S’il y a bien un éditeur qui enchaine en ce moment, c’est Square Enix entre nouvelles IP, suites, remakes/remasters et portages. Après une sortie remarquée sur Switch début d’année (on a unbox l’édition limitée ici-même), l’excellent Triangle Strategy a atterri sur PC il y a quelques jours. Le tactical-RPG au look rétro HD-2D est assurément une pépite à ne pas louper !
Triangle Strategy prend place dans un univers heroic-fantasy où trois maisons, après des années de guerre pour une denrée rare — le sel, connaissent une paix fragile. Tout un « contrat » se met en place pour l’exploitation et le partage de cette richesse, où chaque famille a sa part du marché et cela fini même avec un mariage entre les enfants de deux de ces entités : Serenor et dame Frederica. Comme on s’en doute, rien ne se passe comme prévu et à la façon d’un Games of Thrones (c’est à la mode avec House of Dragons de mentionner cette série haha) il est question de trahison, complot, loyauté, amitié, meurtre et j’en passe. La narration et la trame de Triangle Strategy (triangle, car on est sûr du triparti) assurent le point fort de la production de Square Enix. Sur la quarantaine d’heures nécessaire pour voir le générique de fin, on est tenu en haleine avec l’envie de toujours en voir plus, découvrir la suite des évènements tant c’est riche, complet sans tomber dans le complexe inutile.
Certes, le rythme s’en ressent, car le jeu est très verbeux avec de nombreuses phases narratives « longues » entre les batailles, mais avec un scénario solide de la sorte, et surtout qui nous intéresse fortement, on ne le ressent finalement pas. Le début du périple peut donner une impression de passer sous la vague tant on accumule des informations rapidement sur le contexte actuel et l’intégralité des intervenants, leurs relations et liens, mais le tout ralenti ensuite pour privilégier la qualité de mise en scène et dérouler sa trame au fil de l’eau. Chapeau à Square Enix pour avoir réussi à créer, encore une fois, un univers qui réunit à la fois tout ce qu’il faut pour fédérer les joueurs, leur donner envie de s’investir et de dévorer tout ce qui touche au lore.










Le sel au cœur du monde
L’autre force de Triangle Strategy est le système de choix inclus dans la formule, imbriqué efficacement et intelligemment. À de très nombreux moments, la morale de Serenor est mise à mal l’obligeant à prendre des décisions pouvant avoir un impact direct sur la construction et progression de l’histoire. Respecter un pacte ou le casser ? Aider un ami dans le besoin ou assurer la mission et laisser un ami à une mort assurée ? Cela modifie les alliances, les amitiés et même sur la fin de l’aventure.
Les décisions se basent sur trois axes : pragmatisme, éthique et liberté. Là où Triangle Strategy est malin, c’est qu’on ne sait jamais à quelle branche est liée notre décision (un tooltip indique qu’une conviction s’est renforcée quand c’est le cas, mais c’est tout). On se base sur notre propre idéal, ou ce qu’on pense en adéquation avec nos pensées, mais pour le coup, on ne sait vers quelle fin on se dirige et c’est d’ailleurs cette facette qui est un véritable carton.
À plusieurs moments, Serenor consulte sa troupe, ses compagnons pour avoir leurs avis, mais là aussi on peut essayer d’influencer un vote ou l’autre vers ce qu’on veut faire (sans garantie de résultat à chaque fois). Démocratie en façade, mais comme souvent c’est tout un jeu de taquin se met en place en fond et on se retrouve encore une fois dans un mode de fonctionnement façon GoT et consort. Cela faisait longtemps que je n’avais pas été happé de la sorte point de vue scénario dans un RPG. C’est addictif à souhait, j’adore !
Un gout de revenez-y
Côté gameplay, Triangle Strategy fait dans le « classique, mais efficace ». Les personnages agissent tour à tour, dans un ordre prédéfini au lancement de la bataille, en se déplaçant sur une grille selon leur capacité. Chaque avatar possède ses caractéristiques, ses compétences avec la reprise des différentes classes habituelles du genre : chevaliers pour jouer le rôle du tank, des damage dealers ou assists distants comme des mages ou archers devant gérer la portée des sorts et attaques, etc. Le level design de chaque carte pousse à optimiser le placement avec les archers en hauteurs, les distants fragiles proche d’un élément pour casser les lignes de vue et j’en passe. L’environnement sert lui aussi à élaborer nos stratégies pour profiter des éléments comme l’eau ou le feu pour ne citer qu’eux.
