4 mai 2026

Edge Of Eternity : que vaut le plus frenchie des JRPG sur console ?

L’ère PlayStation, première du nom, est surement celle qui m’a le plus marqué avec de souvenirs impérissables. De nombreux titres sont encore considérés comme des pépites et ce n’est pas pour rien. J’ai tant de noms en tête, dont Final Fantasy VII auquel je voue un amour inconditionnel. Forcément, quand je découvre « Midgar Studio » présenter un JRPG inspiré de l’âge d’or du genre, je n’ai pas mis longtemps à m’y intéresser. Les signaux sont trop gros pour que je passe à côté. J’ai suivi l’accès anticipé d’Edge Of Eternity sur PC, la sortie de ses chapitres au compte-goutte, et toutes les modifications qu’il a connues avant d’y retourner sur sa mouture console. Edge Of Eternity n’est pas sans défaut notamment avec une technique irrégulière, mais on a à faire ici à un jeu par et pour les fans sans détour qui réussit à nous faire vibrer.

Le monde d’Heryon voit des vaisseaux extraterrestres débarquer sans crier garde du jour au lendemain dans son ciel. Les Archélites se montrent tout d’abord pacifiques et partagent même leurs technologies avec les locaux. Mais cette période de paix ne dure pas, voyant les visiteurs attaquer soudainement les humains ne les jugeant plus dignes d’utiliser leur savoir. Ils lâchent leur arme principale sur Heryon, la corrosion, transformant tout être vivant touché en bête assoiffée de sang. On incarne Daryon, jeune soldat en poste dans une garnison militaire. Au moment où il apprend que sa mère est atteinte par le mal, le camp subit une attaque archélite, et toute sa section périt au combat. Seul survivant, il décide de rentrer chez lui afin de retrouver sa famille dans l’objectif de sauver sa mère. La trame et le contexte prennent une autre tournure assez rapidement, plaçant Daryon dans une spirale bien plus ample que ce qu’il ne pouvait imaginer.

La narration est bien construite et fait voyager le joueur dans un univers qui eut le droit à une quantité de travail plus qu’honorable. Midgar fait preuve d’inspiration afin de proposer quelque chose d’original sortant des sentiers battus. Le relationnel entre les différents personnages mérite des éloges, je pense notamment au lien frère/sœur fort et rudement mis à l’épreuve. Habituellement, le contexte reste assez sérieux, mais ici d’entrée de jeu Midgar s’est permis de lâcher la bride avec quelques jeux de mots ou allusions peu habituels du genre. On admet qu’on sent l’inspiration de Midgar, amoureux avoué du JRPG, tout en apposant sa touche personnelle sur plein de composantes. Au final, c’est toute leur écriture qui donne satisfaction. Oui, on devine certains rebondissements, mais le tout sonne toujours juste et la progression est des plus propres. Comptez quelques dizaines d’heures pour voir le générique de fin d’Edge Of Eternity, qui propose en plus de la trame principale de nombreuses quêtes annexes, ou encore le tableau de chasse. 

Comment on se retrouve mon vieil ami ?

Le prologue se veut très didactyle et accompagne les joueurs, néophytes comme aguerris des JRPG, dans cet univers. On y découvre les balbutiements et les bases du gameplay tour par tour façon Midgar avec un tuto complet (sans tomber dans le lourdingue) sur les premiers instants de jeux et la première zone. Les aficionados des JRPG, et particulièrement des Final Fantasy, jouent à la maison avec l’ATB (barre qui se remplit avec le temps, afin de pouvoir agir), ou encore le fait de voir les ennemis et les engager en se rapprochant comme dans Tales Of. Les ennemis peuvent préparer un sort, matérialiser par une barre additionnelle qui apparait sous sa barre de vie qu’on peut interrompre en attaquant suffisamment.

Petite nouveauté ici : l’ajout des cases au sol permettant de déplacer son personnage afin d’éviter des attaques en tout genre par exemple. Le placement permet de maxer les dégâts (de dos ? bonus!), et des éléments de décors peuvent s’avérer utile comme une baliste pour tirer, des buffs ou débuffs et j’en passe. On retrouve les histoires de faiblesses, résistances des ennemis face à certains types d’attaque ou sorts, les altérations d’états connus des cadors du JRPG etc. Les combats proposent en surplus des défis à remplir afin de looter davantage imposant des conditions pour annihiler les ennemis de certaines façons . Edge Of Eternity nous met à disposition tout un panel de possibilités pour mener à bien nos missions et arriver à notre objectif en combat. Certaines bastons sont assez tendues et mettent à rude épreuve nos compétences.

