2 mai 2026

Test The Legend of Heroes Trails Into Reverie : un futur classique ?!

La série The Legend Of Heroes fait office de mastodonte dans le paysage vidéoludique du JRPG. Le dernier opus en date, Trails Into Reverie, est un voyage inoubliable mêlant valeurs sûres et un scénario béton avec quelques ajouts superbement amenés. C’est une bombe à ne pas manquer par les amoureux du genre, mais le ticket d’entrée pour en profiter à sa juste valeur est élevé.

Trails Into Reverie est le maillant manquant complétant l’arc Cold Steel et celui de Crossbell (dont on a parlé ces derniers mois avec Zero et Azure) pour clore cette épopée titanesque. Soyons clairs, vous risquez d’être largué à plusieurs reprises si vous n’avez pas fait les autres titres ou que vous ne passez pas par le riche outil / résumé disponible sur le Dashboard. Ce n’est pas « insurmontable » d’y aller direct, mais vous passerez à côté de nombreuses références où il vous manquera des détails sur plusieurs évènements. Le wiki dispo donne le bagage nécessaire pour kiffer le voyage. Même si cela prendra beaucoup de temps, vu l’ampleur du contenu, ce n’est pas du temps perdu.

Reverie débute dans le monde d’Erebonia, en proie à de nombreuses tensions et crises politiques. Crossbell s’apprête à devenir le théâtre d’un affrontement entre les puissances d’Erebonia et Calvard. Reverie nous propose de découvrir sa narration dans un crossroad au travers de trois personnages. On retrouve Lloyd Bannings, personnage central de l’arc Crossbell qui fait face à l’organisation Ouroboros cherchant à semer le chaos dans la région. Rean Schwarzer, héros de Cold Steel porté disparu, est prisonnier d’Erebonia. Il lutte pour recouvrer la liberté tout en faisant face à son passé sombre. Enfin le tout nouveau personnage, C, énigmatique en quête de réponse sur son passé ainsi que son identité réelle.

Chaque héros se trouve à l’opposé des autres, nous faisant voyager dans tous les coins du monde. Au fil de notre progression, les différents chemins se croisent, créant des alliances, des liens se font et se défont, et des révélations mettent en lumière les ficelles scénaristiques de façon grandiose. Trails Into Reverie met le focus sur l’histoire et le développement de ses acteurs. Les dialogues sont nombreux, et riches en information. Le lore gagne à chaque échange, on en apprend tout le temps. Travailler le relationnel entre différents avatars permet même de débloquer des compétences spéciales. 

On est absorbé du début à la fin, les heures défilent à une de ces vitesses tant la qualité de plume, et la profondeur de l’histoire mature est extra. C’est un réel plaisir de retrouver autant de personnages connus dans une trame enfin commune. Dommage que Reverie ne soit disponible, comme tous les autres The Legend Of Heroes, qu’en anglais surtout avec un niveau assez soutenu. Un non-anglophone va galérer sévère surtout vu la quantité astronomique de lignes ! Pour conclure cet aspect narratif, The Legend Of Heroes Trails Into Reverie est le clou du spectacle, la scène tant attendue et si excitante qui nous pose un dernier chapitre tout simplement énorme. Et ce mécanisme de crossroad, je valide ! On en redemandant. Comptez pas loin d’une 50aine d’heures (en restant proche de la trame centrale) pour en voir le bout !

Reverie reprend les mêmes codes concernant la technique que les Cold Steel (Crossbell ayant conservé son look rétro pour ses rééditions) couplant modèles 3D et environnements riches en détail. La direction artistique nous propose des biomes variés avec des lieux vivants et animés, d’autres vastes et plus calmes, des donjons, etc. tout cela dans le but de créer un monde cohérent et unique. Le chara design est toujours aussi efficace tout comme les nombreuses saynètes réutilisant le moteur du jeu en guise de cutscènes pour illustrer la narration lors des nombreux échanges. Même si le moteur a un rendu parfois « oldies » en 2023, Reverie possède un charme indéniable, comme énormément de titre de Nihon. On espère tout des même prochainement voir un moteur un peu plus performant histoire de gagner encore en qualité.

Comme toujours, la Falcom Sound Team délivre un OST magique combinant des thèmes majestueux et épiques lors des combats et d’autres plus doux et chill lors de l’exploration ou des dialogues. Ce studio possède une équipe si talentueuse, c’est un sans-faute comme souvent ! On n’oublie pas le doublage lors de certains passages importants des dialogues amenant davantage de vies à nos héros.

Le gameplay recense les habituelles facettes de la licence, couplant exploration, combats et bien sûr de nombreuses missions à remplir. Les multiples environnements nous laissent le champ libre pour découvrir ces endroits vastes avec nombreux trésors parfois cachés ci et là, des passages secrets, énigmes et j’en passe, mais aussi toute une multitude de PNJ nous donnant de quoi nous occuper à côté de notre activité centrale. Tout ce contenu vient surgonflé la durée de vie de Trails Into Reverie de plusieurs dizaines d’heures d’autant qu’on jongle entre trois personnages et trois trames. Trois fois plus de kiff ? Oui ! Et c’est sans oublier les mini jeux et divertissements qui complètent la formule. 

Le système de combat repose sur une formule au tour par tour où chaque avatar dispose de ses propres compétences et capacités uniques. On place nos combattants sur un terrain hexagonal afin d’attaquer, se défendre ou utiliser l’un de nos sorts et autres attaques spéciales. On dispose d’actions de soutien (objets, fuite, changement de personnage, etc.) et offensives (les arts, l’attaque de base, etc.). On retrouve une base maison toujours aussi efficace à laquelle on ajoute les S-crafts, les attaques à plusieurs comme les fameux Link qu’on débloque en travaillant les affinités entre les différents héros. C’est super complet, parfois complexe d’apparence, mais une fois qu’on se plonge dedans, on commence à penser plusieurs tours en avance pour prévoir des enchainements dévastateurs et destructeurs. Les boss offrent un réel challenge avec une dimension stratégie des plus intéressantes, et ce, quelle que soit la difficulté choisie parmi les 4 paliers disponibles. Reverie est une pépite qui se bonifie pleinement en réutilisant les acquis des précédents opus et en allant toujours un peu plus loin parfois de façon anecdotique sur le papier, mais sur le terrain c’est un véritable succès.

Pour profiter pleinement de cette pépite Trails Into Reverie, avoir une connaissance de la licence est clairement conseillé (même si, un « résumé » est dispo comme évoqué). Quand c’est le cas, un seul mot me vient en tête : épique. Que cela soit la narration, la construction de l’histoire, la mise en scène, le casting et le voyage dans lequel on s’embarque, tout me semble si parfait. On retrouve un socle toujours efficace, parsemé de nouveautés comme ce superbe crossroad, afin de parcourir cet univers de la meilleure des façons. Les non-anglophones passent malheureusement à côté d’une pépite comme on en aimerait plus souvent.

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