalisé et il offre un challenge vraiment corsé : on ne peut modifier la difficulté en cours de route et surtout, toute mort est définitive !

Le gameplay s’articule autour de plusieurs axes et choses appréciables : Unicorn Overlord introduit son gameplay en douceur, en témoigne les premières minutes avec les balbutiements des combats et des phases. Dans le principe, chaque camp dispose d’une base, et le but est de capturer celle adverse, ni plus ni moins. On est à ce moment-là sur une vue « mapmonde », on invoque à notre point de départ l’une ou l’autre escouade, à laquelle on donne un ordre de déplacement. On enlève la pause pour rendre actif tout ce joli petit monde, on observe les mouvements ennemis, on adapte les nôtres, et voilà que les squads se rencontrent et initient une bataille. On tombe alors sur une vue 2D, comme lors des cutscènes narratives, et nos soldats prennent vie et se lancent tout seuls, sans aucune action de notre part, dans un échange armé. On ne donne aucun ordre, on ne choisit aucune attaque, tout est auto. Le nombre de tours est limité, et le combat prend fin quand un camp a perdu tous ses PV ou qu’on a atteint ce fameux nombre de tour. Le camp encore debout, ou en meilleur état, gagne. 

Libérons les opprimés

On se dit que la recette est ultra basique même trop, et surtout basée un peu sur la chance, mais il n’en est rien, bien au contraire tant Unicorn Overlord inclut de facteurs différents pour déterminer le vainqueur. Au fil de notre aventure, nos unités acquièrent de l’expérience à chaque victoire, leur offrant des niveaux additionnels et de ce fait de nouvelles compétences. L’équipement gagné/acheté nous permet aussi d’améliorer nos soldats. Au gré que notre réputation augmente et qu’on accumule des médailles, on acquiert suffisamment de points pour agrandir nos unités et en débloquer de nouvelles. On débute avec une escouade de 2 soldats, une avec un seul cavalier pour finir avec 10 troupes de 5 combattants chacune. On a accès de nouvelles classes possédant chacune des forces et des faiblesses : les chevaliers montants des griffons sont faibles face aux archers, eux même faibles face aux unités de corps à corps et ainsi de suite. 

Mais le plus gros dossier reste la configuration des priorités. Sur le terrain, chaque unité dispose d’un budget points d’attaque et points passifs utilisés pour exécuter les compétences actives et passives qu’elle possède. Chacune de ces attaques ou incantations se lance selon des situations prédéterminées. Un bouclier est lancé si un allié perd plus de X % de PV, un ennemi est attaqué d’office s’il nous a attaqués en premier lieu, etc. On commence à mettre les mains dans un système flexible à l’extrême afin d’optimiser chaque situation, en empilant les options par ordre d’importante, entre les actives/passives, les cibles voulues, dans quel ordre, etc. Le voleur cible X sous la condition Y, sinon il cible Z avec talent 1, etc. La sorcière lance le sort 2 sur X, si non réalisable elle lance le buff 3 sur untel. On choisit littéralement comment réagit chaque soldat à chaque situation si cela nous chante !

Bien entendu, on ne part pas sur une compo type pour poncer le jeu du début à la fin (en facile, cela passe, mais pas en difficile). On s’adapte à la situation, on peaufine au jour le jour notre preset, nos unités, et ainsi de suite, avec une composante stratégie et tactique ultra poussée. La clé du succès réside clairement dans la préparation et l’adaptation avant de contempler nos avatars prendre vie et mener leurs combats. On peut également exécuter des compétences de bravoure ou des sorts temporaires grâce à la capture d’un monument comme lancer une pluie de flèche sur une zone, un orage à un endroit précis, etc. C’est grisant une telle profondeur qui ne cesse de nous surprendre, en découvrant sans cesse de nouveaux combos, etc.  Sur le papier, ce n’est peut-être pas super clair, mais manette en main cela coule de source, on décèle le potentiel qui ne cesse de s’enrichir du côté du gameplay d’heure en heure. Les phases deviennent addictives, complexes, mais dans le bon sens du terme, tactique et fun à jouer. Une fois qu’on a mis le doigt dedans, on tombe dans une spirale de la mort, où on cherche la moindre petite bête pour prendre le moins de dégâts, et gagner le plus de combats, cela se montre certes chronophage (les heures défilent à une de ces vitesses haha), mais c’est tellement puissant, complet et addictif.

Un monde riche à explorer

À côté de cela, on explore la map selon nos envies, on ramasse des composants, on croise quelques bataillons qu’on annihile, on découvre une mission annexe et on se lance dans la phase, la prise de fort décrite plus haut. Effet immédiat, on libère une nouvelle ville qu’on améliore/reconstruis grâce aux composants ramassés dans la nature. On débloque une taverne pour acheter des popo, le forgeron pour de nouvelles armes et armures et ainsi de suite. On libère un fort, où on recrute de nouveaux soldats et on agrandit nos unités, etc.

Il n’est pas rare d’avoir bien plus de soldats dispos que de place dans nos unités et ce n’est clairement pas un problème, car, comme noté plus haut, notre armée n’est pas figée dans le temps, on l’adapte à chaque situation (et on a les outils à portée aussi bien pour tester nos combinaisons, comme pour leveler les héros « en retard »). On rencontre de nombreuses phases optionnelles, mais elles ont toujours une utilité certaine, on recrute de nouveaux compagnons, on débloque une nouvelle classe, on libère une nouvelle région où on y trouve de nombreux composants, des villes, des forts, etc. On finit avec le système d’affinité entre avatars qu’on travaille avec les repas qu’on prend entre amis, les cadeaux, et des conversations à débloquer sur la map monde. En résultent des boosts de stats pour les soldats proches, membre d’une même unité.

Après avoir parcouru Unicorn Overlord de fond en comble, et parti dans un second run, je ne vois pas comment ne pas vous conseiller le dernier Vanillaware. On découvre un monde intéressant, bien ficelé, un casting solide et attachant, mais surtout une DA toujours aussi séduisante et un gameplay ultra béton, riche et généreux. Simple de prime abord, la recette se dévoile au fil des heures et aspirent notre âme durant des heures et des heures avec des composantes qui s’imbriquent à la perfection. On kiff se livrer à de nouvelles batailles, et accompagner Alain vers sa destinée. Des TRPG de la sorte, c’est un grand oui tant il amène de la fraicheur au genre. On parlera très bientôt à nouveau d’Unicorn Overlord avec un unboxing du collector !

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