Stratégie, roguelike, univers naval saupoudré de fantasy : tel est le programme proposé par Reclaim the Sea, sorti il y a quelques jours, le lundi 14 juillet pour être plus précis. Derrière ses apparences pixel se cache un titre original au fort potentiel, qui nécessite toutefois encore un peu de peaufinage. Disponible à moins de 10 euros jusqu’au 24 juillet, il mérite le coup d’œil, et soyons chauvins, c’est un jeu français en plus.
Reclaim the Sea est une production du studio 1LastGame qui nous transporte dans un univers de piraterie, de fantasy et de steampunk. Le joueur y doit mener son équipage à travers des mers dangereuses afin de sauver le monde. Sur le papier, cela semble assez classique, mais c’est manette en main que la surprise opère, à commencer par l’identité visuelle du titre. Avec une direction artistique classique dans l’univers du pixel, on pourrait croire être plusieurs décennies en arrière, avec un rendu certes basique, mais réussi et séduisant. C’est agréable à regarder, et les animations et sprites sont plutôt convaincantes.
Les mécaniques standards du rogue sont toujours de la partie : un niveau à finir, le choix de la prochaine destination, la rencontre d’ennemis ou de marchands, des récompenses pour améliorer notre personnage (ici notre équipage et navire), des points de vie qui ne remontent pas facilement et qui nous rapprochent de la défaite à chaque dégât, un boss de fin et la nécessité de recommencer la progression de zéro si l’on meurt. Ce qui change, c’est clairement l’expérience manette en main : les niveaux sont soit des rencontres amicales avec des PNJ marchands en tout genre, soit des navires ennemis avec lesquels il faut faire parler la poudre ! J
Le combat commence et le jeu se met en pause : le joueur choisit quel personnage se trouve derrière chaque canon, à la barre etc et quelle zone sera visée, sachant qu’il peut positionner chacun de ses pirates où il le souhaite. Il faut également prendre en compte la distance qui sépare les deux navires, si on aborde ou non, etc. Ensuite, la bataille commence et on peut admirer (ou non) l’adversaire couler et périr en donnant de nouvelles directives en live. Bien entendu, il faut composer avec de nombreux aléas : on rate nos tirs, l’ennemi est plus rapide, la différence de puissance de feu, des incendies à éteindre, etc. À chacune de nos actions aggressives, notre niveau de menace augmente, ce qui augmente également les « chances » de se faire attaquer par la faction des défenseurs de la liberté du coup on tente la discrétion mais ce n’est pas toujours simple d’autant que notre équipage a des besoins parfois trouvables que sur un ennemis….
Une fois la bataille terminée, la victoire nous octroie différentes ressources : de l’argent, de la nourriture, du bois et des munitions. L’argent sert lors des rencontres avec les marchands, la nourriture est consommée durant les traversées, le bois est utile pour réparer le navire et les munitions sont nécessaires pour combattre. Les marchands proposent notamment de l’équipage supplémentaire (pour déléguer plus de tâches), de nouveaux canons plus puissants, des cales supplémentaires pour activer de nouvelles fonctions, améliorer les statistiques du bateau, etc. Du coup, on voit vite que sans aller piller d’autres navires, dur dur d’avancer ou survivre…
Une fois notre première victoire acquise, une carte navale s’affiche avec plusieurs destinations possibles dont on ignore la difficulté des combats à venir et plus la distance est loin, plus cela consomme de bouffe (le cercle vicieux). La carte montre plusieurs navires adverses, des marchands, etc. À nous de choisir ce que l’on fait, tout en gardant à l’esprit la destination finale. Sur le fond, il s’agit d’un rogue assez classique, mais la forme fonctionne plutôt bien et est bien transposée dans l’univers des pirates.
Le début de l’aventure peut paraître un peu rude, car plusieurs mécaniques ne sont pas expliquées ; on découvre parfois un peu sur le tas, mais on se prend au jeu et on enchaîne les parties. On teste pas mal de choses, on perd, on recommence, et on finit par apprendre de nos erreurs pour réussir notre prochaine expédition et atteindre notre but final (ou du moins s’en rapprocher). Il n’y a pas vraiment de système de progression récompensant l’échec par contre, hormis l’expérience du terrain, ce qui change aussi pas mal la donne par rapport aux autres rogues du marché. C’est parfois un peu difficile et punitif, mais en dehors de cela, c’est assez amusant et son petit prix est assurément un bon point.