7 décembre 2025

Test Gloomhaven PC : un passage au format jeu vidéo réussi!

J’admets avoir été séduit par de nombreux titres dès leur accès anticipé cette année. Gloomhaven est l’un d’eux. Je m’y suis lancé tardivement et je regrette de ne pas m’y être jeté plus tôt tant c’est un coup de cœur arrivé dans une période un peu speed et surchargée. Disponible dans quelques heures (le 20/10 pour être exact) sur Steam, je vous partage mon ressenti sur ce titre alliant jeu de rôle, donjon, deck building dans une expérience exigeante, mais plaisante. Flaming Fowl Studio, édité par Asmodee Digital, a su mêler jeu de plateau et jeu vidéo d’une bien belle façon.

Qu’est-ce que Gloomhaven ? Il s’agit d’un jeu de société issue de Kickstarter qui fut un véritable carton avec pas moins de 4 000 000 de dollars récoltés, ayant comme objectif de base « juste » 100 000 $. Je ne sais pas si vous vous rendez compte du truc, 40x l’objectif, c’est dément. Flawing Fowl Studios nous propose ici sa version dans un format vidéoludique exclusif au PC. Si le fond est connu (dungeon crawler), c’est bien la forme qui est originale et fait la force du titre.  

L’hydromel coulait à flots, le tavernier ne cessait de nous ravitailler depuis sa rôtisserie. L’ambiance était à la fête, mais il y avait quelque chose dans l’atmosphère qui n’était pas naturelle. Il y avait comme une odeur de magie ambiante qui rôdait autour de nous. Du coin de l’œil, je remarquais une personne qui nous dévisageait dans l’ombre. Frêle et semblant inoffensive, je décidais de ne pas y prêter attention. Mes compagnons de route étaient trop occupés à se saouler et se remplir la panse pour voir quoi que cela soit. Les heures passaient, il était tard et la fatigue couplée à cette profusion de mets et boissons n’aidait pas à rester sur mes gardes. Il n’en fallait pas moins pour cette ombre s’approche d’un coup et se jette sur la minuscule place restante autour de la table sans y être invité.

« Mais que nous voul… » criais-je. « J’ai besoin de votre aide, aventurier, et vous semblez être le meneur de cette troupe. C’est pourquoi je m’adresse à vous. » « Ne voyez-vous donc p… »  « La récompense sera à la hauteur de votre mission. Vous serez récompensé comme il se doit » « Il fallait commencer par-là ! » C’est ainsi que démarra mon nouveau périple à la recherche de la gloire, mais surtout d’or !

Jeu de rôle oblige, de nombreux textes composent la narration, donnant un maximum d’informations aux joueurs. Le background est riche, complet et offre une base des plus solides à Gloomhaven. On sent que l’inspiration était clairement de la partie lors de sa création. Narrée par une voix off, l’histoire est bien écrite et immerge le joueur dans ce qu’il vit. La campagne nous amène souvent à faire des choix, aussi bien dans nos actions que dans les dialogues, ce qui a un impact direct sur la progression. Il en est de même sur notre groupe qui évolue pendant l’avancée. Le contenu n’est pas en reste avec plus de 100 missions qui n’attendent que nous dans des environnements travaillés et variés, pas loin de 20 personnages jouables et un bestiaire plus que complet. Aucun doute là-dessus, Gloomhaven est un Dungeon Crawler profond, et généreux, en tout point.

Messiers, faites vos jeux

La force, et l’un des attraits véritables, est la composante deck building qui ajoute une grande profondeur au gameplay. Il propose 6 personnages de base, possédant chacun un deck unique et différent. Une notion de leveling entre en compte permettant de gagner en PV, mais surtout de nouvelles cartes. La facette de « building » arrive du fait que chaque héros ne peut porter sur lui qu’un nombre limité de cartes : déplacement, compétences et sorts sont de la partie.

Chaque card possède une capacité sur la partie haute, et la partie basse. Nous pouvons jouer au maximum 2 cartes par tour, et qu’une seule capacité haute, et une seule basse par tour. Vous voyez où je veux en venir ? OK, sur le papier ce n’est pas clair, mais in game on assimile vite le truc. Il va falloir prévoir et anticiper un max nos actions et pas bêtement balancer les sorts les uns derrière les autres.

Quand on n’a plus rien en main, il faut se reposer pour pouvoir récupérer des cartes, mais attention ce n’est pas gratuit. Il faudra sacrifier une carte (c’est définitif, dites bye bye à cette carte…) pour cela ! Commence alors une course contre la montre pour finir les missions le plus rapidement possible, en un minimum de tour afin de ne voir le deck fondre comme neige au soleil. Et ce n’est pas tout, certaines cartes sont même à usage unique ! Difficile dans ces conditions de prendre son temps, fouiller chaque recoin de salle pour les trésors and co, tant le cout de chaque action peut grimper derrière. On agit vite, mais bien, en prenant en compte le cout de nos actions, et les futurs sacrifices inévitables.

Tour 1, prêt, partez

Chaque carte dispose d’un score d’initiative. Au début de la partie, chaque joueur choisi sa première main, influant donc directement l’ordre d’action. À chaque tour, rebelote, on choisit sa main afin d’avoir deux cartes disponibles. Cela donne donc un visu sur ce qui va arriver sur le terrain. Mouvement, attaque, défense, effets et buffs, tout y passe et c’est sans compter sur des modificateurs de dégâts ou des passifs comme des saignements, des affinités élémentaires, etc. Il y a tant de choses à découvrir. Chaque tour devient un vrai casse-tête, où on pèse le pour et le contre pour chaque action.

On est loin du jeu facile où on va chercher à faire du damage sans réfléchir. Oui, on veut en finir le plus vite possible, mais intelligemment et c’est là tout le charme du gameplay de Gloomhaven avec cette facette deck. On sait qu’on va perdre des cartes tôt ou tard, et ce pour chacun de nos personnages, mais derrière on sait qu’il vaut mieux une perte contrôlée que partir au combat tel un feu follet enragé et tout perdre !

Les premières missions laissent des séquelles, on découvre au fil des bastons les ficelles et la profondeur de la formule. Notre groupe de combattants évolue, les decks avec. On dépense notre or chez les marchands sans retenue pour booster notre potentiel combat. Le jeu est difficile, mais non punitif. Réflexion, anticipation et stratégie sont de mises pour y laisser le moins de plume et rempoter la bataille. Et toutes les mécaniques de repos après des quêtes personnelles, et de nouvelles classes à débloquer, entrainent le joueur à continuer sans cesse. Le mélange tactique, tour par tour, et jeu de carte façon Gloomhaven prend et créé une expérience fraiche. C’est affolant de voir à quel point les heures défilent vite en jeu haha.

Une transposition réussie

Il n’est pas forcément simple de prendre un jeu plateau et le coller sur un autre média. Pour le coup Flaming Fowl a réussi son coup. L’interface est fluide, et clean, en reprenant tout l’essentiel du jeu plateau. La lecture du deck se fait bien grâce à des options mises en place faisant le taff. On a accès facilement à toutes les infos nécessaires, sans fioriture. La DA est également de bonne facture, rendant hommage aux artworks visibles sur le jeu de plateau. Les graphismes sont jolis et agréables à regarder. Les textes et les écrits sont de qualité et il y a même une VF prévue par contre à l’heure où j’écris ces lignes elle ne semble que partielle/incomplète/défaillante.

J’ai des #NA affichés à peu près partout dès que je change la langue. Fort à parier que cela sera corrigé très vite (le jeu sort dans 48 heures pour rappel). On s’en sort sans difficulté, l’anglais utilisé étant à portée de tous, mais une localisation complète FR est un grand plus et surtout ouvrirai l’accès à un plus large panel de joueurs. Le doublage assure plus que le minimum syndical et ajoute encore une fois une belle immersion.

Une nouvelle pépite ?

Après avoir réussi un kickstarter avec la manière, Gloomhaven PC semble prendre la même direction. Complet, exigeant, mais plaisant, le mélange des genres fonctionne à la perfection. La transposition jeu de plateau vers le jeu vidéo n’était surement pas facile, mais il s’avère qeu Flaming Fowl Studios s’en tire avec brio. La grande force de Gloomhaven réside dans son gameplay basé sur une feature deck building de qualité et originale. Le contenu est énorme, varié et travaillé. On sent la passion à travers l’expérience jouée et les heures s’enchainent dangereusement devant le PC.

Avec un système de jeu poussé, un roster de personnage inspiré, et des mécaniques huilées, Gloomhaven plaira à tout joueur fan de JdR, de carte et cherchant un gameplay jouissif. Espérons juste que la trad FR arrive vite, et qu’elle soit clean. Difficile de ne pas vous conseiller de vous jeter dedans aujourd’hui. Les étoiles sont toutes alignées pour un lancement réussi.

Laisser un commentaire