26 septembre 2026

Avis Valheim : cinq ans plus tard, le drakkar arrive sur la berge

Cinq ans, c’est le temps qu’il aura fallu à Valheim pour sortir de son accès anticipé et arriver enfin dans une version 1.0. Son ambition est claire : une aventure de survie âpre, exigeante, mais tellement séduisante dans un monde Viking brutal. Cette version 1.0 ne se limite pas simplement à l’ajout d’une nouvelle région, le Deep North. Iron Gate profite de cette étape pour enrichir la progression, affiner et peaufiner certains systèmes, mais surtout apporter toute une série d’améliorations qui donnent davantage de cohérence à la formule. Par la même occasion, le titre arrive sur Switch 2 et découvre ainsi un nouveau terrain de jeu, entre mobilité et contraintes techniques pour rentrer dans ce petit moule.

La formule de Valheim repose avant tout sur une réelle liberté. Après un débarquement tranquille, il faut récupérer du bois, de la pierre, fabriquer ses premiers outils et installer son camp. La progression repose ensuite sur l’exploration, la découverte de nouvelles ressources et la fabrication d’équipements toujours plus puissants. On retrouve la base de la formule des survivals, version viking, version Valheim. Rien n’impose réellement de suivre un chemin prédestiné. Le jeu donne des pistes, mais il faut bien garder à l’esprit que le voyage du joueur est totalement libre. Le joueur conçoit sa propre aventure. Et c’est sur cette philosophie que Valheim bâtit ses plus grandes forces. Son système d’alimentation, notamment, nous pousse à préparer toutes nos expéditions en fonction des ressources disponibles afin de prévoir et anticiper au maximum les dangers que l’on va rencontrer. La construction prend également une place importante, et cette version 1.0 améliore cet aspect avec de toutes nouvelles pièces et une interface de construction revue avec des menus plus ergonomiques.

La version 1.0 ajoute avant tout une véritable dernière étape à la progression avec le Deep North. Ce nouveau biome apporte aussi bien ses ressources que de nouvelles créatures, des lieux à explorer, mais également son lot de matériaux de construction et d’équipements. Ce sont plus de 40 armes, quatre ensembles d’armures, tout un tas de nouveaux outils, de capes et d’accessoires qui viennent compléter une progression déjà généreuse et riche. Le contenu ne se contente donc pas de rajouter une nouvelle région. Il accompagne le joueur durant la dernière partie de son voyage avec une toute nouvelle couche d’équipements et de fabrication, pour clore cette épopée. On voit finalement le Deep North comme la matérialisation de Valheim dans son statut final. On a eu droit à cinq ans d’ajouts successifs, de mises à jour et de nouveaux contenus. Aujourd’hui, avec le Deep North, le studio pose la dernière brique de son jeu en nous offrant un dernier environnement, un nouveau boss et surtout une progression qui nous mène jusqu’à une réelle conclusion. L’ensemble conserve la philosophie d’origine, basée sur l’exploration, l’expérimentation et le fait d’accepter parfois de perdre du temps afin de chercher le petit matériau qui nous manque. Mais cette liberté reste prioritaire sur le confort.

Du plus, et du moins

C’est également ici que Valheim conserve malheureusement ses limites historiques. Malgré l’enrichissement dont il a fait preuve et toutes les améliorations qu’il a acquises, le jeu conserve des systèmes parfois exigeants, des mécaniques qui ne sont pas forcément simples à assimiler et surtout une progression qui demande énormément de temps. Certaines ressources sont longues à réunir, le farming n’est pas toujours rapide, les déplacements peuvent devenir très contraignants et les derniers biomes imposent une préparation importante.

