Au milieu de tous ces AAA et gros titres de cette fin d’été, se glissent quelques petites perles : des jeux sans prétention qui savent pourtant nous ravir et nous procurer un plaisir non dissimulé, manette en main. The Knightling en est assurément l’un d’entre eux. Ce second jeu de l’éditeur néerlandais Twirlbound nous plonge dans un monde coloré et enchanteur pour une aventure palpitante. Édité par Saber Interactive, The Knightling est le genre de jeu qu’on aimerait voir bien plus souvent.
L’action se déroule dans un monde médiéval fantastique où Sir Lionstone est une figure emblématique de son royaume. C’est en effet lui qui a débarrassé Clesseia de la menace des Tellureux, des créatures aux pouvoirs maléfiques, grâce à un équipement rare forgé à partir de callyrium, un minerai capable de vaincre ces créatures. Le joueur incarne le jeune écuyer de Sir Lionstone (dont le charadesign est parfaitement adapté à son nom, soit dit en passant), qui l’accompagne lors d’une mission de reconnaissance. Mais en chemin, un Tellureux refait surface ; Lionstone se lance alors à sa poursuite et disparaît mystérieusement. L’écuyer ne retrouve que le bouclier légendaire de son maître. Il décide alors de retourner en ville pour prévenir la cité de leur malheureuse rencontre en pensant revoir le chevalier mais il n’en est rien. L’histoire nous emmène alors dans un voyage palpitant durant lequel l’écuyer part à la recherche de son maître, gardant avec lui le bouclier emblématique nommé Magnustego, doté de très nombreuses capacités et pouvoirs, et au cœur du gameplay de The Knightling.
De nombreuses petites choses sautent aux yeux dès le début, à commencer par le héros lui-même, car même ce terme est déjà bien trop grand. L’écuyer est un jeune homme qui ne possède aucun pouvoir ni talent de combat ; il accompagnait simplement son chevalier pour accomplir les tâches ingrates, comme activer un interrupteur pour ouvrir une porte ou porter ses affaires. Mais dès le tutoriel, on voit que sa petite taille, son poids plume et surtout son intelligence sont ses armes à lui, et il se sert de ces facultés pour s’en sortir. Des ennemis à combattre ? Oubliez la force surhumaine, le maniement de l’épée ou toute autre arme. Il tient ce bouclier démesuré et lourd pour lui et s’en sert avant tout pour se défendre, et peut-être un peu plus ensuite, mais rien d’exaltant. Ce bouclier va d’ailleurs devenir son meilleur ami pour l’aider à se sortir de situations bien plus complexes que de simples mêlées, grâce à des améliorations réalisées par le forgeron du village. Il faut actionner un mécanisme en hauteur ? Pourquoi ne pas le projeter ? Une descente à prendre à toute vitesse ? Allez, on active le mode luge, et ainsi de suite. En somme, Magnustego devient l’objet à tout faire, la solution à tous les problèmes pour sortir l’écuyer d’une mauvaise passe, lui débloquer un passage, etc. Encore faut-il bien analyser la situation et utiliser cet objet intelligemment.















Caché derrière son bouclier, l’écuyer peut bloquer, parer et déstabiliser l’ennemi, voire l’étourdir, ce qui lui permet de porter quelques coups (une seule attaque est disponible, enchaînée). Sur le papier, la formule n’est pas complexe, mais une fois la manette en main, elle se révèle plus exigeante qu’attendu, avec un personnage fragile, loin d’être un guerrier invincible. Il doit donc tout faire pour éviter les assauts adverses et s’y reprendre à plusieurs fois pour remporter une victoire. La bagarre n’est pas la seule composante du jeu, qui propose également de l’exploration et de nombreuses énigmes basées sur la technologie tellurique, ainsi que des mécanismes à activer. Mais tout cela est assez intuitif : il suffit de prendre le temps d’analyser l’environnement qui nous entoure. C’est là que le jeu de plateformes intervient, avec de nombreux passages où l’agilité et l’habileté de l’écuyer sont mises à contribution, ainsi que le bouclier. Une petite couche de RPG existe bel et bien, principalement dédiée à Magnus, notre bouclier, avec le renforcement de ses statistiques et capacités, de nouvelles options d’utilisation ainsi que des gravures lui conférant de petits bonus. C’est simpliste, mais suffisant pour ce titre.
Comptez une douzaine d’heures pour terminer The Knightling, avec une narration captivante et un monde séduisant, et quelques heures de plus si vous souhaitez compléter le contenu secondaire et fouiller pour trouver les trésors cachés. Sans qu’on s’en rende compte, le jeu est déjà terminé tant on était absorbé. On y traverse des mondes colorés et des décors splendides ; la direction artistique est tout bonnement magnifique. Le tout offre une aventure rafraîchissante, loin des classiques, avec un héros et un contexte particuliers. La narration est également bien menée et nous tient en haleine jusqu’à la fin. On s’attache à l’écuyer, on se prend d’affection pour lui et on vit cette aventure à ses côtés, dans un ton mêlant sérieux et humour, tout simplement extraordinaire. Il est cependant regrettable que le monde se montre parfois vide, ne contenant pas suffisamment de choses pour donner envie de fouiller en profondeur cet univers si chatoyant.
Avec son histoire qui s’éloigne du héros surpuissant sauveur de monde, l’univers de The Knightling est enchanteur et fédérateur. C’est un véritable plaisir de parcourir ce petit bout de chemin avec l’écuyer, un personnage si attachant, et de vivre une épopée magique. Le gameplay est plaisant, les mécaniques sont intéressantes et le bouclier, au centre de l’expérience, est bien intégré. Je n’en attendais rien de spécial, même s’il me faisait de l’œil depuis son annonce, et je pensais y trouver un jeu sympa, mais rien de plus. Finalement, j’en ai eu un véritable coup de cœur. Après un tel voyage, on ne peut que souhaiter le meilleur à Twirlbound, qui nous offre une expérience forte et tellement belle avec The Knightling.