30 avril 2026

Test Monster Hunter Stories 3 : le spin-off devenu (très) grand

Ce début d’année 2026 est tonitruant, avec déjà une pelletée de hits et de titres forts… et ce mois de mars est tout simplement énorme, ayant dû gérer en parallèle Crimson Desert et Monster Hunter Stories 3, et l’un comme l’autre, ces deux titres auront marqué à leur façon ces premiers mois de l’année, et je dois avouer que ce Monster Hunter Stories 3 est d’une telle qualité… encore aujourd’hui, à l’heure où j’écris ces lignes, ayant fini l’histoire principale, j’y retourne encore, à la recherche du monstre parfait, de l’optimisation XXL, tant il est addictif.

Monster Hunter Stories 3 est une évolution majeure de la licence, initiée par Capcom, pourtant « simple » spin-off à la base du célèbre Monster Hunter, et quand on voit la qualité du 3e opus, j’en suis à me demander quelle est la série principale… Monster Hunter Stories 3 se montre plus ambitieux, dense, prenant que jamais, avec une expérience complète et addictive. Il se base sur une narration mieux construite, un gameplay toujours aussi puissant, un aspect collectionnite / RPG solide, afin de nous offrir une production proche de la perfection, dépassant largement à mes yeux le statut de simple spin-off, en s’imposant comme un RPG marquant de ces dernières années, n’ayons pas peur des mots !

Monster Hunter Stories est considéré par beaucoup comme une porte d’entrée dans l’univers Monster Hunter, avec un changement de format radical, abandonnant le temps réel pour un gameplay au tour par tour solide et robuste, tout en étant vu comme une promesse d’une expérience plus permissive, accessible. Monster Hunter Stories 3 corrige cet état de fait en proposant un voyage complet, en tout point, et clairement ambitieux. En l’état, Capcom vise non pas à séduire uniquement les fans de Monster Hunter ou les éventuels futurs clients, mais bien un marché complet, en s’imposant comme une proposition solide, capable de concurrencer les cadors du RPG au tour par tour.

Deux rathalos, une menace

Monster Hunter Stories 3 prend place dans un monde fantaisiste où deux nations, Azuria et Vermeil, ont un passé commun dans le sang, où la paix est fragile. Un phénomène étrange touche les alentours, avec un phénomène nommé la cristallisation, un mal mystérieux qui se propage dans les écosystèmes environnants, bouleversant la faune et la flore. L’équilibre est rompu, des créatures deviennent agressives, altérées, l’ordre naturel en devient alors chaotique. Cette cristallisation s’étend au-delà des frontières d’Azuria et pousse Vermeil à rompre un pacte ancien et à attaquer Azuria pour survivre et échapper à cette catastrophe.

Cela réveille de vieilles blessures et surtout, un phénomène passé prend tout son sens : quelques années auparavant, un œuf de Rathalos a éclos, laissant apparaître non pas une créature mais deux, signes d’une malédiction d’après les légendes du folklore local. Le royaume d’Azuria pensait faire disparaître l’une des deux wyvernes, mais la reine d’Azuria (originaire de Vermeil…) subtilise le dragonnet et s’échappe avec, héritant alors du nom de reine félonne. Le joueur incarne l’enfant de cette reine (homme ou femme, au choix), jeune adulte, dans un contexte particulier : futur héritier du trône, mais enfant de la traîtresse…

Toute la narration tourne autour de notre héros, son royaume, le conflit latent puis réveillé avec Vermeil, sa place dans cette équation, l’expansion de la cristallisation et l’aventure initiée par notre avatar pour comprendre le geste de sa mère, tenter de sauver son pays, et implicitement bien plus. La narration est maîtrisée, la progression bien rythmée, en prenant le temps d’installer les enjeux et de les faire évoluer sans se précipiter. Le contexte est moins enfantin ou joyeux que les anciens Monster Hunter Stories, et surtout l’histoire prend le temps de nous montrer l’impact de cette infection sur les différents territoires traversés, comment chaque population s’adapte, réagit et vit face à ce danger, et comment la perception de chacun change au fur et à mesure que le voyage se déroule.

