Rien que la mention de Robocop me replonge dans ma jeunesse en un instant. Ce héros charismatique et légendaire ne peut laisser indifférent ceux nés dans les années 80 ou avant tant il est un phénomène de la pop culture. L’annonce d’un FPS-RPG basé sur cet univers m’intrigue forcément et une première approche sur PC à la Gamescom m’a donné envie d’en voir plus. Après avoir fini Robocop Rogue City il y a quelques heures (tard dans la nuit haha), je vous livre un avis tout chaud !
Robocop Rogue City prend directement place dans l’univers de la MGM. On y retrouve son ambiance, son atmosphère et même le facies de son acteur Peter Weller en guise de reproduction de l’agent Alex Murphy, toujours accompagné par son binôme Anne Lewis. Tout au long de l’aventure, on a comme cette impression de déjà-vu (dans le bon sens) tant la fidélité et la cohérence ont été respectées par le studio Teyon, à l’œuvre pour Nacon. On me dirait que je suis dans un de ces films d’époque, je n’en serais pas choqué allant même jusqu’à coller une UI qui fait oldschool ou des effets de filtres quand le Cop vise, donnant l’impression de voir un vieil écran.
Une légende renait
Robocop Rogue City prend place à Detroit, entre le second et troisième film si mes souvenirs de mes échanges avec Teyon ne me trahissent pas. Une alerte est lancée suite à une prise d’otage dans un studio TV de la ville, c’est un attentat de Soot et ses Têtes brulées, l’un des nombreux gangs de la ville qui répandent cette nouvelle drogue dure, le Nuke. Une nouvelle mission pour le Cop. Alors qu’il allait attendre son but et libérer le dernier otage, Robocop hésite, comme tétanisé, du fait d’hallucination. On tombe dans une spirale où les capacités du Cop sont remises en doute, il se questionne sur ce qu’il est lui-même, certains voulant le mettre au rebut alors que d’autres le considèrent comme un héros. Detroit devient le théâtre d’une succession d’évènements menant une guerre de gang orchestrée dans l’ombre par un personnage clairement rattaché au lore de la licence et à Murphy, le tout pendant les élections du futur maire. À qui bénéficie la situation ? Quel est le but de ces antagonistes ? Le Cop peut-il faire un dernier coup d’éclat ou est-il fini ? Je n’en dirais pas plus, mais l’histoire est dans la lignée de ces films US d’il y a 30 ans dans la construction, et dans la façon dont les ficelles se dessinent. Dommage que le rythme tire en longueur sur la fin, pour le reste c’est plus que correct avec un casting.
Gun & bang!
Robocop Rogue City mélange composantes FPS et RPG, teinté d’enquêtes/énigmes en vue d’intérieure. On combat la majorité du temps avec le revolver iconique du Cop, l’auto9, mais on peut très fréquemment ramasser au sol les armes de nos ennemis, hors d’état de nuire allant du Uzi au lance-roquette en passant par des AK, le riotgun, le sniper, etc. La prise en main est très rapide, avec l’action se passant réellement dans les yeux du Cop. Il suffit de viser pour avoir sa vue cybernétique (celle évoquée plus haut, avec l’écran strie) où apparaissent en surbrillance nos cibles, mais aussi tout ce qui est interactible : un bidon d’essence, une bouteille d’oxygène, tout ce qui peut faire « BOOM » ! Comme on peut s’en douter, Robocop est lent, mais c’est une vraie armoire à glace. Il avance, et abat toute résistance. Les phases de shoot peuvent devenir très nerveuses et sanglantes avec des têtes qui explosent, de l’hémoglobine qui vole partout. On progresse, de nouvelles menaces apparaissent un nouveau carnage derrière nous. On s’aperçoit très vite que recherche le tir tête est la solution la plus rapide de se débarrasser des truands. De nombreux éléments du décor explosent au passage, on sait immédiatement où on est passé ou non tant on laisse notre empreinte en profondeur et sans c’est compter tout ce qu’on peut agripper et balancer comme des motos, des écrans de PC, des adversaires…
Le bestiaire m’a semblé suffisant sur toute l’aventure, par contre j’ai ressenti un petit truc gênant à plusieurs reprises. Souvent un nouvelle sorte adversaire débarque, et pendant quelques minutes, on a alors l’impression qu’il n’y a plus que lui. C’est dommage d’avoir accentué de la sorte l’arrivée d’un nouveau membre dans le camp d’en face. Selon la difficulté choisie, l’aventure est tout sauf une partie de plaisir ! Certains boss/vagues sont clairement retors et risquent de nous poser quelques problèmes. J’ai fait l’aventure dans un mix de palier 2 et 3 (4 niveaux au total) et c’était corsé par moment d’autant qu’il y a 2-3 passages où on est littéralement submergé par des dizaines de protagonistes.
