12 mars 2026

Test Dear Me, I Was : la vie, tout simplement, en aquarelle

Alors que ce début d’année débute sur les chapeaux de roue, il y a un titre qui me faisait de l’œil depuis un moment et l’opportunité s’est enfin présentée pour que je puisse l’essayer. Étant moi-même addicte au dessin, à la peinture, à l’aquarelle, Dear Me I Was partait déjà avec plus d’un atout dans sa manche. Le titre repose sur une expérience (très) brève mais forte, offrant une immersion et un rappel que la vie est faite de petites choses, simples, mais chacune marquante à sa façon.

Dear Me I Was est une expérience narrative, posée, retraçant plusieurs périodes marquantes de la vie d’une femme, de sa toute jeunesse jusqu’au moment où le soleil se couche bientôt pour elle, et la première chose frappante est cette direction artistique, en aquarelles animées si charmantes. Les peintures capturent chaque mouvement, lumière et texture avec une telle finesse, réussissant à rendre chaque scène touchante. Au fur et à mesure que l’héroïne évolue, au fil des années, les couleurs douces de l’enfance laissent peu à peu place à des tons plus atténués, ombrés, de l’âge adulte et de la vieillesse. Chacun de ces jeux de couleurs sert à nous faire ressentir des émotions en plus d’imager le temps qui passe, inexorablement.

Le gameplay, très minimaliste, reste plus symbolique qu’autre chose : déplacer notre personnage pour explorer une pièce, interagir avec un objet ou une personne pour déclencher la prochaine animation : dessiner dans un carnet, cueillir une fleur, ouvrir une lettre, caresser un chat, etc. Même si l’ensemble n’altère en rien la progression du jeu, cela permet de donner un peu plus de vie à l’ensemble, de rendre chaque saynète authentique, comme un souvenir devant nos yeux qui aurait été peint puis animé. Dear Me I Was ne presse jamais la joueuse et nous laisse contempler, profiter, rester au calme, sans jamais nous obliger à aller plus vite que la chanson, à la limite parfois du méditatif. La musique accompagne ainsi chaque scène avec subtilité et renforce la puissance des émotions partagées.

L’histoire de la vie

Dear Me I Was nous fait traverser toute la vie d’une femme et débute au moment de son enfance. Scènes de jeux, rires, et tout un tas de petits rituels qui construisent peu à peu son identité. Des moments qui paraissent anodins, qu’on a tous vécus, mais qui portent une émotion forte au travers de la curiosité et de l’innocence des enfants qui sont bouleversés par la perte d’un proche. Vient ensuite l’adolescence, et la complexité des émotions ressenties, plus nuancées, avec la découverte des vraies amitiés, l’attachement mais aussi la jalousie et la trahison. Joie et déception se mélangent, montrant la fragilité de cette période. Au moment du passage à l’âge adulte, la vie quotidienne se met en place, avec des choix à faire et la nécessité d’assumer la responsabilité de nos actes. De nouvelles activités, plus sereines, prennent de plus en plus de place : s’adonner aux arts du dessin, prendre soin de chez soi et d’un animal de compagnie, accueillir des amis et des proches. Enfin, la vieillesse et la fin de vie s’approchant font ressentir le poids des années et font remonter des souvenirs avant de tirer notre révérence.

Chaque tableau décrit un instant de vie, à observer, à ressentir. La trame mise plus sur les détails du quotidien, la perception de la vie à des étapes clés de notre propre existence, les émotions fortes de chacun de ces passages, notre façon de les aborder et le poids qu’elles laissent au fil de l’eau. Très linéaire, cette structure très brève et bien cadencée / cadrée accentue le fait que le temps passe et que chaque petite chose est bonne à prendre. La mise en scène est efficace grâce à un procédé simple : il n’y a aucun dialogue, ni texte écrit. Tout passe par l’analyse de ce qu’on voit, la gestuelle, les expressions, les environnements, tout se joue à l’image, et le résultat est plus que probant. J’ai personnellement adoré cette expérience déroutante. C’est crédible et touchant, et la vraie force de Dear Me I Was se trouve dans sa capacité à évoquer plutôt que montrer, suggérer plutôt qu’imposer. Cela offre un vrai parcours émotionnel, fort, même si l’ensemble arbore un gameplay très limité et une durée de vie très courte (une heure environ).

Je ne regrette pas d’avoir parcouru Dear Me I Was. C’est original, surprenant et très touchant, avec un voyage qui ne peut nous laisser indifférente, nous faisant vivre des étapes clés de toute la vie de notre héroïne : bref mais intense. Il laisse une impression durable avec une justesse à faire ressentir des choses qui nous parlent et à nous partager des émotions sincères, fortes, via un voyage finalement simple. Une belle petite surprise, à un petit prix (7,99 euros).

Laisser un commentaire