Joker est de retour : Persona 5 Strikers tient-il la route ? Notre test

Gh0stCrawl3r

En 2016, P Studio sortait un véritable ovni vidéoludique au Japon sur Playstation 3 et 4 : Persona 5.
Considéré comme l’un des maitres du genre, l’Europe et l’Amérique du Nord purent le découvrir quelques mois plus tard, en Avril 2017. 
En Février 2020, le Japon eu la primeur de découvrir Persona 5 Scramble The Phantom Breakers qui est une suite directe à Persona 5 en prenant un virage assez radical. 
En effet, alors que Persona 5 était un JRPG au tour par tour, Scramble adopte un format plus dynamique façon A-RPG en étant présenté comme un Musô. 
Développé par Omega Force (à qui l’on doit les cadors du genre « Warriors » type Dynasty / Samurai / Fire Emblem / Hyrule etc), le titre d’Atlus débarque enfin en occident d’ici quelques jours. 
Étant passé entre nos mains sur sa mouture PS4, nous vous livrons notre avis tout chaud. 
Joker fait-il un retour fracassant ?

Ou s’agit-il d’un Musô tout ce qu’il y a de plus classique tout juste habillé en Persona ?

Si vous voulez prendre la température "Persona 5", nous vous invitons à jeter un oeil au test de l'opus "Royal".

Comme indiqué précédemment, P5S reprend quelques mois après Persona 5. Les ajouts de la version Royal sont totalement mis de côté. Avoir fini le JRPG précédent aide pas mal à la compréhension du contexte et de l’histoire de ce groupe d’étudiants. Ce n’est pas obligatoire, soyez rassuré, mais cela apporte une base de connaissance non négligeable, P5S ne proposant pas de résumé des événements passés, ou d’introduction.

Nous retrouvons donc Joker et ses amis les voleurs fantômes dans le quartier de Shibuya quelques mois après la fin de Persona 5, avec comme projet de passer leurs vacances d’été ensemble. Mais bien entendu, des événements étranges vont contre carrer leur plan. Tout ne tourne pas rond autours d’une star / idole locale, Alice.

De fortes similitudes apparaissent avec leur aventure précédente, et les voici de retour dans les univers parallèles : le métavers. Des prisons y sont créées par les monarques, sortent de tyran ayant jeté des malédictions sur leur entourage. Alice rend fous hystériques ses fans, les manipulant et leur volant tout leur désir. Ce fait va pousser les voleurs fantômes à mettre de côté leurs plans estivaux et reprendre du service. Bien loin du compte, ils partiront dans un véritable roadtrip à travers tout le territoire nippon !

Dès les premières minutes de jeu, les joueurs de Persona 5 seront en terrain connu. Retour dans le quartier de Shibuya pour les voleurs fantômes, Sejiro et le café Leblanc, les Persona et la Chambre de Velours, les affinités élémentaires en combat, et j’en passe. Sans parler de son univers et l’articulation du jeu à alterner les phases d’action pure/donjon et la partie narration.

Cette phase occupe toujours une part très importante du contenu, en conservant son format très Visual Novel. De nombreuses interactions et choix de dialogues seront présentes. Nous (re) découvrirons en profondeur chacun des intervenants et membres du groupe. 
Les thèmes abordés seront souvent matures, et le charisme des protagonistes est toujours une valeur sûre. Bien que parfois longues, ces phases d’échanges sont intéressantes et font progresser l’intrigue et surtout la relation entre les voleurs fantômes. 

À l’inverse de Persona 5, nous n’aurons pas d’activité tierce pour augmenter les liens entre les personnages ou pour faire avancer le calendrier. Ce sont simplement ces échanges verbeux qui auront un effet là-dessus. 
En boostant ces liens, nous gagnerons des SP qui permettront d’acquérir des améliorations pour l’équipe.

Moins de contenu annexe/tiers, et plus centré sur l’histoire, Persona 5 Strikers permet de se focaliser sur l’essentiel et assume une plus grande linéarité que le précédent jeu. Cela s’en ressent également sur la durée de vie qui est réduite (nous passons de plus de 100 h pour P5 à 40-50 h tout de même ici) mais amplement suffisante.

La progression dans le jeu reprendra un schéma similaire tout au long de l’aventure : le groupe arrive dans une nouvelle zone, il détecte un monarque et infiltre sa prison sous forme de donjon. Après enquêtes et investigations, la bande affronte le boss et libère les victimes de celui-ci en leur rendant leurs désirs. Sur le papier, une redondance pareille n’est certes pas vendeur. Mais je peux vous assurer qu’en jeu, la recette fonctionne nickel et cette impression de cycle ne s’en ressent vraiment pas tant le reste assurera derrière.

En lieu et place de la planque chez Leblanc, nous aurons ici rapidement accès à un van qui nous suivra dans notre voyage. C’est d’ici que nous gérerons notre groupe, pourrons accéder à une boutique en ligne, ou encore la chambre de velours. Joker pourra s’adonner à la cuisine depuis notre véhicule. C’est également d’ici que nous lancerons nos infiltrations.

Même si toute cette partie narration et enrobage n’atteinte pas la quasi perfection de Persona 5, Strikers s’en sort plus que bien et proposera du lourd. Cela tiendra le joueur en haleine sur la totalité de sa durée de vie.

Parlons à présent du gameplay au niveau des affrontements qui sera ici le cœur du changement de la formule Persona 5. Exit le tour par tour et coucou l’A-RPG. Annoncé comme un Musô, les comparaisons vont vite s’arrêter ici pour moi. Oui, le temps réel est similaire, les ennemis viendront par vague et après ? Pas big map visible one shoot avec des gradés à déglinguer ci et là pour avancer, des places fortes à conserver/capturer typique du genre et j’en passe. 

Nous sommes clairement sur un action-RPG nerveux, et jouissif à jouer : coups rapides via carré, spéciaux avec triangle, le saut, le dash/esquive, et le ciblage seront de la partie. Les armes à feu auront, comme dans P5, des munitions limitées par baston et se rechargeront toute seules entre ces combats. Une fois l’ennemi ayant subi un certain nombre de dégâts suite à un un combo important, il sera assommé et un assaut global pourra être déclenché avec rond, faisant intervenir les quatre combattants en même temps (sauf si certains sont morts). Via le pavé directionnel, nous pourrons alterner comme bon nous semble entre les quatre héros actifs. Dans le métavers, nous nous déplacerons assez librement sur la carte, pour remplir nos objectifs.

Sur notre route, nous croiserons les fameuses ombres qui peuvent être attaquées par surprise. Effet garanti, avec une initiative gagnante pour Joker et les autres voleurs fantômes. À l’inverse, si nous nous faisons repérer, ce seront les ennemis qui nous assommeront par exemple d’entrée de jeu.

Pour l’infiltration, comme en affrontement direct, l’environnement proposera de nombreux points d’intérêt (se positionner en hauteur pour ne pas être vue, ou faire tomber un lustre pour faire des dommages, tournoyer autour d’un lampadaire, etc.) avec lesquels interagir.

Et que dire des Persona ? Ces invocations nous accompagneront tout au long de notre périple. Via la touche R1, le jeu se mettra temporairement en pause et nous pourrons dépenser nos PC afin de lancer l’une des compétences de nos invocations. Chacune d’entre elles aura une affinité à un élément (feu, glace, vent…) ou un type de dégâts (nucléaire, explosif…). Bien entendu, chaque ennemi aura ses propres résistances et faiblesses également, à exploiter.

Notons que les PC ne remontent pas entre chaque combat, mais uniquement en sortant de la prison, se reposant, ou en prenant des consommables. L’utilisation de ces compétences de Persona, et surtout le choix de celles-ci, doit donc être réfléchie et peut faire basculer un combat dans un sens comme dans l’autre. Cela ajoute une facette technique, comme pour P5, amenant à la réflexion.

Joker trouvera de temps en temps un masque au sol, lui permettant de compter sur une nouvelle Persona. Il est le seul protagoniste du jeu d’ailleurs à pouvoir en changer. Via la chambre de velours, nous pourrons d’ailleurs les booster, ou en sacrifier pour obtenir de nouvelles invocations encore plus costauds. Le joueur devra gérer la barre de vie et les PC de ses quatre combattants, l’utilisation à bon escient des Persona et des composants pas si nombreux avec un switch intelligent du personnage actif, et maxer les combos pour annihiler au plus vite les ennemis.

Les prisons, plus court que les donjons, resteront intéressantes à parcourir. Les cartes et tracés sont variés, tout comme les énigmes nécessaires pour entre ouvrir les différents passages.

Le bestiaire rappellera assurément des souvenirs aux joueurs du jeu original. Les boss ont eu le droit à un travail de qualité et proposeront du challenge. Dommage que la caméra, elle, soit des fois à la rue. Face au nombreux adversaire, il peut être rageant de prendre chère par des ennemis hors de notre vue. L’équilibrage lui aussi en dent de scie par moment causera quelques ennuis avec un boss qui posera un bon petit pic de difficulté de temps en temps sans raison apparente.

L’identité du jeu reprend celui de Persona 5 en tout point d’un point de vue visuel. La DA est toujours excellente tout comme ces cinématiques en animé. Cet univers coloré et riche nous fera visiter un monde plus ample que précédemment. Alors que P5 nous gardait dans Tokyo, PS nous amènera à traverser le Japon pour combattre les monarques.

La bande-son est de superbe qualité, avec quelques thèmes repris et retravaillés par rapport à P5. Omega Force a fait du très très bon boulot pour garder une continuité entre les deux œuvres. Les voix sont quant à elles en japonais ou anglais au choix, avec un sous titrage intégral en français. Il est plaisant de voir de nombreux éditeurs localiser de plus en plus de jeu dans notre langue.

Côté technique par contre, le moteur graphique commence à vieillir et a fait son temps, même si cela reste propre. Un petit lifting serait le bienvenu. Le système est stable en tout moment, même quand l’action pète de partout. La PlayStation n’a pas bronché d’un iota. Le jeu a été joué en mode « performance » favorisant le framerate de notre côté.

Pour finir, notons l’apparition d’un nouveau personnage dans la troupe, Sophie l’amie de l’humanité. Nous n’en dirons pas plus pour être sûr de ne rien spolier, mais assurément ce personnage déglingue et figure parmi nos préférés ! Un superbe ajout.

Je pourrais continuer à déblatérer des heures durant sur Persona et cet opus « Strikers ».
C’est une très grosse période pour les joueurs avides de (J) RPG et pour sûr Persona 5 Strikers est un des titres phares de ce début d’année. 


Omega Force reprend une licence qui a cartonné sur son dernier jeu, pour en faire une nouvelle itération qui sort des carcans auxquels le développeur nous a habitués avec ses Musô traditionnels.


Le pari était risqué, mais il a été rempli haut la main grâce à une narration soignée et efficace, des mécaniques RPG solides et son gameplay béton passant d’un tour par tour à du temps réel sans porter atteinte à l’identité « Persona 5 ».


Certes, le manque d’introduction de l’univers aux nouveaux arrivants est un peu dommage, tout comme la caméra capricieuse, mais le reste efface ces errements les doigts dans le pif.


Persona a réussi sa transformation avec brio pour notre plus grand plaisir.

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