20 mars 2026

Test Planet of Lana II : la magie retrouvée

Planet of Lana était une belle découverte et une superbe surprise à sa sortie, et sa suite arrive aujourd’hui avec une mission bien précise : prolonger cette magie, tout en réussissant à rester dans ses pas sans pour autant n’être qu’une « simple » suite.

Le premier Planet of Lana m’avait marquée avec sa DA peinte à la main et sa manière de nous raconter une histoire de façon si silencieuse. Planet of Lana II place sa narration dans la continuité, en misant sur une approche similaire avec un gameplay basé sur un mélange de plateforme, d’énigmes et de narration environnementale, et la Switch 2 est à mes yeux la plateforme idéale pour ce genre de titre, adorant jouer du salon, de la véranda, de la terrasse, etc. Le monde de Novo est marqué par l’arrivée des machines, et il en porte encore les traces visibles. Lana, et son compagnon Mui, poursuivent leur voyage au travers de cet univers si fragile, offrant un succulent mélange de nature sauvage et verdoyante et de vestiges technologiques. L’histoire conserve une forme similaire avec un récit minimaliste, imagé mais très peu parlé, les dialogues restent rares, l’ensemble se dévoilant davantage grâce à la mise en scène. Planet of Lana adopte une vibe très particulière, contemplative, hypnotisante.

Son gameplay repose sur une aventure à défilement horizontal, où Lana doit s’appuyer sur l’environnement qui l’entoure pour progresser, ne disposant d’aucune faculté ou capacité extraordinaire. Les obstacles qui se dressent devant elle prennent la forme de machines, de structures abandonnées ou d’autres mécanismes à activer sous forme de puzzle pour débloquer un passage. Lana est toujours accompagnée de Mui, une petite créature toute mignonne, qui conserve d’ailleurs un rôle central dans la résolution de ces énigmes. La joueuse donne les instructions, et Mui agit : activer un levier, atteindre une zone inaccessible à Lana, distraire un ennemi, etc. La relation entre Mui et Lana est au cœur de l’expérience, avec une coordination à toute épreuve à avoir entre les deux personnages pour avancer sereinement. Certaines situations nécessitent une observation du comportement des machines afin de trouver le bon timing pour avancer, agir, manipuler un objet. Ce n’est jamais difficile, mais cela pousse à réfléchir, regarder, analyser, d’autant qu’on découvre régulièrement de nouvelles mécaniques.

Ce second opus introduit quelques petites évolutions, mais plaisantes, à commencer par la variété des décors visités et des environnements traversés, avec même quelques séquences un peu plus ouvertes que précédemment. Il est parfois nécessaire de se balader plus longtemps pour trouver une partie du puzzle, pour un mécanisme ou pour éviter une patrouille ennemie, avant de revenir sur ses pas, etc. Les machines proposent aussi des comportements plus complexes, certaines détectant le moindre mouvement rapidement, d’autres réagissant au bruit, voire à la lumière. Forcément, ces quelques mécaniques poussent à s’adapter régulièrement, à revoir son approche et sa façon de penser, sachant que Lana ne peut pas se battre directement. Cela implique de gérer l’évitement, de jouer la discrétion et d’utiliser le décor pour se fondre dans la masse.

La DA est l’une des forces du jeu, avec une atmosphère enivrante donnant l’impression d’évoluer dans un tableau. Les paysages sont magnifiques et variés, alternant forêt luxuriante, plaines venteuses tout comme des décors désolés où jonchent au sol de multiples ruines technologiques. Chaque décor raconte quelque chose et montre aussi bien une partie du monde de Novo encore brute, originelle, qu’une tout autre facette moins brillante, ravagée. Les couleurs sont éclatantes et le rendu séduisant, le tout affichant une fluidité à toute épreuve sur Switch 2. L’ambiance est travaillée, aussi bien visuellement que via les sons ambiants, les cris des animaux et les bruits de la nature.

Sur l’ensemble, le rythme reste très posé. Planet of Lana II ne cherche jamais à imposer une dynamique, bien au contraire : il laisse tout le temps de contempler, profiter et avancer à son rythme. L’expérience se focalise principalement sur une trame linéaire, avec très peu de contenu secondaire ou annexe. On est dans la lignée du premier jeu, avec un voyage centré sur le narratif et le contemplatif, autour du binôme composé de Mui et Lana. Si dans l’ensemble j’ai été conquise, je ne peux cependant pas m’empêcher de ressentir par moments une impression de déjà-vu, avec une sensation de puzzles recyclés du premier jeu. Les mécaniques restent assez proches, cette suite prenant finalement peu de risques. Personnellement, cela ne m’a pas dérangée plus que cela, mais cela mérite d’être souligné tout de même, histoire que vous sachiez où vous allez mettre les pieds.

Mais malgré ces quelques points, Planet of Lana II conserve ce qui faisait la force et la magie du premier jeu avec une aventure touchante, cohérente, maîtrisée et fidèle au premier opus. L’ensemble repose sur une DA solide, une narration poignante et silencieuse et une formule agréable. Parfois un peu trop prudente côté prise de risque, j’en ressors tout de même charmée.

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