Arkane est un studio que j’apprécie beaucoup, et cela date déjà de bien avant Dishonored qui les a (re)mis sur le devant de la scène. Leur nouvelle IP, Deathloop, est l’une des exclusivités console (temporaire) PlayStation très attendue. Disponible dans quelques heures, je vous partage un premier avis ayant passé des heures carrées dessus ces 2-3 derniers jours.
On incarne Colt, qui se réveille sur une plage sans trop savoir ce qui lui arrive, ni comment il a atterri ici. Une certaine Julianna lui parle par talkie interposé. Les discussions sont assez tac-o-tac, et mordantes. On comprend rapidement qu’il y a du passif entre les deux sans savoir qui exactement. Colt est perdu, et ne comprend pas pourquoi sa tête est mise à prix. Il tombe dans un traquenard, un second Colt le sauve in extrémiste avant que les deux ne meurent sous les balles de Julianna. Retour case départ ! Même plage, même heure, et on repart de zéro. On retrouve la même arme, les mêmes items et loot aux mêmes endroits. C’est ainsi que le mécanisme de la boucle temporelle est introduit. On meurt ? Ou la journée finie ? On reprend le tout depuis le début en ayant à nouveau les poches vides. Par contre, les souvenirs et informations trouvées restent acquis.
Colt entame son enquête pour comprendre ce qu’il se passe sur Blackreef, et mettre un terme à cette loop infernale. On glane des informations ci et là, et doucement mais surement on comprend que le héros n’est pas étranger à ce qu’il se passe, et qu’il faisait même partie du conglomérat qui contrôlait la boucle : AEON ! Se sentant trahis, ses anciens camarades veulent sa mort encore et toujours. On apprend rapidement que pour casser cette journée à répétition, il nous faut abattre les 8 superviseurs en une seule journée ! La narration est intrigante, et réserve quelques surprises joliment placées.
La relation entre Colt et Julianna principalement est centre de l’histoire mais pas mal de liens avec d’autres personnages sont à découvrir. C’est cash, sans détour, et assez explosif. Perso j’adhère ce que me raconte Deathloop, et la façon dont il le fait. A chaque nouvelle journée et sortie, comptez sur Julianna pour venir vous piquer à vif.
La bonne gestion de l’équipement facilite grandement l’aventure. On dispose de 3 emplacements d’armes, des breloques pour celles-ci mais aussi Colt, ainsi que deux capacités uniques équipées, des consommables. Les armes répondent à différentes raretés (blanc / bleu / violet / doré) et types (arme blanche, pistolet, riotgun, SMG, assaut rifle, carabine, etc.) offrant de très nombreuses possibilités. Les améliorations peuvent s’avérer utiles comme supprimer le recul d’une arme, ralentir la regen des PV ennemis. Là aussi la rareté entre en jeu. De même pour Colt qui peut acquérir le double saut de cette manière.
Les gadgets ne sont pas en reste avec la possibilité de pirater tout ce qui a une antenne : cabine téléphonique, radio, porte, tourelle et j’en passe. Le piratage sert à explorer, attaquer ou attirer l’attention des ennemis. Par la suite, on va se mettre en chasse des capacités des superviseurs : la téléportation, un mode enragé, l’invisibilité pour ne citer qu’eux. Le but va être de se composer le stuff ultime pour attaquer la journée de la mort ! Car oui, on débloque après quelques heures de jeux la capacité d’infuser des items afin de les conserver de jour en jour, mort après mort. Il est parfois nécessaire de sacrifier de bons loots pour en conserver de meilleurs, car une ressource (le résiduum) est nécessaire pour le sort. Attention, en cas de mort, il faudra aller récupérer cette précieuse mana sur notre corps !
Les approches en missions sont libres, et chaque objectif dispose de moult chemins possibles. Par exemple, on doit infiltrer un bar qui nécessite un passe VIP. Pour l’obtenir, il faut accepter qu’il désactive tous nos atouts et capacités. On peut accepter et y aller en frontal, ou alors forcer le passage en mode brutasse sur un des côtés, pirater la porte et entrer. Miieux, carrément passer par un souterrain creusé nous amenant aux w.c. du nightclub ! Et c’est comme cela tout le temps. On reconnait bien la patte Arkane, nous laissant le libre arbitre sur le chemin emprunté, si on passe dans l’ombre sans faire de victime, ou si on bascule du côté obscur en machine du chaos !
