10 mai 2026

Test MotoGP 26 : dans le sillon de 2025

MotoGP 26 fait son petit bout de chemin chaque année, dans une logique d’évolution sans jamais vraiment bouleverser sa formule. L’opus 2026 propose un pilotage toujours plus affiné, précis, en étant d’ailleurs un peu plus exigeant cette année, mais sans dénigrer son habitude de se reposer (très) fortement sur ses acquis et sa production de l’année précédente. Si la promesse d’évolution est bien présente sur le papier, la réalité donne toujours un feeling entre deux.

Dès les premiers tours sur le bitume, la sensation de familiarité est là : le moteur physique mais aussi technique reste très proche de ce que MotoGP 25 nous a proposé, avec un pilotage toujours basé sur cet équilibre fragile entre vitesse et sûreté. La précision du freinage, la gestion du placement, quand réaccélérer et à quel degré en sortie de virage, l’équilibre du pilote sur son engin, toujours autant de facteurs à avoir bien en main sous peine de se louper et voir notre classement dégringoler. Si MotoGP s’est toujours voulu axé simulation, depuis quelques années de nombreuses aides sont disponibles ; ces assistances peuvent rendre l’expérience plus accessible dans l’approche, plus permissive, sans rendre le titre arcade. C’est surtout pour aider les nouveaux venus à mettre les pieds dans le grand bain sans rendre MotoGP simple, permettant de retrouver ses marques ou découvrir la formule. Et quand on désactive tout, MotoGP devient une pure simu, profonde, brute.

Toutefois, MotoGP 26 semble faire un léger retour arrière cette année, avec une entrée plus complexe pour les nouveaux joueurs, la moto semblant moins tolérante aux impairs, notamment lors d’une entrée dans une chicane un peu trop agressive où la perte d’adhérence est immédiate, surtout si le transfert de masse n’est pas anticipé. Voyez-y plus un ajustement qu’une refonte, une volonté même, full aides, de conserver un regard simu. Le cœur du gameplay conserve tout de même cette large amplitude entre accessibilité contrôlée et pure simulation. La progression est toujours pédagogique au fur et à mesure qu’on désactive des assistances, avec une montée en compétence via la pratique, les tours de piste enchaînés, l’entraînement, l’apprentissage des tracés, savoir quand mettre les gaz, quand relâcher, quand freiner, apprendre les trajectoires, tout cela reste le meilleur moyen de voir ses chronos s’améliorer. MotoGP a toujours privilégié ce type de courbe, progressive, avec une montée en puissance au fil de l’eau.

Côté IA, MotoGP 26 tente d’apporter un peu de punch en améliorant le comportement de nos opposants, notamment quand il s’agit d’attaquer, de dépasser dans les virages, ou même dans le comportement du peloton, où cela joue le placement dans le sillon pour gagner de la vitesse, jouer des coudes dans les chicanes, etc. Si dans les grandes lignes l’IA est convaincante, il reste toujours quelques incohérences notables, pas toujours réalistes, mais sinon chaque course amène son lot de tension, de batailles pour grappiller quelques places. Le tout gagne en cohérence et en authenticité. Il y a une réelle volonté de dynamiser la vie sur le circuit et, même si parfois cela pêche, le système s’améliore doucement mais sûrement. Le mode carrière reste assez fidèle à ce qu’on a connu, avec une progression structurée autour de la montée du pilote, la gestion d’écuries, et les rivalités qui vont avec. L’ensemble reste efficace, avec des événements de saison, les ITW et conf de presse, qui viennent parfois apporter un peu de mouvement mais cela reste « léger » (plus pour se fixer des défis de fond en gros). On sent que l’ensemble est un peu mieux habillé, peaufiné, sans chambouler l’existant en réalité. Le même, en un peu mieux. Côté contenu, on retrouve les modes habituels avec du TT, des courses rapides, et le mode en ligne. L’expérience repose toujours sur les mêmes piliers d’une année à l’autre, jamais chamboulés, juste ajustés par-ci par-là.

MotoGP délivre, comme ses prédécesseurs, une technique XXL sur console, dont la PS5 Pro qui combine rendu au top et fluidité irréprochable. Déjà sur consoles de base, MotoGP a toujours été très costaud. La gestion des lumières est encore un peu plus maîtrisée, les conditions météorologiques dynamiques accentuent le photoréalisme avec un effet aussi bien visuel que sur la conduite. Les circuits jouissent d’une fidélité élevée en termes de reproduction, sans parler de la qualité des motos. Même si on reste sur la base déjà robuste de MotoGP 25, l’épisode 2026 donne l’impression d’être encore un peu plus solide. La couche audio joue aussi les valeurs sûres, en conservant une qualité solide, une reproduction fidèle des moteurs, et une immersion plus que correcte. La DualSense, enfin, suit la même logique, avec une bonne prise en charge, comme toujours.

Si on fait fi de la montée légère en exigence, même avec les aides au maximum, et d’une technique un chouïa plus solide qu’avant, MotoGP 26 conserve cette logique d’évolution / remise à niveau annuelle comme depuis un moment. Ce n’est pas cette année que la licence nous offrira un véritable épisode de rupture, de révolution. C’est propre, cohérent, soigné, mais pour tout joueur ayant le 25, hormis les ultra fans voulant leur dose, difficile de justifier un passage en caisse à prix plein. MotoGP 26 est un excellent jeu, mais très proche du précédent (trop peut-être) sur pas mal de facettes. C’est là toute la délicatesse des productions annualisées : réussir à donner envie aux joueurs de sauter le pas et de repayer un prix fort.

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