Dans Wildgate, on n’incarne pas un héros. Ni un soldat. Ni un sauveur. On est juste… un navigateur. Un survivant. Un voyageur qui a franchi une porte mystérieuse perdue dans le vide, dans l’espoir de trouver quelque chose. On ne sait pas trop quoi. Une richesse ? Une réponse ? Une issue ? Ce qu’il découvre, c’est un labyrinthe d’îlots spatiaux désorientés, d’épaves flottantes, de stations abandonnées, de fragments de civilisations perdues… et d’autres joueurs. C’est là que la vraie aventure commence.
Wildgate, c’est la liberté en vaisseau. Tu apparais dans une zone instable et fragmentée avec ton vaisseau de fortune. Seul ou en petit groupe, tu décides de ton rôle : fouiller les débris ? Scanner des énergies ? Chasser un artefact rare ? Préparer une expédition vers un champ de ruines gravitationnelles ? À toi de voir. Mais attention, tu n’es jamais seul. D’autres équipages rodent, avec leurs propres objectifs. Parfois, ils coopèrent. Parfois, ils t’attaquent sans prévenir. Et parfois, ils te laissent un message, une balise ou une trace. Les zones que tu explores évoluent constamment, pas seulement dans leur forme, mais aussi dans leur gravité, leurs ressources et leurs dangers. Certains secteurs sont paisibles, presque contemplatifs. D’autres sont saturés d’astéroïdes, infestés de drones hostiles ou perturbés par des phénomènes cosmiques étranges où le danger n’est pas toujours visible. Et au cœur de tout cela… des portes. D’autres Wildgates. Parfois fermées. Parfois instables. Elles ne mènent pas toutes au même endroit. Et certaines ne mènent nulle part.
Côté gameplay, le titre dispose de plusieurs avatars, disposant chacun d’avantage : pas de consommation d’oxygène, se téléporte au vaisseau plus rapidement, etc offrant différents avantages dans l’espace. Wildgate se joue en vue FPS et pourrait, sur son approche, faire penser à Sea of Thieves avec un jeu solo ou en équipage de plusieurs, à bord de notre vaisseau et direction l’espace. Le but ? trouver l’artefact rare et réussir à le conserver et partir de la faille avec. Plus simple à dire qu’à faire. Si c’est jouable solo, c’est bien entendu à plusieurs que c’est le meilleure. La prise en main des différentes commandes ne se fait pas sans douleur, nécessitant parfois de découvrir un peu par soit-même comment fonctionne certaines mécaniques. On utilise la balise, on scanne les environs et on décide de notre prochaine destination. On passe aux commandes de notre engin, on évite les astéroïdes, on se déplace lentement et cela manque parfois un peu d’ergonomie. Il faut dire que tout se joue en vue FPS et le pilotage ne fait pas exception, sans possibilité d’avoir une vie libre, éloignée, pour se repérer.
Arrivé à destination, il est l’heure de sortir et aller dans l’espace. Tu as laissé la porte du vaisseau ouverte ? Tu es dans l’espace ? ou une structure externe ? Gare à la conso d’oxygène. Pieds à terre, on détecte la présence d’un ennemi et pour cela il va falloir tous le éliminer pour accéder aux différents butin : richesse, amélioration pour l’une de nos tourelles, munitions ou carburant car oui, la vaisseau n’a pas accès à des ressources en illimitées. Sans gasoil, pas de mode boost, sans munition, pas de tir dans l’espace etc. Tu ressens bien les effets du champ spatial, le poids de ton chargement et l’état de ton carburant. Certains vaisseaux sont rapides, d’autres robustes ou furtifs. Mais quand ton cockpit se met à vibrer, que les voyants passent au rouge et que la radio se tait, tu sais que tu n’as que quelques secondes pour réagir. Fuir, coopérer ou plonger dans la mêlée : c’est souvent à ce moment-là que tout bascule et que ton coéquipier devient mécano de fortune (merci le multi outil pour colmater les brèches, éteindre les incendies etc) pour réparer les dégâts en urgence. Dans une ruine ? les bastons prennent la forme d’un fps alors qu’au bord du navire, on alterne entre les tourelles et canons disposés tout autours de notre vaisseau.
C’est là que Wildgate surprend. Tu croises de vrais joueurs, mais en petit nombre. Chaque rencontre devient donc un moment unique. Si on devait catégoriser Wildgate, ce ne serait ni un pure shooter, ni un BR, pas vraiment un extraction ni un pure Sea of Thieves like car ce n’est pas un monde persistant, mais bien via un run, lancé, avec matchmaking et un farming le temps que la porte de sorti n’est pas ouverte, car n’a pas détecté LA récompense rare du coin. C’est un jeu d’observation, de tension et de lecture de l’autre. Parfois, tu tombes sur une équipe bienveillante. Vous coopérez, vous vous répartissez les tâches et vous explorez ensemble une station instable. Mais il arrive aussi qu’un joueur te trahisse à la dernière seconde : il coupe les moteurs, te laisse dériver dans le silence et s’enfuit avec ta cargaison. À l’inverse, il peut arriver qu’un inconnu devienne ton copilote fidèle pour plusieurs sessions. Ces moments sont rares, mais précieux. Et tout cela va avec une dimension de leveling, montée en niveau, déblocage de nouveaux agents, vaisseaux ayant chacun des forces mais aussi faiblesses dans une formule clairement pensée multi, coopération mais aussi concurrence. On retrouve, sinon, un cash shop mais basé uniquement sur de l’esthétique ainsi que des passes de saisons, des objectifs et défis journaliers et ainsi de suite. Côté contenu, on attendre de voir comment le studio va abreuver les joueurs de nouveautés, un plan étant déjà dessiné, comme en parle Gh0st.

















Graphiquement, Wildgate mise sur l’ambiance. Pas d’explosions criardes ni d’effets tape-à-l’œil. L’espace est vaste, sombre et mystérieux. Les Wildgates sont superbes : immenses, presque vivantes. Mais tout n’est pas parfait. On aurait apprécié davantage de variété dans les environnements. Lors de nos parties, nous avons rencontré à plusieurs reprises les mêmes décors intérieurs de vaisseaux abandonnés, avec des scripts d’IA identiques pour les évènements (vaincre trois vagues pour ouvrir la porte du loot ? les trois vagues sont au même endroit, composé des mêmes ennemis etc). Cela reste rare mais à la longue, cela casse un peu l’immersion tout de même. Le sound design est maîtrisé : pas de musique envahissante, mais des pistes sonores discrètes, des sons étranges et rares, ainsi que des silences lourds. L’immersion fonctionne. Tu te sens isolé, mais jamais seul.
Wildgate n’est pas fait pour ceux qui recherchent de l’action immédiate ou un scoring permanent. C’est un jeu d’exploration, d’attente, de perte et de connexion. Un jeu qui récompense la patience, l’attention et l’implication. Lent parfois. Magique souvent. On y joue pour explorer. Pas pour briller. Et une fois la première porte franchie, on veut comprendre ce que cachent tous les recoins de ce grand inconnu. Mais attention, si la promesse est séduisante au départ, elle peut aussi déconcerter. Il faut s’accrocher et s’impliquer pour vraiment maîtriser son vaisseau et partir à la chasse aux artefacts, et surtout avoir des amis prêts à investir quelques euros. Le pick up reste possible mais c’est mieux avec un groupe régulier.