Le nom de Mike Morhaime ne vous dit rien ? Il s’agit pourtant de l’un des cofondateurs de Blizzard en plus d’en être l’ancien PDG. Là, tout de suite, ça donne un CV qui a de la gueule ! Il a fondé, avec Amy Morhaime, sa propre structure en 2020 nommée Dreamhaven et aujourd’hui on parle de la première production sortie sous son giron (et produit par Secret Door) nommée Sunderfolk (ça arrive ce jour d’ailleurs) et il faut avouer que la formule proposée est alléchante au possible : un jeu aux allures de JdR plateau, mais entièrement numérique en combinant console et application mobile avec comme but de laisser aux joueurs tout le plaisir de ce type de jeu en simplifiant tout l’aspect préparation, mise en place, et l’apprentissage parfois hard du genre.
À la maison, on est assez adepte de tous les jeux de société, et avec notre attrait à tout ce qui touche à l’heroic fantasy, on a vite dérivé sur des titres type Wonderlands, mais aussi sur le JdR plateau façon Hero Quest ou Gloomhaven. Forcément, un titre regroupant cette nouvelle passion et le format JV, j’étais preneur. J’avais déjà tâté Gloomhaven sur console par le passé ou Déméo, mais Sunderfolk va un peu plus loin avec sa partie papier/cartes remplacée par une application mobile qui aussi pour but de remplacer la manette de bout en bout, rendant chaque joueur autonome.





« Scannez le code QR sur votre écran, téléchargez l’application Sunderfolk gratuite (disponible sur iOS et Android) et transformez votre téléphone ou tablette en manette, jeu de cartes, livre de règles, inventaire, et bien plus encore. Vos amis et vos proches apprendront rapidement à jouer, car toutes les informations nécessaires seront à portée de main » : c’est textuellement l’information partagée sur la fiche du jeu concernant l’application mobile. On ne peut faire plus claire pour le coup !
Un pad? pour quoi faire
Le lancement de Sunderfolk et l’arrivée au start screen signifie grosso modo la fin du besoin de la manette… un QR Code s’affiche en effet pour première DL l’application si non disponible et ensuite associer le téléphone au joueur 1, 2, 3 et 4 (maxi 4 joueurs, jouable en solo également). Tout se passe ensuite sur le smartphone à commencer par le choix de la difficulté parmi 4 paliers puis (maximum) 4 héros (max) sur 6 qui partiront à l’aventure. Prévu pour être joué jusque 4 joueurs, rien n’empêche de jouer à moins et soit de partir avec moins de héros, ou que l’un ou l’autre joueur contrôle plus qu’un héros.
Cela va du corbeau arcaniste à l’ours berserker en passant par l’axolotl pyromancien. Les 6 classes sont attrayantes et le charadesign est une totale réussite avec un panel de sorts et des rôles différents : pur dps, assist, etc., et chacun apporte dans un groupe sa pierre à l’édifice.
La campagne est lancée, et le scénario nous introduit ce monde fantaisiste ainsi que les nouvelles menaces qui planent sur Arden, le petit village de nos héros du jour visant notamment l’arbre magique qui est le symbole de la lumière face aux ténèbres dans ce monde féérique. Difficile d’en dire bien plus sans spoiler les histoires que nous content Sunderfolk, mais cela allie classique du JdR, de l’heroic fantasy associant tons sérieux, mais surtout une touche d’humour omniprésente réussie.
Un portage à un niveau inattendue
Dès le petit tutoriel, on se rend compte que l’ergonomie est tout bonnement excellente. Le smartphone se transforme en pad personnel, ultra précis, réactif, pour la moindre de nos actions. On choisit le personnage actif (si on en contrôle plusieurs) en cliquant sur son portrait, on swipe de gauche à droite pour choisir la carte à actionner, et on la fait glisser vers le haut pour la rendre active. Pour cibler ou se déplacer ? On bouge simplement notre doigt dans la direction désirée sur l’écran du mobile pour cibler la zone voulue, sur la grille composée de petites cases bien visibles, et roulez jeunesse. C’est d’une facilité déconcertante tant tout est simple et bien penser.





L’ordre d’action ? On le décide entre nous… nous laissant le libre choix de décider de la meilleure stratégie pour agir de la meilleure des façons. On souhaite passer/terminer notre tour sans avoir dépensé tous nos déplacements par exemple ? Libre à nous de le faire. On veut consulter nos stats, etc. durant l’action d’un autre joueur ? Tout est sous nos yeux ! Impossible de louper une info, tout est là, en temps réel et directement visible. Un coffre au trésor non loin ? On décide de qui y va et se détourne de la mêlée par exemple. On veut se partager une info, on se montre simplement nos smartphones et basta.
La partie combat se prend en main très aisément, et que ce soit les règles ou les mécaniques inhérentes au format de Sunderfolk, difficile de ne pas être à l’aise. Du JdR certes classique dans le fond, mais la forme est extra. Les jets de dés sont remplacés ici par des cartes du destin offrant parfois des bonus, mais aussi d’autres fois des malus.
Sunderfolk : le JdR pour tous
Entre chaque joute, notre troupe retourne au village et une grosse différence a lieu ici entre le JdR façon Sunderfolk et le JdR plateau habituel. Sur un jeu physique, le MJ doit s’occuper d’un joueur après l’autre pour commercer, améliorer, modifier les avatars, leurs équipements, etc., et pendant ce temps les autres joueurs ne font rien. Quand on est 4 ou 5 autour de la table (MJ inclus) ça peut prendre du temps. Ici, chaque joueur vaque à ses occupations et visite les magasins, etc. depuis son smartphone, à mon rythme. Mes actions n’impactent pas celle de mes coéquipiers qui vont faire tout ce qu’ils ont envie en ville pendant ce temps. On crée des affinités avec l’un ou l’autre PNJ, on améliore nos avatars, on apprend de nouvelles infos de Lore, etc., et quand tout le monde est prêt, on retourne sur le terrain pour continuer notre aventure.
Petit truc drôle, il arrive qu’un des joueurs pris au hasard ait la capacité de nommée un lieu comme bon lui semble, qu’un PNJ ait besoin d’être nommé, etc. De ce fait, les choix des joueurs ont là aussi un impact sur le monde, cela reste secondaire en somme, mais assez original pour être mentionné.
Un porte d’entrée vers le jeu de rôle
L’expérience est globalement dynamique et qu’on soit débutant, connaisseur ou expert en JdR, on y trouve son compte et l’accompagnement pour ceux qui découvrent le genre est efficace. On enchaine les parties facilement, on parcourt ce monde avec plaisir. Bref, Sunderfolk, sans viser à remplacer le JdR papier/plateau, permet de compléter plutôt ce genre avec une expérience riche, et qui se montre justement comme une excellente porte d’entrée au genre. Le combo jeu vidéo/app mobile fonctionne bien et permet un voyage fluide et rythmé. On n’a pas la profondeur de custom d’un donjon & dragon autour d’une table entre amis, voyons plutôt Sunderfolk comme un moyen de prolonger le délire, d’une autre façon et d’apporter un peu de fraicheur et surtout d’avoir un nouveau JV plus que correct sur le sujet.
Espérons voir arriver, pourquoi pas, des campagnes additionnelles, de nouvelles quêtes, ou même des personnages et cartes, si le succès venait à être au rendez-vous pour cette version. Jouable en solo comme en multi (couch, online, mixe des deux), Sunderfolk devrait vous occuper durant de longues sessions car en multi c’est juste extra (solo, cela perd un peu de son intérêt je trouve).