La version 1.0 ne transforme donc pas Valheim en expérience plus immédiate. Elle consolide son existant et ajoute la dernière pièce qui manquait à l’ensemble. Valheim reste compliqué à assimiler. Il est plus exigeant que la plupart des survivals, mais le voyage en vaut clairement la route. Les nouveautés de cette version 1.0 ne s’arrêtent pas au Deep North. La version finale ajoute, comme déjà évoqué, de nouveaux matériaux, de nouvelles recettes, des éléments de construction, ainsi que tout un tas d’événements à vivre et des améliorations d’interface. Le système de progression de l’équipement s’enrichit lui aussi, avec de nouvelles possibilités pour donner des bonus à nos équipements et dépasser certaines limites précédentes. L’inventaire profite également d’ajustements, tandis que les différents tooltips et éléments d’interface gagnent en ergonomie et en précision. Valheim 1.0 reste finalement Valheim, mais amélioré, peaufiné, optimisé, toujours aussi exigeant, mais diablement séduisant.

Sur le plan technique, l’arrivée de Valheim sur Switch 2 constitue une évolution importante. Rares sont encore les survivals disponibles sur Switch 2, et voir débarquer un titre de ce calibre, qui a déjà tant offert, est forcément appréciable. La console propose trois profils destinés à privilégier soit la fluidité, soit la qualité d’image, soit un compromis entre les deux. Performance vise ainsi 60 images par seconde, tandis que Quality reste à 30. Le mode Balanced cherche l’équilibre entre les deux, avec une cible à 40 FPS. Ce choix permet, selon le profil du joueur et ses préférences, d’adapter l’expérience. Les performances sont néanmoins parfois impactées lors des changements de zone ou dans les moments un peu plus chargés. Il arrive que l’on subisse quelques saccades et baisses de fluidité lors de l’exploration, particulièrement lorsque le jeu doit charger ou générer de nouveaux éléments du monde. Le phénomène n’empêche toutefois pas de jouer ni de profiter de Valheim sur Switch 2. Le mode Balanced paraît être le meilleur compromis entre fluidité et qualité.

Un portage soigné

En contrepartie, la Switch 2 profite de quelques adaptations assez intéressantes, notamment l’écran tactile qui peut être utilisé pour naviguer dans les menus et le gyroscope pour la visée, tandis que le mode souris permet de retrouver une manipulation plus proche du monde PC pour certaines fonctions. C’est notamment le cas de la construction et de la gestion de l’inventaire, qui se retrouvent grandement facilitées par rapport à un gameplay au pad. Ces possibilités ne remplacent pas les commandes classiques, mais donnent un peu plus de souplesse pour gérer une interface historiquement pensée pour le monde PC, bien avant d’envisager son adaptation sur une console portable.

L’aspect nomade reste bien entendu, comme souvent, l’un des principaux intérêts de ce genre de jeu sur Switch. Pouvoir emporter Valheim un peu partout pour poursuivre sa progression, partir explorer, sans devoir rester devant son téléviseur et en pouvant y jouer à notre rythme, est vraiment appréciable. C’est également ici que le choix entre les différents presets graphiques prend tout son sens, puisque l’expérience recherchée n’est pas forcément la même sur une portable que sur un grand écran. Sur ce dernier, on cherchera davantage à obtenir une image plus nette et un rendu plus agréable, alors qu’en mode portable, le confort et la fluidité prennent naturellement davantage d’importance.

Au moment de tirer le bilan, après cinq ans d’accès anticipé, on voit que Valheim 1.0 ne trahit pas ses racines. Il ne cherche pas à réinventer sa formule, mais bien à nous offrir un voyage complet, optimisé et surtout toujours aussi généreux. Il apporte enfin la dernière pièce, cette dernière brique avec le Deep North, pour nous amener jusqu’à la conclusion d’un voyage qui restera forcément inoubliable et marquant. Certaines lourdeurs historiques connues depuis l’accès anticipé restent présentes, mais elles font partie de cette expérience qui assume son rythme et sa liberté. La dernière brique nous permet enfin de tirer une conclusion épique sur ce voyage dont je me souviendrai très longtemps.

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