Apollo Justice : Ace Attorney Trilogy nous propose de retrouver trois opus des aventures du célèbre avocat précédemment sortis sur DS (2008, 2013 et 2016) dans un format enrichi de quelques nouveautés agréables ainsi que du contenu exclusif. On part pour des dizaines et des dizaines d’heures d’enquête et procès en pagaille et de pure kiff. La meilleure version disponible à ce jour de ces hits indémodables par Capcom.
Afin de suivre l’histoire, et surtout l’évolution de nos héros, et ne pas en manquer une miette, je vous conseille personnellement de jouer les titres et épisodes dans leur ordre. De ce fait, on comprend les clins d’œil et références faites, et on tient toutes les ficelles nécessaires à l’appréhension de cet univers.
Apollo Justice arbore la forme d’un Visual Novel prenant place la majorité du temps dans un tribunal pour des audiences. Interrogatoires et argumentaires s’y enchainent dans le seul but de faire la justice : condamner les criminels et innocenter nos clients. On retrouve une construction connue de la licence avec des moratoires qu’on interrompt afin de demander plus de détails, apporter des preuves, relever des inepties et contre-attaquer. Grâce au dossier qu’on a toujours à portée de main, on vérifie les éléments en notre possession, on analyse les données de chaque intervenant lors du procès. Quand on passe à l’action, on démonte un argument afin de prendre le dessus, mais chaque mauvais choix entame notre endurance amenant à un game over en cas de fail en boucle.
Plaider n’est pas la seule action qu’Apollo exerce. Bien entendu, tout ceci nécessite un travail préparatoire dont la recherche de preuves en amont, des enquêtes afin de se constituer un dossier béton. Le gameplay s’articule autour de plusieurs piliers, et le terrain prend cette fois la forme d’un point and click. On fait face à la scène dans laquelle plusieurs points d’intérêts sont présents. En passant le curseur dessus, on récupère des informations précieuses pour notre travail d’avocat. On interviewe les personnages présents aux alentours afin de collecter un maximum d’éléments.
Objections!
Grâce à cette dualité de gameplay, on ne fait jamais la même chose, offrant un panel d’activité assez conséquent et varier tout en cassant la monotonie qui pourrait s’installer sans cette variété. On alterne résolution d’énigme, de la réflexion, du puzzle avec un rythme plus que convenable pour nous maintenir éveillés en permanence. Chaque opus amène sa touche côté gameplay, le personnage qu’on incarne possédant de nouveaux attributs à chaque fois. Dans le premier épisode par exemple, Apollo a la faculté de percevoir quand une autre personne a des tics, si ce dernier ment ou dissimule quelque chose. Athena décèle ce que ressentent vraiment ses interlocuteurs selon le ton de sa voix. Pratique pour mettre en lumière les émotions de chacun. Au fil des heures qui avance, et qu’on progresse d’un épisode à l’autre, le gameplay arrive toujours à amener un petit quelque chose en plus. La narration nous fait voyager avec des récits palpitants, des intrigues originales et complètes, et surtout de multiples rebondissement. On voit également du pays, et on kiffe chaque instant.
Le contenu des trois épisodes présents (Apollo Justice: Ace Attorney, Phoenix Wright: Ace Attorney – Dual Destinies et Phoenix Wright: Ace Attorney – Spirit of Justice) est le même que les jeux d’origine sur DS. Les scénarios n’ont connu aucun chamboulement. Capcom apporte tout de même son lot de nouveauté ou améliorations, ne se contentant pas de simplement compiler trois titres et basta, à commencer par la localisation dans notre langue (ST comme doublage ) permettant à un panel bien plus grand de joueur de profiter pleinement de ces jeux immenses. L’immersion est clairement un cran au-dessus de la sorte. Le mode « histoire » va dans ce sens aussi avec un joueur devenu spectateur, et une IA résolvant d’elle-même les énigmes afin de nous focaliser sur le récit et le voyage proposé. On n’oublie pas ce qui était précédemment du contenu payant, des épisodes inédits, inclus dès à présent dans la compilation sans oublier les OSTS, des illustrations, tout un tas de skins en tout genre. Bref, on dépasse facilement les 50h pour faire le tour du contenu disponible. Le rapport qualité / prix est exceptionnel.
Un tribunal refait à neuf ?
Techniquement, Apollo Justice nous offre aussi une refonte visuelle : qualité HD, rendu bien plus fin et joli à regarder avec une direction artistique à tomber. Côté gameplay, le tout a été repensé pour les consoles actuelles, au pad plutôt qu’avec deux écrans tactiles et un stylet. De ce fait, c’est toute l’ergonomie qui a été revue afin de correspondre aux nouveaux formats, les menus, etc. Testé sur PC, c’est surtout sur Steamdeck que j’ai parcouru le contenu d’Apollo Justice : Ace Attorney Trilogy et cela y tourne du feu de dieu ! On amène Apollo, Phoenix et Athena avec nous partout, et on y joue dans des conditions optimales.
Cette compilation est aujourd’hui le meilleur moyen de profiter du contenu offert par Apollo Justice : Ace Attorney Trilogy. On y retrouve des expériences solides, complètes et généreuses avec un gameplay ayant fait ses preuves. Les ajustements, modifications et améliorations sont toutes bons à commencer par la localisation française ! Bien entendu, qui dit visual novel dit parfois des phrases 100 % narratives qui tirent en longueur, mais le rythme est globalement bon avec une alternance de facette du gameplay qui maintient la cadence. En plus de cela, le contenu additionnel ajouté ravira les fans de la première heure. Le fond comme la forme sont au meilleur de leur forme. Fana de la licence, Apollo Justice : Ace Attorney Trilogy est clairement à (re) faire pour le coup tant l’apport de cette version est validé.