12 février 2026

Test The Legend of Heroes Trails Through Daybreak II : une suite efficace

Nihon Falcom est en feu depuis quelques mois (voire années), et la licence The Legend of Heroes en est partiellement la raison. Après les portages de Trails from Zero et de sa suite Trails from Azure, les rééditions current-gen de Trails of Cold Steel III et IV, mais surtout le chaînon manquant entre les arcs Crossbell et Cold Steel (Trails Into Reverie), nous avons pu découvrir un tout nouvel arc avec Trails Through Daybreak l’été dernier. Alors que le Japon a eu droit à sa suite fin 2024, nous avons dû patienter quelques semaines pour enfin avoir droit à Daybreak II dans nos contrées. Disponible d’ici quelques jours (le 14, parfait cadeau de Saint-Valentin pour les fans de JRPG au passage haha), je vous propose mon avis tout frais sur ce nouvel épisode.

Les Trails composent un univers vaste, riche et généreux, composé de multiples titres et sorties. Daybreak construit une toute nouvelle ligne et aventure. Même s’il est possible de le jouer sans avoir joué aux autres opus, il est plus que conseillé de faire dans l’ordre les deux Daybreak à minima, sous peine de ne rien comprendre. En effet, Daybreak II est la suite directe du premier opus, dans lequel le joueur reprend grosso modo où il a quitté Trails l’an dernier.

On y retrouve notre héros Van Arkriden, dans la république de Calvard, quelques mois après Daybreak. Celui-ci n’avait pas atteint tous ses objectifs précédemment et poursuit sur sa lancée, notamment vis-à-vis des Geneses. En parallèle, une affaire de meurtres en série sollicite les compétences de notre Spriggan qui est mis en déroute avec une facilité déconcertante par un tout nouvel adversaire qui va devenir notre antagoniste du moment. Par chance, il échappe de peu au pire grâce à l’un de ses artefacts générant une faille temporelle (une mécanique qui sera au cœur de cette aventure). Comme toujours, on retrouve les qualités (et les faiblesses) de la plume des équipes de Nihon Falcom. Daybreak avait pris le parti d’avoir moins d’avatars embarqués et d’approfondir l’ensemble du casting. Daybreak II suit forcément la même idée et c’est clairement appréciable. Il y a un réel soin apporté à l’écriture, avec de très nombreux dialogues et textes à l’écran qui fournissent des informations cruciales et des éléments de lore plus globaux. On retrouve ce subtil mélange d’avatars connus et de nouvelles têtes qui nous accompagnent durant quelques dizaines d’heures. Malheureusement, il est dommage de ne toujours pas disposer de localisation française. C’est un défaut récurrent dans Trails, qui nécessite un niveau d’anglais assez élevé pour suivre l’intrigue et ne pas s’y perdre. Je reste persuadé qu’il y a clairement une clientèle qui embarquerait dans le train « Trails » avec les ST dans notre langue.

De nouveaux dangers

Avec Trails, on se sent toujours impliqué dans l’histoire, entre enjeux politiques, manipulations, tensions et situations conflictuelles en tout genre et on est scotché en enchaînant les heures comme jamais. La mécanique de boucle temporelle évoquée un peu plus haut impacte par contre quelque peu l’expérience et son rythme, et ce que l’on ressent face à chaque nouvel événement. On comprend assez vite qu’on est amené à revivre ces événements d’une façon ou d’une autre, et que tout n’est pas figé dans le marbre. Face à un moment tragique, les émotions devraient normalement prendre le dessus, alors qu’ici on se dit parfois : « Bon, ok, on va sûrement changer ça d’une façon ou d’une autre ». Ce n’est pas un mal en soi, mais cela bouleverse pas mal notre façon d’aborder la licence habituellement. Même si l’effet n’est peut-être pas celui escompté me regardant, il faut saluer la prise de risque de chambouler un peu la structure narrative habituelle. Cela a aussi un impact sur le rythme. Déjà assez « cool » face à la quantité de dialogues et de cutscènes, revivre des moments similaires renforce un peu plus cette impression de rythme et de cadence plus lente. Pour les joueurs habitués à la licence, rien de perturbant cependant. La qualité est toujours au rendez-vous en tout cas, et la porte est grande ouverte pour le prochain épisode de cet arc ! Ça promet !

Le gameplay est l’une des composantes fortes de Trails, et Daybreak II ne fait pas exception avec ce succulent mélange de temps réel et de tour par tour, auquel s’ajoute un aspect stratégique et tactique fort. C’est dynamique comme jamais, avec des mécaniques toujours aussi séduisantes. La formule initiée en 2024 gagne encore en profondeur grâce à quelques ajustements bien sentis. L’option Cross Charge permet de passer d’un personnage à l’autre à la volée via une attaque dévastatrice, et le Quick Art enrichit encore plus les options en pleine bataille.  Manette en main, c’est un pur kiff, et le recyclage (de façon allégée) d’une composante héritée des Cold Steel (les liens SCLM) ajoute encore quelques outils pour optimiser nos dégâts, tout comme la nécessité de bien gérer nos ressources, à l’image des Quartz, pour maximiser nos actions. Bref, j’ai toujours adoré le gameplay de Trails, et Daybreak II est sûrement dans le haut du panier de la licence. Et pour en profiter encore plus, on explore les donjons dédiés aux défis, qui permettent de mettre la main sur un butin rare et puissant, ou encore des gemmes. Rien de tel pour prolonger le plaisir de quelques heures.

Une richesse reconnue

Comme tout bon RPG, on dispose de multiples moyens d’améliorer notre équipe, à l’image du système maison de Hollow Core (qui comprend notamment des orbes permettant de booster les statistiques) et qui récompense ceux qui prennent le temps de s’y intéresser en profondeur et de chercher chaque petite subtilité pour améliorer les compétences de Van et de sa bande. C’est complexe au début, mais une fois qu’on a pris le coup de main, c’est un véritable régal. Comme toujours avec Trails, c’est un jeu généreux qui propose énormément de choses à faire et de nombreux PNJ avec lesquels interagir un peu partout en ville, par exemple. L’exploration est également mise en avant donnant alors de multiples moyens (encore) de pousser un peu l’optimisation des avatars. La formule alterne action brute, infiltration, enquête et exploration, et regorge d’activités annexes en tout genre avec de très nombreux mini-jeux ici et là : cuisine, pêche, etc. Quand on cumule la trame principale, les donjons, l’optimisation de nos avatars et toutes ces activités facultatives, le compteur de temps de jeu explose.

Techniquement, Daybreak II est dans la lignée des derniers Nihon, avec ce nouveau moteur utilisé depuis quelques jeux maintenant. Certes, on aimerait toujours un peu plus, mais on est tout de même conscient des améliorations apportées depuis, avec quelques effets plutôt jolis et un framerate impeccable. La DA est validée à 110 % en tout cas.

The Legend of Heroes Trails Through Daybreak II est la suite logique de l’épisode 2024 qui poursuit tout ce qui a été entamé l’an dernier : nouvel arc, nouveaux enjeux, nouvel avatar principal dans une nouvelle région, et nous découvrons à présent la suite de ce que nous a conté Nihon Falcom l’été dernier. Le gameplay est toujours aussi addictif et agréable. Certes, la construction et le rythme pêchent parfois un peu, mais le bilan global reste plus que positif avec un JRPG réussi que tous les fans de la licence se doivent de découvrir. Il ne manque que les sous-titres français pour que Trails puisse être apprécié par un public plus large.

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