29 avril 2026

Preview Solasta II : une suite ambitieuse, mais encore en chantier

Le monde du CRPG inspiré de Donjons & Dragons contient un catalogue de plus en plus qualitatif et surtout attirant de plus en plus de joueurs depuis le succès de l’excellent Baldur’s Gate 3. Après un premier épisode ayant rencontré un certain succès, Solasta revient de plus belle en proposant depuis peu son second titre en accès anticipé. Cette première version donne un aperçu solide de ses intentions, même s’il laisse apparaître quelques zones encore fragiles, nécessitant une certaine attention : un chantier consistant, mais posant des fondations très solides à la fois.

Solasta II arrive comme une vraie suite au premier titre, et ne cherche pas la rupture mais bien la continuité avant tout. Le jeu s’inscrit dans une logique similaire au premier jeu, reposant sur une adaptation rigoureuse et précise de D&D, avec un découpage précis de chaque action, bonus, réaction et une application tout aussi exigeante de ses règles. Le rythme est posé, chaque décision compte, chaque action a son impact à un moment ou à un autre, et le moindre loupé peut avoir des conséquences concrètes. Là où certains titres cherchent avant tout à ouvrir la porte à une éventuelle nouvelle clientèle D&D, Solasta II conserve son exigence scolaire du JdR papier, sans faire le moindre compromis.

Cette fidélité est l’une des forces pour les purs rôlistes, où chaque combat nécessite une véritable lecture de la scène, que ce soit le positionnement de chaque adversaire, leur type (et donc leurs forces comme leurs faiblesses), mais aussi l’environnement, avec les zones accessibles, comment casser les lignes de vue, ou se servir d’une partie du décor à son avantage sans tomber soi-même dans un piège se refermant sur nous. La réflexion est de chaque instant pour voir comment prendre un avantage, comment surprendre un ennemi, comment maximiser nos dégâts sans foncer tête baissée et se mettre à découvert avec un réel aspect stratégique de fond. Si, quand on est habitué au genre, l’ampleur et la profondeur offertes par Solasta II génèrent immédiatement un réel plaisir, les non-initiés et non-habitués risquent quelque peu de se casser les dents face à un système aussi généreux et complexe.

Si Solasta II ne ferme pas entièrement la porte aux nouveaux arrivants, il ne fait pas d’effort pour simplifier ses mécaniques, nécessitant un réel apprentissage pour en comprendre toutes les subtilités. Le jeu en vaut la chandelle, mais cela demande de s’y plonger réellement, sans détour. Solasta II n’est pas le genre de jeu qu’on lance de temps en temps, comme ça, juste pour voir. Mais depuis le lancement de son premier opus, Solasta a grandi et s’est tout de même donné de meilleurs moyens pour se lancer dans l’aventure : l’interface a été revue, retravaillée, les infos sont plus claires et accessibles plus rapidement, et certains tooltips permettent de mieux comprendre certaines mécaniques. Solasta II ne simplifie pas son fonctionnement, mais le rend un peu plus lisible. Par contre, n’attendez pas de tutoriels à outrance, étant encore limités en l’état. Une bonne connaissance du JdR reste conseillée de mon point de vue. On nous donne des bases, mais pas beaucoup plus. L’expérimentation et la gestion des conséquences restent importantes.

La mise en scène reste, dans les grandes lignes, similaire à ce qu’on a connu par le passé, avec une approche fonctionnelle, centrée sur des dialogues et une réalisation qui délaisse parfois un peu l’immersion pour nous offrir suffisamment de clarté pour tout réussir à suivre. Les interactions entre nos avatars reposent avant tout sur des jets de dés liés à nos compétences plus qu’autre chose, dans la plus pure tradition JdR. Si cette orientation séduira les afficionados du jeu de rôle, cela limite forcément quelque part l’impact narratif des choix faits. L’écriture reste plus que correcte, sans réelle surprise pour le moment, accès anticipé oblige, on ne joue que le début.

Le contenu est pour le moment assez court, une petite dizaine d’heures, mais là aussi, en plein lancement d’EA, rien de bien étonnant. Cette introduction sert de grosse mise en bouche plus qu’autre chose. L’objectif ici est de poser les bases plus que d’autres choses. Prévu pour une durée d’un an (variable selon les remontées), Solasta II devrait connaître pas mal de nouveautés dans les semaines à venir… On a déjà accès à 6 classes, et à de multiples sous-classes à ce jour (le classique JdR), avec d’autres archétypes prévues d’ici la 1.0, avec de nouveaux chapitres incluant des quêtes, lieux, monstres, etc. Sur l’aspect technique, Solasta II se montre plus joli que son aîné, avec un niveau de détail supérieur, une meilleure gestion de la lumière par exemple, offrant un ensemble propre, soigné, mais certaines animations restent rigides, tout comme certaines transitions manquent de finition et de fluidité, avec encore quelques bugs existants, nécessitant du polish encore.

Si le statut d’early access se voit et ne trahit pas ce statut, Solasta II reste néanmoins une base solide pour un voyage toujours aussi rigoureux et profond (du moins, cela en a l’apparence de ce qu’on a pu jouer). Il y a une volonté claire de suivre les traces du premier jeu, en montant l’un ou l’autre curseur, tout en corrigeant certaines errances au passage, notamment sur la technique, même s’il reste du travail. Si la narration reste pour le moment en retrait, cette première mise en bouche donne envie de suivre le projet sur les prochaines semaines, pour voir son évolution et découvrir si le potentiel évident affiché se transformera en succès définitif ou non. À noter par contre que le jeu s’adresse toujours aux connaisseurs du JdR et de D&D avant tout, même si un débutant pourrait (avec un peu de volonté) s’y retrouver.

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