On découvre tout un tas de subtilités qu’on utilise pour arriver à nos fins. Triangle Strategy reprend les musts have de ses prédécesseurs, il n’invente pas grand-chose au final, mais s’inspire des meilleurs pour servir un condensé, sorte de menus maxi best of du TRPG et il le fait bien ! Niveau customisation par contre, Triangle Strategy joue un peu la fine bouche et ne permet pas d’empiler autant d’options que mon must have du genre FF Tactics par exemple. On level up nos héros qui gagnent des points de compétences lors de la prise de niveau. On a moyen d’aller en peu plus en profondeur plus tard grâce à quelques items au niveau des classes, mais cela reste très basique. La prise en main est rapide, simple, pour se lancer avec des affrontements demandant tout de même de la tactique et réflexion pour mettre en place notre stratagème efficacement. Ce n’est pas punitif, mais enchainer des mauvais choix peut être fatale ! Vous cherchez un peu de challenge ? Il suffit d’activer le permadeath et le tour est joué.
Un camp de fortune en HD
Entre chaque saynète et élément narratif, on se retrouve sur la map monde d’où on peut lancer une mission, principale comme annexe, ou tout simplement accéder à notre camp. Il s’agit de l’emplacement dédié à l’achat d’équipement, ou aller monter les personnages secondaires un peu plus bas level via du contenu annexe et j’en passe. La partie loot et équipement reste très légère et aurait gagné à être bien plus poussée (où sont les armes ?). Après, on se retrouve au final challengé via nos actes en bataille plutôt que sur notre stuff (mais il faut avouer qu’on découvre des compos qui permettent de rouler plus aisément sur les combats qui nous attendent).
Le passage sur PC est un pas en avant non négligeable pour Triangle Strategy. On gomme le léger aliasing présent sur Switch mais surtout le framerate gagne avec un 60fps solide. La version Switch est ultra propre, qu’on s’entende bien là-dessus d’autant que le jeu n’est pas gourmand avec son look 2D-HD, mais on gagne surtout en confort. La bande-son quant à elle est toujours au top que cela soit dans l’ambiance générale, ou les thèmes épiques proposés durant l’aventure ! Bref, une version irréprochable de ce côté-là. Qui dit jeu Steam aujourd’hui dit essai sur le Steamdeck et Triangle Strategy apparait bien comme étant full compatible (non étonnant, le jeu étant d’origine sur Switch). C’est un sans faute!
Les mois et années passent et Triangle Strategy est aujourd’hui grosso modo disponible quasiment partout. Après un passage sur VR remarqué avec un portage XXL et immersif à 200%, sur Quest**, le TRPG star de Square Enix débarque à présent Xbox Series et Playstation 5. Testé sur cette dernière durant quelques heures, la version est parfaite. A l’image du build PC, la version console de salon gomme toutes les « imperfections » de la version Switch d’origine. Image soignée fluidité boostée, tout est présent pour que chaque joueur profite à présent pleine de l’expérience. Plus aucune excuse pour faire l’un des meilleurs tactical RPG du marché, et ce depuis une paire d’années. Pour l’occasion en plus, le titre est en promo, à 41,99 sur le PSN Store et Xbox Live !
** La version VR est surement, au final, celle que j’ai préféré avec une prise en main de fou, et un gameplay au plus proche avec le plateau entièrement déplaçable sous nos yeux, on « zoom » en approchant la table de jeu etc et visuellement les effets de sorts et tout le tralala sont tout simplement exquis sur ce support. En plus, elle ne coute que 29,99 euros sur le Meta Store.
Fana de T-RPG depuis l’ère Playstation première du nom, je cherche mon nouveau maitre depuis Final Fantasy Tactics. Il y a bien eu quelques titres qui m’ont interpellé, mais jamais au même niveau de satisfaction finale (la nostalgie parle surement, mais l’ayant refait il y a quelques mois, le tout reste toujours aussi magique pour moi). Triangle Strategy se place sans contexte comme l’unique prétendant au titre. Oui, on aurait aimé une facette RPG plus profonde ou complète, mais le gameplay (bien que « classique » sur les grandes lignes) est efficace et la narration est tout bonnement divine. Que cela soit l’univers créé, les contextes présentés, la mise en scène et le système de choix, il n’y a rien à jeter et la direction artistique en 2D-HD (qui revient en force) est sublime.
J’ai adoré faire Triangle Strategy sur Switch et j’ai encore plus aimé la version PC qui est un poil au-dessus en termes de confort avec une compatibilité Steamdeck avérée. Bref, Triangle Strategy est un must have pour tout fan de (T) RPG !













