18 août 2026

Avis Final Fantasy X / X-2 HD Remaster sur Switch 2 : deux chefs-d’œuvre intemporels, mais une réédition timide

Il y a des jeux qui traversent le temps, les générations sans jamais perdre de leur aura et de leur impact. Final Fantasy X fait partie de cette trempe. Plus de deux décennies après sa sortie, son histoire, son univers, mais aussi son gameplay continuent de fonctionner et l’effet qu’il génère sur moi est toujours aussi fort. Final Fantasy X / X-2 débarque enfin sur Switch 2, afin d’en profiter dans de meilleures conditions chez Nintendo. Si j’adore ces titres, il faut reconnaître que cette nouvelle édition reste légère en termes de nouveautés et peine à justifier un nouveau passage en caisse quand on possède déjà les précédents remasters HD.

Il est difficile pour moi d’aborder Final Fantasy X de façon neutre, tant il représente pour moi. Certains jeux marquent pour leur qualité, d’autres parce qu’ils s’associent à des souvenirs forts de notre vie, et dans le cas de FF X, c’est clairement les deux. Il suffit de le relancer pour retrouver immédiatement cette sensation de repartir pour un voyage dont chaque étape est encore gravée dans notre mémoire, et les souvenirs reviennent instantanément. Pourtant, cette affection particulière ne doit pas empêcher d’évaluer objectivement ce que propose aujourd’hui ce portage Switch 2.

Final Fantasy X reste avant tout une aventure remarquable, contant l’histoire de Tidus qui débute comme une quête presque intime autour d’un père qu’il déteste autant qu’il admire. Mais très rapidement, le récit prend une tournure d’une toute autre ampleur lorsque notre aventurier découvre le monde de Spira et qu’il fait la rencontre de Yuna, une Invokeuse qui se lance dans un pèlerinage dont chacun comprend rapidement l’ampleur et surtout la finalité, afin de lutter contre un mal absolu : Sin. Même si certains dialogues ou séquences portent aujourd’hui doucement mais sûrement le poids des années, l’ensemble conserve une force émotionnelle puissante, qui explique largement pourquoi FF X est encore aujourd’hui dans les débats quand on parle des JRPG les plus marquants des dernières décennies.

La relation entre Tidus et Yuna participe à cette réussite, avec un lien qui évolue naturellement au fil de l’aventure, sans jamais être forcé. Plus le joueur découvre les vérités qui entourent Sin, Yevon, les Priants et la finalité de ce voyage, plus cette romance prend un chemin tragique qui renforce énormément la dernière ligne droite et le dénouement. Spira demeure un modèle de cohérence où chaque région possède sa propre identité, ses traditions, ses habitants et surtout sa place dans ce puzzle géant façonné autour de Sin. Peu de JRPG donnent ce feeling, où chaque élément se trouve à sa place, ici et pas ailleurs, avec une telle logique. Même encore aujourd’hui, parcourir Spira donne l’impression de découvrir une civilisation éclectique.

Côté gameplay, la formule n’a que peu vieilli avec ce système CTB qui représente le meilleur compromis au tour par tour de la série. On y visualise l’ordre des actions, ce qui permet d’apporter de la profondeur stratégique et récompense la réflexion plutôt que la rapidité d’exécution. Chaque personnage jouable débute avec un rôle prédéfini bien précis, avant que le Sphérier ne laisse progressivement évoluer le personnage selon nos choix et n’ouvre plus de liberté qu’on ne le pensait. Ce Sphérier représente d’ailleurs toujours l’une des plus grandes réussites de FF X, car il transforme chaque montée de niveau en une véritable décision, dans le sens où l’on façonne notre personnage. Les versions HD ont ensuite permis de choisir entre un Sphérier classique, le Standard, et le mode Expert, qui offre davantage de liberté aux joueurs souhaitant expérimenter de nouvelles spécialisations dès le début de l’aventure.

Une fois le jeu terminé, FF X dévoile encore plus de richesse avec les Armes des Sept Astres, les Chimères Purgatrices, le Centre d’entraînement et tout un tas de défis plus exigeants les uns que les autres qui attendent les joueurs, sans oublier l’optimisation du Sphérier. Et c’est sans compter le Blitzball, qui arrive à devenir un vrai jeu dans le jeu. Derrière son apparence simple se cache un système suffisamment complet pour donner envie d’enchaîner les saisons, de recruter des joueurs, et ainsi de suite. À l’époque, peu de mini-jeux atteignaient ce niveau de profondeur et d’addiction.

Final Fantasy X-2 prend le relais avec une proposition radicalement différente, avec un ton plus léger, qui a longtemps divisé mais qui possède une véritable cohérence avec FF X. Après des siècles de peur, Spira reprend doucement mais sûrement sa vie. Ce changement d’ambiance surprend, mais il permet de montrer Yuna qui, elle aussi, semble avoir pris un nouveau départ, et qui n’est plus seulement définie par son rôle d’Invokeuse. Le véritable point fort de FF X-2 est son gameplay, avec le retour du système de Jobs, offrant une richesse remarquable, tandis que les combats affichent un certain dynamisme avec le retour de l’ATB. Les changements de costume ne se limitent pas à un changement de look : ils constituent bien le cœur du gameplay, permettant d’adapter la configuration de l’équipe selon les situations.

Final Fantasy X et X-2 possèdent chacun une aura forte, une histoire prenante, touchante et poignante, avec un gameplay solide, et de telles œuvres méritent une attention particulière. Après leur sortie sur PS2, des rééditions HD Remaster sur PS3 et Vita, puis PS4 et Switch, voici donc la sortie Switch 2 qui débarque enfin chez nous, et c’est là que les limites apparaissent. L’image bénéficie de quelques améliorations vis-à-vis des jeux d’origine, avec une définition un cran au-dessus. Les performances restent stables et les options de confort sont agréables, facilitant la progression de ceux voulant se focaliser sur l’histoire, par exemple. Mais ces options restent cependant discrètes. Les améliorations vis-à-vis des précédentes versions HD sont minimes, en dehors d’une comparaison côte à côte en cherchant dans le détail. Les modèles, textures et animations restent identiques à ce que les précédents remasters proposaient.

Plus frustrant encore, cette mouture Switch 2 nécessite un achat plein même quand on possède la version Switch, et il n’y a aucun transfert de sauvegarde possible. Les qualités des FF X et X-2 restent intactes, même avec les années qui passent. C’est toujours un régal de se plonger dans ce monde unique, cette histoire touchante et son gameplay robuste. Cette version Switch 2 ne fait finalement qu’un +1 au support sur lequel la compilation HD Remaster est disponible, mais sur l’aspect technique, elle n’apporte finalement rien, pour faire court. Les jeux restent deux références du JRPG, avec X capable de proposer une expérience dense, et il reste à mes yeux l’un des titres phares de ma vie de gamer, au point que mon premier nom de scène fut tiré du jeu, ainsi que certains de mes pseudonymes gaming. Et je pense qu’il aurait mérité un peu plus que ce que nous offre ce portage très simpliste.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *