3 juillet 2026

Test The Adventures of Elliot : entre nostalgie et modernité

Team Asano est un studio que j’affectionne tout particulièrement avec leurs productions qui arrivent à coupler cette vibe rétro tout en apportant des mécaniques et fonctionnalités modernes afin de délivrer des titres finalement dans l’ère du temps. Pour The Adventures of Elliot, je perçois une approche un peu différente, visant la corde nostalgique tout en tentant de faire ressortir des sensations d’antan, différentes du marché actuel. Derrière cette direction artistique maison si séduisante, Elliot adopte une posture ARPG surprenante mais particulièrement addictive. Sans chercher à bouleverser les codes, le titre construit une aventure efficace, prenante et agréable à parcourir. Un véritable coup de cœur dont je n’attendais pas spécialement un tel voyage.

Dès les premiers pas en jeu, la touche Team Asano frappe, avec ce mélange d’inspirations, des sprites expressifs façon pixel-art, que ce soit les personnages ou les ennemis, rappelant ce côté old school d’une ère 16/32 bits, tandis que les décors plus modernes affichent même quelques effets clairement dans l’ère du temps afin de modéliser des environnements riches. The Adventures of Elliot séduit avec une direction artistique tout simplement sublime, donnant l’impression de redécouvrir un jeu d’une autre époque mais qui aurait profité d’une cure de jouvence sur certains aspects. Les premiers instants manette en main m’ont rappelé cette ère déjà mentionnée, où l’émerveillement était constant en jeu, avec des choses simples mais qui font leur effet. On avance, on découvre une nouvelle zone, un coffre attire l’œil au loin, on s’avance et, en chemin, un monstre inconnu apparaît, on tente de le tuer au passage, et entre-temps, on retourne sur le chemin tracé par notre objectif, le tout avec un gameplay action / aventure / RPG en sorte de 2.5D si fréquent à l’époque. Parfois, on avance même sans but dans une direction, juste pour le plaisir de voir à quoi correspondent les quelques pixels apparus au loin qui nous interpellent.

Un voyage intemporel

L’histoire nous amène dans un monde heroic fantasy où réside un aventurier nommé Elliot. Celui-ci est ami avec un conseiller du roi, qui en arrive à récupérer une mission classique : parcourir des ruines non loin du royaume. De fil en aiguille, il est question d’une porte magique, scellée en raison d’un pouvoir potentiellement dangereux car cette porte permet de naviguer dans le temps. La clé est ramenée au château, et l’un des proches du roi la subtilise puis ouvre cette fameuse porte. S’ensuit une suite d’événements qui embarquent Elliot dans un voyage temporel, et une aventure classique certes, mais efficace, à la découverte d’un monde au travers de plusieurs époques, dans lequel on fait de nombreuses rencontres, tandis que les enjeux s’élargissent progressivement.

L’écriture est de bonne facture, les dialogues sont concis et efficaces, et surtout l’ensemble est bien rythmé, sans longues tirades. Même si je ne peux pas ressortir un moment plus marquant qu’un autre, l’ensemble reste plaisant à parcourir, avec une histoire qui accompagne plus qu’elle ne porte réellement l’ensemble, mais ce n’est pas un mal en soi. Cela nous maintient tout de même manette en main suffisamment longtemps pour accrocher. En tout cas, l’ensemble fonctionne, avec une impression que le jeu privilégie le plaisir immédiat, cette « magie » de l’exploration avant tout, plutôt qu’une mise en scène ambitieuse. Cette légèreté permet, comme déjà dit, de maintenir un rythme soutenu.

Nouvelle optique

Là où j’ai été surpris, c’est de voir Team Asano se frotter à autre chose que leur tour par tour dans lequel ils ont toujours excellé (ou au moins été très bons), avec une approche dynamique et efficace basée sur des combats en temps réel où les déplacements, notre faculté à éviter les dégâts et la bonne gestion de nos armes sont nécessaires pour remporter la victoire. Cela me rappelle d’anciens Zelda par exemple et plus généralement ces RPG en temps réel de l’ère 16/32 bits, où ce plaisir d’explorer, fouiller et combattre sans temps morts procure ce feeling si savoureux manette en main. La partie affrontement trouve une place logique, naturelle, dans le gameplay et même si cela peut paraître basique sur le papier, dans une analyse brute, je peux vous assurer que le voyage vaut le détour et qu’il en devient vite addictif.

