Test Killer Klowns from Outer Space : clowns tueurs en embuscade

Spécialiste du gameplay asymétrique, Illfonic (Ghostbuster, Predator, Vendredi 13) propose aujourd’hui sa toute nouvelle prod : Killer Klowns from Outer Space. On conserve les fondements du genre, mais avec une formule quelque peu revue : on n’est plus sur 1v3 ou 4, mais sur du 3v7  et les changements vont un peu plus loin, pour notre plus grand plaisir.

Killer Klowns from Outer Space est un film des années 80 où des extra-terrestres prennent la forme de clowns tueurs s’attaquant à une petite bourgade typique des US. Le jeu conserve le contexte, mettant en place 3 clowns contre 7 citoyens. Pas besoin de faire un dessin pour deviner quel camp se positionne en tant que chasseur, et lequel se transforme en gibier !

Côtés humains, le but est bien entendu de survivre, ne pas être débusqué de ces clowns sanglants, mais surtout de réussir à s’échapper, la coopération est donc de mise, mais petit hic : une sortie n’est valide que pour 3 personnes ! Il est donc nécessaire, dans le meilleur des cas de trouver trois échappatoires ! Il y en a bien entendu plus sur chaque map, mais les trouver n’est pas suffisant pour s’en sortir. Le bateau par exemple nécessite non seulement un démarreur, mais aussi du fuel dans le moteur, etc. ! Le bunker ? Il faut les combinaisons et les clés, etc. Et tout cela avec trois clowns tueurs à nos trousses, qui sont rapidement accompagnés d’acolyte certes moins dangereux, mais quand ils sont nombreux, cela dégénère vite d’autant qu’on a un chrono maximal avant la klownpocalyspe ne tue tout le monde.

L’exploration de la carte est impérative et le risque de tomber nez à nez avec l’un des tueurs est quasi inévitable. Quoi qu’il en soit, il est préférable d’avancer prudemment et de prêter attention aux bruits autour de nous, à tout ce qui entoure notre personnage, car les tueurs génèrent pas mal de bruit en se déplaçant avec leurs chaussures. On avance pas à pas, on se cache dans une poubelle, ou dans un bâtiment, on attend que la voie soit libre et on dégage sans faire de bruit, car les clowns ont des indicateurs qui leur indiquent notre direction si on manque de discrétion  !

Manque de bol, le face-à-face se produit : les tueurs possèdent une arme de corps à corps, mais surtout un pistolet leur permettant (s’ils nous touchent de longues secondes) de nous transformer en un cocon de barbe à papa. Ces cocons génèrent différents minions via les machines dissimulées ci et là sur la carte dès lors qu’on les installe sur un des emplacements prévus à cet effet (on trouve des cocons aussi au sol un peu partout). Si on en installe jusque 4 sur une machine, le camp de tueurs gagne en puissance. Les laquais créés mènent des rondes, et attaquent à vue les survivants tout en prévenant les clowns rendant la situation de plus en plus compliquée quand les machines sont toutes activées et boostées. On passe de 3 traqueurs à plus du double en peu de temps si la situation part en vrille d’autant que le camp des survivants peut lui aussi très vite varier et pas dans le sens qu’on aimerait ! Le rapport de force change du tout au tout selon le déroulé de la game.

On conserve la base du gameplay asymétrique à la différence qu’on est sur un nombre de joueurs plus importants (l’IA occupe les slots dispos si le matchmaking venait à ne pas suffire, pour les humains), et surtout les victimes peuvent se défendre avec les quelques armes cachées sur la carte : pistolet ou fusil dans le meilleur des cas ou simple batte, barre de fer, etc. Les survivants ont moyen de se soigner en récupérant de la bouffe, ils assomment le clown en lui lançant à la tête un objet et le matraquent jusqu’à la mort ensuite ! Un mort côté humain n’est pas forcément définitive, il existe des mécanismes permettant (une fois par partie) de ramener à la vie jusque trois joueurs. Il est alors nécessaire de bien choisir son timing pour l’utiliser. Chaque clown dispose de plusieurs capacités, avec temps de recharge, mais aussi une sorte de fatality qui est une cutscènes de mise à mort quand on en vient à annihiler un humain et à chaque fois, c’est tellement absurde qu’on en éclate de rire avec une mise en scène qui dépareille de l’ambiance « tueurs » haha. J’adore ce décalage personnellement. Dommage par contre que les humains n’aient pas ce genre de feature.

Chaque camp dispose de plusieurs archétypes/classes, offrant des capacités à activer uniques, et des passifs/bonus propre sur les statistiques. Comme toujours, il suffit de jouer pour débloquer tout ceci. L’équilibrage, de ce que j’en ai vu, m’a semblé plutôt bien ficelé. Même si l’une ou l’autre classe semble avoir un gros avantage sur une situation, il a toujours une faiblesse pour compenser. De la sorte, personne ne semble vraiment au-dessus du lot. En prenant en compte ses différentes options et fonctionnalités, le gameplay permet de se différencier pas mal de la rude concurrence dont le leader incontesté (Dead by Daylight) est le seul ayant réussi à perdurer dans le temps alors que le reste s’est plus ou moins vite cassé la gueule. Avec cinq cartes assez variées et travaillées, mais surtout vastes, Killer Klowns fait preuve d’une réelle richesse et on kiff s’y adonner pour quelques sessions régulièrement.

La couche réseau n’a d’ailleurs posé aucun problème. Le matchmaking a rempli son office et en parti, pas de lag ou autre dysfonctionnement du genre. Comme noté plus haut, l’IA peut remplir au besoin le lobby (côté humain) et même si elle montre parfois ses limites avec des comportements surprenants, cela permet de partir avec une salle comble. Visuellement, Killer Klowns fait le café, il n’est pas une vitrine, mais on ne peut pas dire que cela soit moche non plus. Les cartes par contre ont le droit à un rendu très propre, elles sont bourrées de détails, etc. et la bande-son enfonce le clou avec aussi bien un OST que les bruitages réussis. Rien à redire sur le travail d’Ilfonic une nouvelle fois (ouais, on est assez fan du studio).

Illfonic délivre, avec Killer Klowns from Outer Space, une production au gameplay asymétrique plutôt solide. Les parties procurent du fun, quel que soit le camp incarné, avec les bases du genre mais surtout de nombreuses petites touches maison qui font mouche. L’ambiance est extra, on adhère au gameplay, l’immersion est bonne. Souhaitons à Killer Klowns from Outer Space plus de succès que le reste de la concurrence. Il mérite assurément le coup d’œil.