Papier, caillou, ciseau

Le système de combat repose toujours sur ce tour par tour maison, avec deux combattants (dont notre héros), accompagnés chacun par un Monstie, où le joueur ne contrôle que son propre binôme. On retrouve cette sainte trinité rouge, vert, bleu façon shifumi, avec un système d’attaque à contrecarrer pour trouver comment prendre l’avantage. L’ensemble est couplé aux mécaniques habituelles de forces et faiblesses élémentaires avec le feu, l’eau, la glace, etc., mais aussi des afflictions comme la brûlure, le poison, etc. Chacune de ces deux composantes est simple à comprendre, à assimiler, prise seule, et offre un système accrocheur et plaisant quand on les conjugue. Si lors des premiers combats, on arrive à passer un peu outre la nécessité d’appliquer la bonne stratégie, très vite on se retrouve face à l’un ou l’autre boss qui nous pousse à utiliser correctement ces mécaniques.

À cela s’ajoute ensuite un système avec plusieurs zones du monstre à cibler (tête, ailes, pattes, etc.), nécessitant l’usage de la bonne arme correspondante (3 familles : épée, marteau, arc) pour maximiser les dégâts. En cours de route, il arrive que le monstre change de comportement : il change sa « couleur », et surtout certaines zones sensibles nous collent une contre-attaque directe si on les cible alors qu’elles étaient « safe » plus tôt, ou inversement. Monster Hunter Stories 3 nécessite une lecture attentive de chaque monstre, de son comportement de base, de son évolution, de ses changements, pour adapter notre approche à tout moment. De la sorte, on change de couleur aussi pour notre attaque, d’arme, voire de monstie pour être plus efficace, etc.

Il y a encore certaines mécaniques d’attaque groupée, voire de talent d’amitié quand la jauge d’équipe est à fond : le personnage monte alors sur le monstie pour une attaque signature. Quand un monstie perd toute sa défense, une attaque en symbiose se déclenche via QTE où nos quatre membres se lâchent tour à tour. Il y a donc tout un système pour exploiter les faiblesses, optimiser nos dégâts, choisir quand tout envoyer ou quand en garder sous le pied. Et comme dit, la courbe de progression étant bien tunée, les débuts sont aisés mais très vite Monster Hunter Stories 3 nous met face à des combats assez rudes, nous poussant à tout donner et à bien maîtriser les mécaniques disponibles.

Attrapez les tous

La capture de monsties fait toujours partie de l’expérience, avec des grottes symbolisées sur la carte, qu’il suffit de visiter pour récupérer un précieux œuf… c’est à chaque fois la surprise : est-ce que cette grotte abrite un monstre ? Est-il éveillé ? Que contient ce repaire en plus de l’œuf ? Et surtout : quel œuf vais-je trouver ? Il y a une sorte de tirage dépendant de plusieurs facteurs : quels monstres rodent aux alentours ? la rareté ? le niveau des monstres alentours ? etc. Attaquer un monstie sauvage amène quasiment toujours ce monstie à fuir vers une tanière où le joueur récupère alors forcément un œuf de ce monstre.

Car oui, il y a une gestion de la population à avoir : chaque carte est divisée en plusieurs zones distinctes, et chacune d’elles abrite 5 monsties différents… donc dans une région où Tobi-Kadachi n’est pas présent, vous n’y trouverez pas d’œuf, logique ! La « qualité » de population joue également. De base, on ne trouvera que des monsties rang C, mais plus on libère de monsties de cette race dans le coin, plus le rang monte, jusqu’au rang S ! Le monstie hérite alors de plusieurs talents liés à la zone. Mais pour avoir accès à ces fonctions de gestion de population, encore faut-il avoir tué le monstre puissant du camp pour y installer notre camp !

Il est aussi possible d’introduire des monstres inédits dans une région, car chaque zone peut en réalité accueillir jusqu’à 10 sortes de monstres ! Et là, les mutations arrivent. Un Rathian peut devenir Rathian Sakura ou Reine Poison. Et cela va même plus loin : chaque mini-zone est liée à un élément. Relâcher un Tobi-Kadachi dans une région de feu peut le faire muter… il sort de l’œuf avec un teint rougeâtre et gagne des affinités avec le feu. La formule donne une réelle impression de monde vivant, évolutif, avec un cycle jour / nuit pour certaines traques à prendre en compte. Et parfois, on a beau cherché, un monstre n’apparaît pas … car il est en proie à un prédateur, un monstre puissant qui l’annihile! Il faut donc traquer de nuit cette menace, la repousser dan sa tanière pour y découvrir l’oeuf d’une race rare.

