Koei Tecmo et Omega Force sont les spécialistes du Musô grâce aux productions estampillées « Warriors ». Dynasty en tête de gondole, Samurai n’a rien à envier au penchant chinois du genre. Après de nombreuses années sans nouvel épisode canonique, la franchise revient en force et nous propose Samurai Warriors 5. Axé sur l’ère Sengoku, on (re) découvre l’épopée d’Oda Nobunaga et Akechi Mitsuhide.
Dynasty Warriors 9 avait tenté pas mal de choses comme le monde ouvert. Samurai Warriors 5 joue la carte d’un certain classicisme, un retour aux sources, tout en saupoudrant l’expérience de quelques ajouts pour apporter un bon coup de fraicheur pas déplaisant. On allume notre PS5, on balance la galette PlayStation 4 dans le lecteur et on part au pays du soleil levant pour rassembler tout un peuple !
Le mode Musô nous amène à suivre Oda Nobunaga. Petit seigneur provincial impétueux, il gagne en puissance, aura et influence, tout au long de l’aventure qui s’étale sur plusieurs décennies. Il s’approche de son but ultime, l’union de tout le Japon sous une seule bannière, rêve prenant fin aux évènements d’Honno-Ji, faits marquants de l’ère Sengoku. Je n’en dirais pas plus pour ne rien spoiler à ce qui découvre cet illustre personnage de l’histoire nippone, mais le contenu reste assez fidèle à la réalité, un vrai terreau solide pour un jeu de ce calibre.
La campagne d’Oda prend une bonne quinzaine d’heures à être parcouru. Certains passages importants sont jouables sous l’angle d’un autre protagoniste. C’est sans compter sur une seconde story complète qu’on débloque assez rapidement, où on incarne celui qui alterne les rôles de rival et frère d’Oda : Akechi. Le contenu est conséquent et nous occupe de longues soirées!
Les parties narratives se composent de scènes fixes, avec des dessins rappelant les arts japonais de la peinture, et cutscenes dans le tout nouveau style visuel proche du cell shading. En tant que fana du Japon féodal, sans être un grand connaisseur, j’ai fortement apprécié vivre ces contes en jeu, avec des personnages majeurs en nombre et surtout sous différents angles. Tout n’est pas parfait, je pense à quelques traits surjoués et caricaturaux, mais ce point est un peu récurrent dans les productions de l’archipel.
Samurai 1.5
La technique, justement, n’a jamais été le point fort des Warriors. Souvent en retard sur cet aspect, Samurai Warriors 5 semblait ne pas échapper à la règle. Mais son nouveau style visuel lui sauve quand même bien la mise. On peut même dire sans tortiller que, en plus de fournir quelque chose de franchement joli, le pari est réussi à redonner une seconde jeunesse au moteur vieillissant rien qu’en changeant la DA. On espère tout de même avoir un rendu newgen à l’avenir, mais en attendant, on prend !
La fluidité est impeccable dans le feu de l’action, quand bien même on se retrouve encerclé par des 100aines d’adversaires. L’ambiance tient sur d’autres paramètres notamment la bande-son, pêchue, qui sait envoyer les décibels lors d’affrontements de boss, ou des cinématiques dévoilant des duels mortels ! Entièrement doublé en japonais, le jeu propose un sous-titrage FR. Je ne parle pas la langue mais l’écrit juste me parait cohérent, et sans faute grossière.
Hormis la partie histoire, tout le reste du titre est jouable en coop via splitscreen. Que cela soit le mode alternatif qu’on évoquera plus bas, ou le libre qui permet de recommencer une mission de la campagne comme bon nous semble. Samurai Warriors 5 en devient un poil moins joli (coucou l’aliasing), mais la fluidité maintient le cap. C’est plaisant de pouvoir jouer en couch sur le canapé, d’autant que le genre s’y prête bien !
Seul face à un empire
Là où j’attendais particulièrement ce nouveau Warriors concerne son core gameplay. Qui dit Musô dit comme d’habitude une poignée d’homme contre une armée entière. Bien qu’impliquant une certaine redondance inhérente au genre, force est d’avouer que le plaisir manette en main ne met pas longtemps à arriver. On retrouve la base avec des attaques rapides sur carré, des plus lourdes avec triangle, et ce système de combo qu’on kiff voir grimper en accumulant sans répit les assauts sur les troupes d’ennemis. Via L1 et l’une des quatre touches du pad, on lance des compétences uniques et propres à l’arsenal équipé, soumises à temps de recharge plus ou moins long.
Chaque coup donné fait progressivement monter notre barre Musô qui se vide par une pression sur rond. Un enchainement automatique dévastateur se déclenche, ouvrant la voie à une cutscene dans laquelle notre avatar étale encore tout son talent. Mais ce n’est pas tout, une dernière ressource, l’ardeur, suit le même raisonnement et permet une fois libérée de faire gagner à notre personnage puissance et vitesse durant quelques secondes. On se transforme en une vraie machine à tuer. Les compteurs d’ennemis vaincus et de combos s’affolent et frôlent le risible tant on sème la mort. L’enchainement ultime reste de déverser notre Musô pendant ce laps de temps. Grâce à une mise en scène sublime, une attaque monstrueuse se lance et encore une fois : combo+morts au rapport. Il suffit de juste de tout bien temporiser pour faire un carnage sans nom.
Le casting présent se montre bien amoindri face à ce que Koei et Omega nous ont habitué, divisant grosso modo le roster par deux ! Mais en face on gagne en qualité et de loin. Précédemment, beaucoup de combattants se trouvaient être des clones reskinés. Ce phénomène tend à disparaitre dans Samurai Warriors 5. Et surtout, on découvre de nouveaux avatars. Chacun possède son identité visuelle et style de combat. Avoir un nombre inférieur de personnages permet aussi de creuser un peu plus leur lore, plutôt que de les zapper après une bataille et demie. Me concernant, j’adhère à ce retournement de situation, qui privilégie le travail approfondi et la qualité que cette surenchère dans laquelle certaines productions se perdent très facilement.
D’une mission à l’autre, le schéma reste plus ou moins similaire avec des objectifs récurrents : prendre ou défendre une place forte, garder en vie/abattre un PNJ/tuer le boss de fin. Ce sentiment de redondance est propre aux Musö, on sait à quoi s’en tenir en se lançant dedans. Samurai Warriors 5 ne fait pas exception.
Globalement, c’est costaud, bourrin, dynamique et très fun à jouer. On adhère ou pas au genre, mais si c’est le cas Samurai Warriors arrive à insuffler un peu de fraicheur dans la formule. La variété des techniques, et capacités ultimes, couplés à un roster travaillé, prennent le pas sur le reste et on recherche constamment le plus gros combo possible, en dépassant les 3 chiffres !
PEX my samurai
Afin de pouvoir faire évoluer nos bâtisses, on a besoin de composants bruts et en quantité. On peut très bien passer par le marchand mais à la vue des prix une autre solution s’impose d’elle-même avec le mode citadelle qui nous offre en récompense de mission. Sorte de tower défense, il propose des missions où nous devons tenir des positions sous le joug de vagues d’ennemis pendant un certain temps (ou vaincre le général adverse).
Petite variante ici : en lieu et place des consommables de la campagne, on accède à des invocations de renforts variés : lanciers, fusiliers, ninja, moines combattants etc. eux aussi soumis à temps de recharge. Cela ajoute un peu de stratégie, en gérant ces soldats. Le but reste le même, on joue du Musô à 200 %, mais avec un autre type d’objectif.
Des modes imbriqués
Afin de pouvoir faire évoluer nos bâtisses, on a besoin de composants bruts et en quantité. On peut très bien passer par le marchand mais à la vue des prix une autre solution s’impose d’elle-même avec le mode citadelle qui nous offre en récompense de mission. Sorte de tower défense, il propose des missions où nous devons tenir des positions sous le joug de vagues d’ennemis pendant un certain temps (ou vaincre le général adverse).
Petite variante ici : en lieu et place des consommables de la campagne, on accède à des invocations de renforts variés : lanciers, fusiliers, ninja, moines combattants etc. eux aussi soumis à temps de recharge. Cela ajoute un peu de stratégie, en gérant ces soldats. Le but reste le même, on joue du Musô à 200 %, mais avec un autre type d’objectif.
Modestie, mais générosité : voilà comment je pourrais résumer Samurai Warriors 5 Modestie, abandonnant des rêves et ambitions trop grandes d’open world loupées sur Dynasty Warriors 9 comme son casting démesuré récurrent.
Générosité pour son gameplay solide, nerveux et assez jouissif couplé à une durée de vie au top grâce à ses campagnes, une dimension RPG complète et un mode citadelle prenant (surtout en split).
J’ai apprécié incarner Oda et sa bande sur cette période phare du Japon, qui se marie à la perfection au genre Musô.
La nouvelle identité visuelle arrive à dissimuler le retard accumulé par le moteur du jeu de Koei Tecmo et Omega Force tout en réussissant à proposer quelque chose de plaisant à l’œil.
Le casting réserve quelques jolies choses et couplée au gameplay béton, l’expérience solide me convient.
Malgré les défauts inhérents au Musô, Samurai Warriors en est un excellent. Pour ceux n’ayant jamais touché à un Warriors, ce serait surement ce titre que je vous conseillerais aujourd’hui.





















