Piranha Bytes, ce nom parle forcément à tout joueur de RPG. Non, vraiment ? Gothic, Risen, Elex? Voilà vous y êtes. Après un premier opus décrié, le studio propose depuis quelques jours sa suite : Elex II ! Je suis sur la version PC depuis un moment et je vous livre mon avis après presque 70 heures passées dessus. Il est loin des standards visuels, mais reste généreux avec quelques composantes intéressantes. Elex II est ce que j’appellerai un RPG à l’ancienne misant tout sur son monde riche.
Elex II se place comme une suite du premier, mais sachez tout de même qu’il n’est pas nécessaire d’avoir fait le précédent pour se plonger dans l’itération 2022, car un recap donne tous les éléments nécessaires d’entrée de jeu. On incarne Jax, dans un monde déchiré et en ruines appelé Magalan. Plusieurs factions survivent comme elles peuvent dans cet univers où technologies et magies cohabitent. L’univers scifi proposé est assez unique en son genre. Une menace extra-terrestre plane et risque de faire s’effondrer le peu de choses encore debout. Jax va tout faire pour éviter le pire et sauver le monde, mais forcément, il ne pourra satisfaire tout le monde.
À la façon des cadors du RPG, le sentiment de liberté et de découverte est total. L’exploration appelle régulièrement Jax à sortir du chemin le menant à son objectif, tout comme les PNJ que l’on croise qui voudront profiter de notre aide. Le jetpack, à disposition dès le début du jeu, amène sa petite dose de nouveauté pour prendre de la hauteur, ou tenter de rejoindre des endroits qui paraitraient pourtant inaccessibles. Jax va devoir essayer de rallier différentes factions, mais régulièrement nos actions risquent d’en froisser l’une ou l’autre. Le monde a eu le droit à un travail conséquent tout comme chaque groupuscule qui possède sa propre identité, ses revendications, etc. Bien sûr, qui dit monde ouvert et exploration est souvent synonyme de progression « lente », plus « difficile » quand on tombe sur une zone HL où chaque ennemi peut nous annihiler de nombreuses façons. Elex II « balise » sa progression, mais nous laisse la liberté d’aller vaquer où bon nous semble, à nos risques et périls, voir même nous oblige à sortir du sentier.
Exit les objectifs mis en surbrillance ou encore les composants et items ramassables. L’UI est assez « light » et affiche le minimum vital. Encore une fois, on retrouve des sensations d’antan axées exploration et recherche. Elex II est jusqu’au-boutiste, et cohérent quand par exemple il va falloir gagner la confiance d’une tribu avant d’obtenir leur aide ou même de pouvoir gagner leur village. Cela peut alors prendre un moment pour arriver au bout d’une seule quête, mais on aime s’y perdre des heures durant. Non obligatoire, il faut quand même avouer que ce contenu annexe se révèle souvent utile, en ouvrant un accès ou un nouveau PNJ. Chaque (non) action a un impact à un moment ou à un autre.
D’ailleurs, il est tout à fait possible de résoudre de nombreuses quêtes sans frapper le moindre coup via les stats liées à la discussion, ou à l’inverse de tout solutionner par la force. Les points de karmas entrent également en jeu selon nos actions, être un vrai fédérateur ou non, libre à nous de gérer la progression comme on l’entend (on voit des notifications de baisse ou augmentation de destruction). La durée de vie de jeu en est d’ailleurs ultra conséquente et variera selon votre profil : ligne droite ou complétiste, d’autant qu’Elex II est très bavard. Les échanges sont bien écrits, et la cohérence de ce monde est elle aussi de qualité. Fana de RPG au lore riche ? Elex II devrait vous plaire. Comptez dans la grosse 40aine d’heures à minima en ligne « droite », et bien plus du double si vous voulez poncer l’intégralité de ce qu’Elex II a à offrir.
Magalan regorge de composants à ramasser pour peu qu’on prenne la peine de regarder autour de nous : pour le craft, des armes, munitions ou autres plantes. On pourra alors créer, mais surtout améliorer de l’équipement à commencer par le jetpack qui est notre outil de base pour l’exploration. Mais encore une fois, nos choix ont un impact direct. Certains composants sont assez rares, mais utiles dans de nombreuses améliorations ou créations. À nous de décider ce qu’on veut absolument ou non.



Le système de combat reste sur du classique du genre avec une vue à la troisième personne. On lock la cible et on la castagne. L’arsenal par contre est de plus varié avec du corps à corps façon épée, massue et j’en passe jusqu’au lance-roquette et autre blaster. Mais encore une fois, tout n’est pas utilisable en l’état. Comme tout bon RPG qui se respecte, chaque arme demande des prérequis sur différentes stats à l’image de la grosse massue ramassée dans la première demi-heure de jeu nécessitant un montant élevé de force entre autres. À chaque prise de niveau, Jax accumule d’ailleurs des points de stats à disposer comme bon nous semble. Du classique en somme. La difficulté globale n’est pas la plus élevée connue sans pour autant être simple. En effet, dès les premières minutes de jeu, on peut tomber sur des adversaires redoutables pouvant nous mettre à mal. Heureusement, on est accompagné de temps en temps par des PNJ IA qui nous aident relativement bien. L’exploration, pourtant encouragée de toute part, peut donc réserver son lot de surprises pas forcément positives.
J’ai testé le jeu sur PC, et le rendu global reste assez quelconque voir en deçà des standards actuels. Non pas qu’Elex II soit moche, mais il alterne le bon et le moins bon en même temps, je pense notamment à la modélisation de personnages. C’est assurément le point faible d’Elex II. Le support de l’ultra wide (21/9) en jeu est totale seules les cinématiques repassent en 16/9 avec une bande noire de chaque côté de l’écran. Le monde est aussi assez irrégulier dans son traitement avec quelques passages très vides sans âmes qui vivent, même pas un ennemi. L’audio est disponible en plusieurs langues mais pas de VF à l’horizon, seuls les ST sont disponibles en VF.
Elex II possède quelques atouts forts comme son lore, son univers post -aposcifi ou encore son contenu plus que généreux. Il s’agit ici d’un RPG à l’ancienne dans toute sa splendeur poussant à l’exploration sans cesse. Le rythme par contre demande d’y passer quelques heures pour que le titre se lance réellement tout comme son contenu qui nécessite de s’y investir de longues heures pour en percevoir la richesse. L’introduction prend tout son temps et pose le contexte sans se presser. La technique quant à elle est surement le seul réel défaut que je mentionnerai qui, sans être mauvaise, aurait mérité un peu plus de travail. Sa période de sortie n’était par contre peut-être pas optimale tant la période regorge de titre dans tous les sens avec une meilleure visibilité ou renommée. Est-ce que Elex II mérite un coup d’œil ? Assurément. Un titre pour les fanas de RPG avec de nombreux dialogues et où chaque réponse ou action impacte le monde ? Foncez.