Hunter X Hunter me rappelle mes années lycée, quand je me rendais à Kao Bang, le lieu où l’on pouvait lire et acheter des mangas à Strasbourg à la fin des années 90 et au début des années 2000… Je ne rajeunis pas en voyant mon fils de 11 ans s’intéresser à la licence, lire les livres et regarder l’anime. Quoi de mieux pour replonger moi aussi dans cet univers fascinant que de me lancer dans le nouveau titre de la licence ? Hunter X Hunter Nen X Impact, développé par Bushiroad et Eighting, un nom déjà apparu sur les crédits d’anciens titres comme Bloody Roar, certains Bleach, ou encore Marvel VS Capcom 3… autant dire que le VS Fighting en 2D, ils connaissent. Même si le budget disponible ne semble pas avoir été à la hauteur de la licence, on aurait espéré un titre plus complet et plus poussé sur plusieurs points.
Hunter X Hunter a eu droit à deux animes : une première version, la plus ancienne, et une réédition il y a près de 15 ans, et c’est sur ce modèle que s’est basé Nen X Impact. Ne tournons pas autour du pot : j’ai pris une douche froide dès le début. Si les personnages disposent d’un rendu satisfaisant et d’animations assez correctes, le rendu global est desservi par des arènes qui ne sont pas dignes d’une génération actuelle, avec peu de détails sur l’arrière-plan et aucune vie. Même avec un budget serré, il y avait sûrement moyen d’insuffler un peu plus de vie à Nen X Impact. Ce manque d’âme se ressent également dans les attaques de nos combattants, qui manquent de punch, et dans la mise en scène bien trop légère. Tout cela manque d’explosivité, restant assez plat et fade. J’étais pourtant tellement hypé par le titre, j’aurais dû l’essayer l’an dernier à la Gamescom, mais comme j’étais bloqué du dos, j’ai dû annuler… Du coup, je me suis lancé pour la première fois il y a une dizaine de jours, et c’est une petite déception. Le fiston, lui, s’y retrouve, il aime voir ses personnages prendre vie dans l’arène. Suis-je devenu trop aigri avec l’âge, trop exigeant ? Je ne saurais le dire (c’est sûrement un peu vrai, il y a une insouciance et un plaisir simple que beaucoup d’entre nous ont oubliés et que les plus jeunes ont encore, la chance!), mais je m’attendais à mieux pour une licence aussi forte et iconique.
En voyant une mention d’Arc System, beaucoup ont sûrement pensé à la prestation du studio sur les derniers DBZ, mais ici, il n’est présent qu’en tant qu’éditeur. Le titre a eu droit à un budget plus serré, mais je reste persuadé qu’il y avait mieux à faire. Cela va même plus loin avec l’absence d’une OST officielle, par exemple. Et le mode histoire ? Des vignettes fixes, pas de cinématiques, pas de doublages, juste des bruitages… Un habillage vite fait bien fait pour faire un résumé des arcs principaux, présenter le roster et donner les bases du gameplay. Sans réellement s’attarder sur l’histoire, pourtant digne d’une vraie story de titan !










Côté contenu, Nen X Impact propose 16 combattants et 10 arènes, aucune ne m’a réellement marqué. Pour un jeu de combat classique, 16 combattants est dans la moyenne haute, mais en gardant à l’esprit que Hunter X Hunter Nen X Impact est un jeu de combat en 3 contre 3, c’est déjà un peu plus chiche. Le choix des combattants est assez discutable pour le day one, avec l’absence de certains avatars assez importants ou visibles dans l’histoire… et leur absence du casting implique leur « oubli » dans le mode histoire. En réalité, ce mode prend plus la forme d’un tutoriel géant illustré, rien de plus. Oubliez son nom de mode « histoire », car il oublie trop de choses de la trame HxH. Outre le mode histoire, on retrouve les traditionnels mode Time Attack ou combat libre, contre l’IA, un autre joueur en local ou en ligne. Du classique, mais suffisant. Enfin, le mode survie vous demande de gravir 31 étages d’une tour, avec des combats de plus en plus difficiles, et débloque un second mode qui propose un défi de taille. C’est assez gratifiant à faire et cela procure beaucoup de plaisir en solo.
Concernant le gameplay, Hunter x Hunter : Nen X Impact propose deux approches : la traditionnelle, qui consiste à enchaîner des combos en apprenant les bons timings, les bonnes combinaisons et les bonnes manipulations pour déclencher les attaques spéciales, et un mode dans lequel on ne spamme qu’une touche en boucle pour déclencher des combos primaires, mais efficaces. On avait déjà vu cela dans plusieurs jeux de combat ces derniers mois, une tendance qui vise à rendre ces titres « accessibles » à un public non averti et à permettre à chacun de s’y retrouver. Sinon, il y a trois coups de base (faible, moyen, fort) à enchaîner dans le bon ordre selon des combos définis en jeu, avec parfois une ou plusieurs directions, des dashs au sol ou en l’air, des attaques Nen, des Arts, des stances, etc. En mode manuel, c’est assez complexe, sachant qu’on peut changer de personnage assez facilement pour continuer certains enchaînements. Chaque personnage dispose de sa propre barre de PV, et le but reste bien sûr de faire descendre les trois combattants adverses. Réussir ses premiers gros combos procure une certaine satisfaction, tout comme remporter ses premiers combats en ligne. La courbe de progression m’a semblé plutôt bien ficelée.
Manette en main, la recette reste relativement efficace : c’est dynamique, les coups pleuvent et les combats s’enchaînent bien. Toutefois, visuellement, il y aurait pu y avoir tellement plus, ne serait-ce que lors du déclenchement des capacités les plus puissantes avec un truc qui te fait te lever de ton fauteuil, vivant la scène. La base du gameplay est là, et c’est sûrement le plus important, mais l’habillage pêche clairement, et forcément, cela impacte notre ressenti au moment de tirer le bilan final, surtout quand on sait que des DLC sont déjà prévus. Le combat est bon ? Oui. Le jeu mérite-t-il ses 60 euros ? Je suis déjà plus mitigé, car tout le reste manque de liant et de consistance, à la hauteur de ce dont a le droit de prétendre HxH.