Même si je passe le plus clair de mon temps sur des titres plus orientés action ou RPG exemple, j’ai un faible pour les expériences plus interactives, à l’image des Supermassive mais aussi des FMV, ces jeux penchant plus vers le film où le champ d’action du joueur est davantage orienté vers le choix de la prochaine séquence à l’écran, et dans ce lot certains s’orientent plus vers le jeu social / drague… et c’est un peu ce qu’est le curieux Ladies, Don’t Tempt My Immortality. Classique dans son genre, c’est plus le contexte divin qui apporte un peu de vent de fraîcheur sans pour autant en révolutionner les codes.
Ladies, Don’t Tempt My Immortality prend place dans un univers où divin et légendes chinoises se côtoient. Le joueur incarne Lin Fan, un disciple d’une secte (pas au sens sectaire, mais plutôt un groupuscule religieux classique ici) possédant des capacités rares issues d’une lignée importante, devant suivre tout un tas d’entraînements mystiques pour atteindre un palier plus haut, digne de son rang : l’immortalité. Sauf qu’il est entouré uniquement de sœurs supérieures, toutes plus tentatrices les unes que les autres, rendant son entraînement « difficile ».
La narration tourne autour du but de ce personnage et des « obstacles » autour de lui, le détournant de son objectif. Mais attention, n’y voyez pas un titre au public adulte ici, car l’ambiance est vraiment légère, avec un casting de personnages plutôt bien ficelé, et un ton humoristique. Cela va de la sœur qui joue de sa maladresse apparente pour toujours mettre Lin Fan dans l’embarras à la sœur qui se la joue bourrin, brute de décoffrage en mode « elle n’en a rien à faire », mais tout cela n’est que façade… sans oublier la maîtresse Jing Wuyu apportant un peu de profondeur émotionnelle. Sur l’ensemble, le jeu d’acteur propose un panel assez varié d’interprétations avec toujours une pointe de comique, assez typique des productions asiatiques du genre, des jeux d’acteurs qui semblent parfois surjoués, mais qu’on retrouve dans de nombreux FMV asiatiques du genre, orientés autour de la narration et du social.
Si le thème choisi et l’orientation de l’écriture se montrent tous deux originaux, sortant de ce dont on a l’habitude dans le FMV occidental plus orienté action, horreur, thriller, la progression m’a semblé ne pas tenir ses promesses tout le temps. Notre héros doit accéder à l’immortalité et cela semble une promenade de santé finalement, presque trop simple pour lui. Il manque quelques rebondissements, voire des moments de doute, comme si finalement cette quête du divin n’était qu’un prétexte pour côtoyer toutes ses sœurs, prétendantes. Mais sinon, cela se suit assez bien. L’autre point qui diffère des FMV dont j’ai l’habitude est le passage sous un angle « mon propre point de vue ».
D’habitude, on suit la narration où l’on voit l’intégralité des avatars à l’écran, en suivant même tour à tour l’un ou l’autre personnage différents dans certaines productions, voyant la scène comme un film avec l’intégralité des acteurs devant nos yeux. Ici, tout se passe en mode « FPS » : on ne voit jamais Lin Fan, on est Lin Fan, on l’incarne et on voit directement par ses yeux. On vit l’histoire, et on n’est pas juste spectateur (on se comprend, le gameplay reste simpliste).
Côté gameplay, comme tout bon FMV, nos interactions sont assez limitées, se contentant comme souvent uniquement de choisir la prochaine action, dans un timer précis, de notre personnage : qui suivre, qui incriminer, qui choisir, etc., ayant comme effet la sélection de la prochaine vidéo à l’écran. La qualité de captation est d’ailleurs de bonne facture, avec de nombreux embranchements possibles, plusieurs fins jouables, et une bonne rejouabilité car plusieurs de nos décisions impactent les liens et affinités avec l’une ou l’autre sœur. À noter par contre que, comme beaucoup de FMV, il y a une tonne de sous-titres à lire et Ladies, Don’t Tempt My Immortality ne dispose à ce jour d’aucun texte FR à l’écran, uniquement anglais au mieux… loin d’avoir besoin d’un niveau de langue élevé pour suivre, cela crée tout de même une barrière pour certains profils de joueurs.
Loin de révolutionner le FMV, et se basant même sur les classiques du genre en termes de mécaniques, Ladies, Don’t Tempt My Immortality conserve tout de même l’un ou l’autre petit attrait, comme son univers basé sur le divin chinois et sa vision « j’incarne mon héros » peu habituelle dans les FMV occidentaux sur l’angle de vue. LE titre FMV à faire ? Je ne pense pas, mais pour tous ceux aimant le genre, il sort un peu des sentiers battus, et son côté social / relation n’est mauvais. Après, c’est un style très typé dans le jeu d’acteurs, mais dès lors qu’on n’y est pas réfractaire, ça se joue plutôt bien et surtout, c’est facturé 10,99 euros uniquement.