Globalement, Midgar propose encore une fois quelque chose de solide. On sent bien cette double influence : nippone dans les rouages et mécaniques de bases avec l’ATB ou l’engagement des combats, et occidentale dans la facette tactical. Le mélange des deux crée un système plaisant et complet. On retrouve du classique, saupoudré de nouveautés bien senties, donnant alors une formule fraiche. Le système se base sur une formule éprouvée et connue et les ajouts Midgar renouvellent juste assez le gameplay.

Classique inspiré

La partie leveling est de bonne facture. La prise de niveau augmente automatiquement nos stats de bases, qui sont encore boostées via l’équipement du personnage. Comment obtenir un meilleur stuff ? Rien de plus simple : le loot directement, l’achat ou même le craft. Classique, mais c’est la base encore une fois. Cet aspect loot invite d’ailleurs le joueur à pousser l’exploration, et quelque peu le farm, afin de pouvoir se créer de nouvelles pièces de qualité. Notre équipement dispose de slot pour y insérer des gemmes afin de débloquer de nouveaux pouvoirs (Matéria es-tu là ?), tout en notant que tout est interchangeable en 2-2.

Edge Of Eternity est entièrement doublé en anglais, mais aussi en japonais, tout en étant sous-titré dans notre langue. J’ai remarqué à plusieurs reprises des lettres voir des mots manquants. Espérons une correction rapide, mais sachant que la version 1.0 PC existe depuis plusieurs mois, j’émets un doute. La bande-son est épique et propose plusieurs morceaux ultra-quali ! En même temps, quand on voit le nom de Yasunori Mitsuda (les Chrono, ou encore les Xeno) on a compris ! On passe par toute émotion en écoutant la trackliste, j’adhère ! Du grand art.

C’est plaisant à regarder mais à la fois …

La direction artistique fait également le boulot. Les environnements des plus variés et plus qu’inspirés poussent eux aussi à aller fouiller chaque recoin pour contempler ce qu’on voit à l’écran. On découvre, au sein d’une même planète, de multiples biomes et influences dont on taira les nomshistoire de laisser cette petite découverte kiffant. On n’oublie pas de mentionner le cycle jour/nuit et la météo qui ont d’ailleurs un effet sur le bestiaire rencontré. On retrouve un chara design bien dans les normes du JRPG concernant notre héros : une coupe hirsute, une grosse épée des familles. Il n’y a qu’un pas pour y voir quelques similitudes ici. 

Dommage que la technique soit bien trop irrégulière. Je pense déjà au design des personnages me laissant plus que perplexe, sans parler de leur morphologie et raideur. Je ne parle pas du chara design, mais bien du rendu visuel. Les animations faciales, comme la mouvance des personnages, laissent aussi à désirer. C’est dommage, car le reste au final passe sans problème. On se retrouve dans une scène qui doit faire jouer nos émotions, mais c’est raté du fait du rendu facial loupé.

Sur PlayStation 5, on dispose de deux modes : performance ou qualité. Je suis assez surpris de voir ces options ici, d’autant que la PlayStation 5 a plus que le nécessaire en termes de puissance pour gérer à la fois la fluidité ET le preset maxi. Cela dénote, pour moi, un petit souci d’optimisation ou de maitrise. J’ai même constaté quelques instabilités du framerate sur les cinématiques/scènes précalculées même en jouant en mode « performance ». C’est assurément le seul vrai point « noir » que je constate et qui pourrait quelque gâcher la fête. À l’inverse, on peut jouer avec la FoV, chose rare sur un RPG et encore plus sur console plus généralement.

Midgar avoue être amoureux du JRPG et on le ressent dans son œuvre. Quand on regarde d’où part le studio français (4 personnes au début, 13 à présent) et le résultat, on ne peut que les féliciter. Les voyants sont quasi tous au vert. La DA et l’OST, couplées à une histoire qualitative et une construction solide, offrent une production qui coche la majorité des cases du bon JRPG. La dualité gameplay nippon / composante occidentale amène du gros kiff manette en main. J’ai pris plaisir à parcourir Heryon et suivre Daryon dans son périple, mais aujourd’hui, c’est surtout la technique et le rendu des personnages qui me gênent plus qu’autre chose. Il n’en reste pas moins un titre intéressant surtout à la vue de son prix mini, et sa disponibilité day one dans le Game Pass. Fana de JRPG à l’ancienne vous devriez adhérer à Edge Of Eternity qui est une ode au genre, pour peu que vous mettiez de côté l’aspect technique. 

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