Test Rustler PC : un GTA-like médiéval sans filtre

Il y a des jeux qui marquent toute une génération et GTA en fait assurément partie. Véritable phénomène sur PlayStation première du nom, Grand Theft Auto inspire des productions depuis des décennies. Après une période d’accès anticipé, Jutsu Games sort demain Rustler sur PC, Switch, PlayStation 4 et Xbox One. Le titre nous rappelle sans détour les sensations d’antan avec son monde médiéval westcoast fun, bien que répétitif, sans prise de tête ni filtre. 

On incarne Guy, looser alcoolique bagarreur du bourg. Enchainant les emmerdes, il entend parler d’un tournoi chevaleresque dont la récompense est la main de la princesse locale. Manque de bol, il est réservé aux nobles. On va faire tout notre possible pour dégoter de faux papiers, afin de rentrer dans la danse pour remporter le royaume au nez de tous les chevaliers. Guy accumule les petits jobs, diverses et variés, et il faut admettre qu’on tombe vite dans le n’importe quoi, mais c’est justement ce qui fait le charme du jeu. On est recruté par un prêtre qui nous embarque dans un semi-racket pour gagner plus d’argent, des fossoyeurs qui nous payent pour qu’on leur ramène des cadavres et j’en passe. Compter un peu moins de 10 heures pour voir le bout de Rustler.

L’humour omniprésent de Rustler fonctionne plutôt bien. Certes, c’est gras, mais on adore. Le doublage en yaourt, l’absence de censure, c’est sanglant, les rots et pets à foison donnent l’ambiance champêtre dans lequel vit Guy. Pour dire, on peut même balancer des bouses sur les adversaires, ou la populace, etc. Bref, il faut savoir rire de tout pour accrocher à Rustler. Pour une partie des joueurs, c’est des barres à l’état pur, mais c’est clair que tout le monde n’appréciera pas le langage fleuri et l’humour lourd. Chaque dialogue, nom de quête fait sourire.

La liberté est totale au niveau de nos actions. On veut stopper notre progression pour aller ratiboiser les alentours. Commettre quelques larcins ? Pas de soucis. La seule « limite » se situe du côté de la carte, divisée en plusieurs parties qu’on doit débloquer en avançant dans la trame principale. Impossible de sortir de la zone prévue à un instant T. La map est d’ailleurs assez « répétitive » dans le sens où les décors se ressemblent, pas mal de zones sont vides et ne présentent que des champs, mais en même temps, on ne peut comparer un petit bourg paysan d’il y a quelques centaines d’années à un Vice City.

De même les ennemis, et PNJ sont quelque peu redondants. Il est rigolo de voir des panneaux signalétiques comme on le verrait en centre-ville indiquant les directions pour tel ou tel monument, des stops, des feux tricolores, des places de parkings pour nos chevaux. Gare à vous si vous ne le garez pas dans une case, les forces de l’ordre rodent !

Rustler se pose comme le penchant parodique de Grand Theft Auto, en témoigne son nom complet Grand Theft Horse. On reprend la vue asymétrique des anciens opus du voleurs de voitures. En lieu et place des fourgons de police, on retrouve des montures avec gyro. Des ambulances représentées par des chariotes en ville ? Normal ! Pour camoufler son « véhicule », en la peignant comme dans GTA ? Pimp My Horse (tiens, encore un clin d’œil pop culture ici avec Pimp My Ride de X Zibit). Les références du genre sont légion, et c’est toujours avec un sourire au coin de bouche qu’on les découvre. On retrouve la possibilité d’avoir de la musique lors de notre aventure, en embauchant un barde qui va nous suivre H24. Pour changer de musique ? Arrêter ou relancer la musique ? On lui colle un gros pain !

La baston est un élément omniprésent de Rustler. Composé de 16 armes, l’arsenal proposé est varié est plaisant : poing, bâton, épée, arbalète, arme d’hast en début d’aventure et on trouve vite des armes assez déjantées… et attention une émeute qui dérape, qui embarque des civils, c’est juste plus que fréquent, obligeant Guy à fuir, tuer ou mourir… chose qui arrive assez souvent au début en jouant bourrin.

Mais Guy peut se développer en collectant des fers à cheval qui servent ici de points de compétences. 4 arbres de talents sont disponibles, amélioration tout ce qui est commerce/social, la baston, les armes distantes ou encore l’équitation. Pour les localiser, il suffit de se balader et fouiller un peu partout pour mettre la main dessus. Le gameplay est certes classique, mais cela fait le café et on se prend vite au jeu du pecno bouseux qui veut devenir lord. La production de Justu Games est loin d’être moche quand on replace le contexte de son budget, ses ambitions et son prix. Son style cellshading matche bien à l’ambiance.

Soyons clair, Rustler n’a rien du GOTY AAA Blockbuster attendu par la plèbe depuis des lustres. Mais cela ne l’empêche pas de remplir le but premier d’un jeu vidéo : nous divertir et procurer du fun. Car oui, rappelons-nous ce qu’est le but de notre hobby ? Tout le monde n’appréciera pas l’humour gras, et lourd, mais pour ma part cela fonctionne. Manette en main, on s’amuse sans chichi. Une technique correcte, un gameplay classique, mais qui fait ses preuves, des situations lolesques, et on ne voit pas les quelques heures passées sur Rustler. Au final, on accompagne avec plaisir Guy dans son périple. Pour les sceptiques, pourquoi ne pas lancer la démo dispo sur Steam ?

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