Je parlais de maîtrise des armes juste avant, chacune offrant des sensations différentes, certaines favorisant des approches rapides, d’autres plus lentes, au corps-à-corps ou à distance, etc. Chacune possède ses forces et ses faiblesses, et on alterne rapidement et facilement entre les deux armes actives (une sur carré, l’autre sur triangle), avec des attaques simples ou chargées pour frapper plus fort. Avec certaines ressources lootées ici et là, il y a moyen de générer des sortes de pierres magiques aléatoires qui renforcent l’une ou l’autre arme. Chacune possède par contre un coût en nombre de points. À nous ensuite d’équiper, pour chaque arme, les pierres que l’on apprécie le plus, celles qui correspondent à notre façon de jouer, tout en restant dans le budget alloué. Plus on avance, plus il devient possible de développer des pierres puissantes et utiles.

On retrouve ce plaisir simple mais assumé d’un RPG qui a tout pour lui : une exploration qui appelle sans cesse à aller un peu plus loin que ce qu’on nous demande, un gameplay solide avec une couche RPG légère mais laissant une liberté pour, une nouvelle fois, adapter Elliot comme on le souhaite. À de nombreuses reprises, des passages sont bloqués lors de notre premier passage, mais l’acquisition d’un talent ou d’une arme permet d’ouvrir un chemin inaccessible auparavant, et de découvrir une nouvelle fois un trésor, une grotte ou un mini-donjon alternant eux aussi exploration, quelques énigmes environnementales et combats. Les boss sont d’ailleurs plutôt bien ficelés et nous poussent à utiliser l’intégralité des outils à notre disposition pour aller vers la victoire.

Un voyage classique mais original à la fois

J’ai la corde nostalgique qui vibre facilement et forcément, avec The Adventures of Elliot, cela n’a pas loupé. J’ai retrouvé ce feeling old school de ce que j’appelle souvent mon âge d’or du RPG, avec une aventure qui n’est pas téléguidée H24. Il y a bien l’un ou l’autre indicateur visible, mais ça ne clignote pas de partout, l’interface reste épurée, laissant le joueur marcher un peu où il veut, même s’il y a des passages où le jeu met son veto avec un « il y a une quête à faire maintenant ». Le plaisir est réellement dans la découverte ici.

L’idée de parcourir un même monde à plusieurs époques est bien menée aussi, avec un terrain pourtant connu mais appréhendé autrement, des options différentes d’une période à l’autre même si, par moment, il est difficile de ne pas avoir l’impression d’une revisite plutôt que d’une pure redécouverte. Dans l’ensemble, cela fonctionne bien mais il faut rester franc aussi : il arrive que le sentiment de redondance soit présent sans être impactant plus que cela non plus. Même constat pour le bestiaire sur la durée qui manque un chouia de peps ou de surprises. Le contenu reste cependant bien rythmé pour éviter une réelle lassitude, avec une capacité à renouveler les objectifs, nous transporter dans une nouvelle région, en alternant entre narration, séquences en extérieur et donjons.

Sur l’aspect technique, rendu et audio, on sent une certaine maîtrise habituelle chez Team Asano avec une DA, comme déjà indiquée, folle et séduisante, entre rétro et modernité, un chara-design de toute beauté et une couche audio de qualité pour accompagner parfaitement notre voyage avec des thèmes entrainant. Forcément, côté performances, RAS, tout tourne proprement sur PS5 Pro sans la moindre embrouille, le titre étant très loin d’être demandeur en termes de ressources et tout cela, avec des STFR au passage, et un doublage japonais / anglais au choix.

The Adventures of Elliot est un voyage qui joue, pour les anciens joueurs, sur cette couche nostalgique en redonnant des sensations d’antan : un jeu qui semble simple dans ses mécaniques mais qui génère ce petit truc donnant envie d’aller plus loin, découvrir ce qui arrive et avancer, en accumulant plusieurs petites réussites qui rendent l’ensemble agréable et particulièrement séduisant. Que ce soit la DA puissante, le gameplay efficace, l’ambiance générale du jeu ou même son histoire qui reste intéressante, The Adventures of Elliot affiche clairement des arguments forts qui font de lui un ARPG / RPG qui mérite le coup d’œil. Il y a bien l’un ou l’autre sujet discutable mais me concernant, The Adventures of Elliot apparaît comme l’un de mes gros coups de cœur du moment.

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