12 février 2026

Avis Clawpunk : ronrons, néons et action déchaînée

Clawpunk, c’est un peu un saut dans le passé avec une esthétique rétro, une ambiance oldies pour un retour dans les années 80/90, dans un titre mêlant plateforming à l’ancienne et touches modernes, le tout dans une ambiance cyberpunk féline. Il ne faut que quelques secondes pour se retrouver dans l’ambiance de ma toute jeunesse, où l’essence de ces fameux platformers avec des niveaux denses, une réactivité de contrôle typique et la nécessité d’analyser le timing de chaque mouvement ennemi et de leurs capacités, où chaque saut se jouait parfois au millimètre près. Tout se jouait à la justesse. Chaque pixel de Clawpunk me rappelle cette époque des consoles 8/16 bits, et même plus tôt quand j’ai fait mes premiers pas sur le C64 de mes parents, puis plus tard sur mon Amiga, et cela se ressent aussi dans la partie sonore, jusque dans les effets.

Mais Clawpunk ne se base pas uniquement sur la nostalgie, en apportant un peu de modernité dans la fluidité des animations, la progression, la gestion de notre avatar et certaines mécaniques clairement plus dans l’ère du temps que dans celle des années 90. Chaque ruelle de Feral City appelle à l’exploration et à aller en découdre. Clawpunk propose plusieurs chats fighters jouables, offrant chacun leurs propres statistiques mais aussi des styles différents. Les bastons mélangent corps à corps et distance, avec un habile mélange de ressenti old school en version affinée, couplé à la destruction des décors, avec une prise en main que l’on pourrait juger à mi-chemin entre les sensations d’antan, mais dont certaines lourdeurs sont clairement allégées et raffinées. C’est comme si Clawpunk tentait de gommer ce qui pourrait paraître un peu plus archaïque aujourd’hui, afin que seule la partie agréable de nos souvenirs subsiste.

La progression se fait au travers de quatre zones principales, offrant toutes une certaine liberté, inhabituelle dans les jeux rétro, avec un soupçon de Metroidvania dans l’approche. On alterne exploration et affrontements tactiques, et la recette prend plutôt bien pour le coup. L’action est fluide, dynamique, et l’ambiance qui règne dans chacun des niveaux affiche un certain équilibre entre chaos et lisibilité. Au gré de notre avancée, notre héros récolte des cartes qui modifient ses capacités, rendant chaque run assez unique, avec de nombreuses combinaisons possibles entre la presque dizaine de chats jouables et la multitude de cartes à collecter et équiper. De ce fait, la rejouabilité est plutôt poussée grâce à cette customisation avancée, loin de ce que l’on avait l’habitude de trouver dans ce genre de titres rétro, souvent à l’opposé, avec un contenu que je qualifierais de linéaire et prévisible quand on enchaînait les runs.

Forcément, quand, en 2020 passé, on annonce son titre comme étant un hommage au rétro, la direction artistique joue un rôle central dans l’ambiance que l’on souhaite créer, et dans le cas de Clawpunk, c’est plutôt réussi. Que ce soit l’esthétisme pur, mais également la bande-son très rétro new wave / synthwave, accompagnée de gros riffs gras et saturés, l’atmosphère replonge de quelques dizaines d’années en arrière, mais avec, comme noté, un peu de confort en fond pour adoucir l’expérience et la rendre plus agréable aujourd’hui.

Là où Clawpunk modernise vraiment son approche, c’est dans l’évolution du personnage et la synergie entre les outils à disposition pour l’améliorer, notamment les cartes évoquées précédemment et la liberté qui va avec l’ensemble. Les runs sont moins linéaires et répétitifs (même si, sur certains aspects, cela persiste) grâce à ces mécaniques, et la liberté d’explorer, dans l’ordre souhaité les zones, apporte aussi un peu de sang neuf. Le combat conserve l’idée des jeux anciens, avec ce combo de gestion du timing et des patterns qui faisaient le sel des platformers rétro. Il faut toujours cette dextérité pour survivre et vaincre, parfois rageante par le passé quand on se loupait d’une demi-seconde, mais l’ensemble, tout en restant exigeant, offre un peu plus de malléabilité, rendant le tout plus digeste avec des animations plus fluides et soignées, moins mécaniques. Ce n’est pas facilement descriptible, mais c’est un mix entre nostalgie, rétro et vibe à l’ancienne, tout en laissant transparaître que Clawpunk n’est pas que cela…

On pourrait assimiler Clawpunk à un pont entre générations… Il parlera forcément aux joueurs de la quarantaine comme moi, avec une formule ramenant à la toute jeunesse sans pour autant rechigner à des mécaniques plus récentes ou modernes, souvent basiques, mais clairement pas dans les standards des années 90. Et en même temps, il parlera aux plus jeunes joueurs, en proposant un rendu à l’ancienne, atypique et efficace. C’est plutôt propre, soigné et agréable à jouer.

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