Le jeu se veut très dirigiste en début d’expérience, nous indiquant clairement quoi faire, quand le faire (sans laisser le choix) mais après une bonne heure, à nous les clés de l’investigation et de choisir nos actions. Deathloop donne accès à 4 zones et 4 créneaux horaires (matin, midi, après-midi et soir). Chaque lieu diffère selon le moment où il est visité avec certaines zones accessibles ou non, et les superviseurs n’apparaissent qu’à des moments précis aussi tout comme certains évents. À nous de gérer notre planning si je peux dire ainsi. Alors certes, on pourrait avoir l’impression de tourner en rond mais les niveaux sont assez bien dimensionnés, amenant chaque à fois à visiter d’autre parties de la zone pour contenir ce sentiment.
De nombreux items sont planqués sur la map donnant des indications utiles comme qui sera à quel endroit à quel moment, comment trafiquer un lieu pour un futur attentant, peaufiner le lore et ainsi de suite. Arkane a poussé assez loin la chose, donnant de l’importance à l’exploration. On est à fond nous aussi dans le délire. On commence à dessiner nos futurs plans, et on entame notre trip journalier. Chaque exploration fait avancer la journée au créneau suivant, et ainsi de suite. Nos investigations sont mises en avant et affichent clairement les « objectifs » principaux disponibles à chaque instant.
C’est réellement bien amené, et m’a scotché déjà pas mal d’heures. La mission commence, et finit, dans les souterrains qui relie toute l’île. Quand on veut mettre fin à notre excursion ? On retourne au point de départ. Attention par contre, il arrive que Julianna veuille nous traquer et nous pourchasse dans le niveau, il s’agit d’un autre joueur envahissant notre game ! Il faut alors pirater un central bien précis pour rouvrir l’accès aux souterrains ou la tuer. Cette mécanique amène un peu de peps à la sauce, bien qu’arrivée avec parcimonie pour le moment (et elle est totalement désactivable si jamais).
Techniquement, le jeu est joli et fluide dans le mode « performance » qui est le seul que j’ai testé pour le moment. Celui-ci vise le 60fps fixe, avec résolution dynamique. C’est réussi la très grande majorité du temps, j’ai eu quelques ralentissements de nuit notamment, mais rien de bien méchant. Le mode visuel annonce quant à lui un preset plus élevé, aussi en dynamique, quitte à voir le framerate instable. Un dernier mode existe, en dynamique encore, mais avec preset élevé ET Raytracing en 30fps. Là aussi, Arkane est reconnaissable de par son identité visuelle. La DA fait le taff, avec un univers faisant très 70s dans l’ambiance avec ce côté indus dont le studio a le secret. C’est propre, c’est fluide, bref, tout claque surtout avec ce doublage FR de qualité et la bande-son qui déchire.
French touch à 200% avec Arkane qui propose une production en béton armé, ou presque. On a rencontré quelques PNJ bugués dans des décors, ou coincés par terre criant à l’agonie avec une IA des fois maladroites, avec la mise à mort d’un ennemi à côté du second sans qu’il ne bronche !
Le jeu profite assez bien du SSD, bien qu’après chaque mission, on songe au fait que le chargement soit caché par la même cinématique. Mais en soit, le jeu tourne bien et ne présent pas de temps mort trop long. Les gâchettes adaptives sont de la partie, avec chaque arme ayant un ressenti quelques peu différents même si c’est léger. L’enrayage des armes se ressent bien. Les retours haptiques sont générés par les courses, sprints ou encore glissade. Le HP de la Dualsense sert aux dialogues avec les PNJ dont Julianna lors des appels réguliers, ou lors des piratages par exemple. Bref, encore un studio qui a joué le jeu pour mon plus grand plaisir!
Je n’ai pas encore fini Deathloop, j’approche de la fin (du moins, je le sens) mais je peux déjà dire que c’est un grand jeu. La mécanique de loop, et l’infusion par la suite, est une pépite. On investigue, on enquête, on cherche le moindre détail partout afin de faire avancer l’histoire. La narration, et les dialogues sont au top avec un doublage efficace.
Le gameplay jouit d’une extrême liberté dans l’approche, comment rejoindre l’objectif, et la façon de le remplir. La technique est solide, malgré quelques soucis d’IA notamment, et la Dualsense est supportée de fond en comble.
Il ne manque plus qu’à juger de la durée de vie réelle et de la fin de l’histoire mais en l’état, c’est du costaud que je vous recommanderais bien dès à présent.