Ce qui pouvait s’apparenter à de la collectionnite de monstres devient en réalité un travail de fond de recherche de sa version ultime derrière : monter son rang, chercher sa mutation rare et puissance, et derrière cela se joue aussi sur un système de matrice avec des talents où il y a possibilité de jouer sur des manipulations génétiques en quelque sorte pour transférer des capacités d’un monstie à l’autre. Cela prend la forme d’un morpion où aligner trois icônes du même type, ou de la même couleur, ajoute des bonus : gains élémentaires, dégâts ou défense augmentés, etc.

Une optimisation de tous les instants

Forcément, la composition d’équipe prend une tout autre tournure selon l’activité du moment. Pour ma part, j’aime bien avoir une team homogène, la plupart du temps, avec un monstie de chaque élément, mais aussi de différentes couleurs, mais quand on vise un boss particulier, on s’adapte pour se donner un maximum de chances. On affronte un monstie de feu, faible face à l’eau ? On remplace déjà notre compagnon de glace qui sera en partie inefficace et faible surtout à ce moment-là. Perdre la vie une fois dans le combat (le monstie ou notre héros) n’est pas une fin en soi, mais il faut bien garder à l’esprit que nous ne disposons que de 3 cœurs par combat !

Monster Hunter Stories 3 fait preuve d’une incroyable richesse entre le casting de monstres à capturer, la trame principale et toute une pelletée de contenus secondaires à remplir, que ce soit des quêtes reçues via des personnages rencontrés, les missions de compagnons pour en apprendre plus sur eux (en plus d’améliorer leur force), mais aussi le farming de composants pour crafter et améliorer nos armes et armures avec une recette très proche de ce que propose la série principale. Et pour farmer, et aller chercher tout ce contenu secondaire, l’exploration prend une part non négligeable de la recette et là aussi, chaque monstre apporte des capacités : certains planent, d’autres nagent, grimpent, creusent, etc… encore un point à prendre en compte au moment de créer son équipe !

Si on analyse l’ensemble, Monster Hunter Stories 3 fait preuve d’une certaine maturité, avec une formule qui a clairement évolué : la narration devient plus impliquante, la gestion des monstres stratégique et profonde, et une exploration plus organique, avec une recette ne se contentant pas d’empiler les mécaniques, mais en les imbriquant intelligemment, de façon cohérente et aboutie. Il y a clairement une ambition bien plus forte que précédemment, au point que Stories franchit clairement un cap et en vient au même niveau à mes yeux que la série principale.

Sur le plan technique, la mouture PS5 Pro propose trois modes d’affichage : qualité, performance et équilibre. Dès lors qu’on possède un écran 120 Hz et qu’on active l’option associée, ce dernier mode s’impose de lui-même comme le choix le plus intéressant, couplant la qualité visuelle à une certaine fluidité, rendant le voyage irréprochable sur l’aspect technique. La nouvelle DA est une réussite totale avec des textures de qualité, un rendu au poil, couplé à cette approche anime-like. C’est coloré, vivant, fidèle à l’identité Monster Hunter en termes de monster design, tout en adoptant une ambiance que je trouve plus mature que les deux premiers opus. La bande-son et le doublage sont dans la même lignée, notamment la bande-son qui inclut quelques pistes épiques lors de combats de boss par exemple.

Monster Hunter Stories 3 s’impose clairement comme une évolution franche de la série avec l’ensemble des fonctionnalités, aspects et mécaniques gagnant en maturité, en qualité. Que ce soit la narration, la collectionnite et l’évolution des monstres, le tour par tour, l’exploration, on y trouve toujours son compte, et l’ensemble nous offre un titre accrocheur et prenant. Avec cet épisode, Monster Hunter Stories dépasse clairement son statut de simple spin-off et concurrence sans effort le RPG au tour par tour du marché. L’un de mes plus gros coups de cœur de l’année (si ce n’est pas LE gros jeu phare), et pourtant ce début 2026 est déjà titanesque !

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