Toutes les routes mènent à Detroit
De nombreuses variantes dans le gameplay font leur apparition au gré de nos missions comme les bullet time quand on fracasse une porte, histoire de liquider chaque bandit avant qu’ils s’en prennent aux otages par exemple. Pour faire parler un suspect ? Stressons-le, faisons-lui peur ! À plusieurs reprises, des dialogues à choix multiples ont également un impact sur la progression, avec d’ailleurs trois choix lors de la toute dernière scène. Cela altère la façon dont nous perçoivent certains autres protagonistes, les relations qui se construisent, etc. La partie enquête nécessite d’utiliser la vision du Cop, analyser certains objets, afin de trouver les infos nécessaires comme l’adresse d’un suspect, la combinaison d’un coffre, etc.
Pimp my Cop
Une facette RPG légère est présente basée sur l’EXP. Chaque mission réussie en rapporte, les objectifs annexe tout autant, comme le fait de résoudre des enquêtes additionnelles, donner des contraventions, ramasser des preuves de crimes, sauver des innocents, etc. La ville de Detroit regorge de bien plus de choses à faire qu’il n’y parait, résultant sur un score en fin de chapitre donnant encore davantage de points d’EXP. Chaque niveau nous offre un point de compétence à dépenser sur des arbres de talents simples basés sur les stats : combats, armure, vie, scan, etc. Cela boost une de nos caractéristiques en plus de nous doter de bonus passifs ou capacités selon les paliers atteints. On améliore également notre arme l’auto9 en utilisant différentes cartes mères où on voit que le circuit imprimé n’est pas actif. À nous de mettre en place les bonnes puces pour accumuler des bonus concernant l’arme (dégâts, capacité du chargeur, etc.), mais attention il faut prendre attention au sens du courant, et surtout ne pas atteindre les malus ! On fusionne les puces pour en débloquer de nouvelles, etc. C’est simple, mais efficace au final.
Chacune des 8 missions suit plus ou moins le même cheminement. : on débute au QG (le commissariat), on y découvre quelques éléments scénaristiques, avant d’être envoyé sur le terrain. On découvre alors une zone assez ample, comme dans beaucoup de monde semi-ouvert, on est assez libre de l’explorer comme on l’entend et de rejoindre l’objectif de la manière qu’on souhaite. On entre dans une seconde zone, souvent plus contenu/couloir où se trouve notre cible, après un petit chargement, et ainsi de suite. On se repère avec une boussole façon Skyrim sur le haut de l’écran pointant la direction du lieu ciblé, la distance qui nous sépare que ce soit pour les quêtes principales, mais aussi annexes.
Oldschool babe!
Robocop Rogue City offre deux presets, les habituelles qualité et performance, et dans les deux choix, l’Unreal Engine 5 souffle le chaud mais parfois aussi le froid. On alterne entre vues où on se dit que le moteur en a clairement dans le ventre, avec un rendu au top, mais quelques minutes après on en est à se demander si on joue réellement sur newgen du fait de certains effets qui dépareillent. C’est pourtant blindé de petits détails (des particules qui volent, la destruction d’environnement, le sang qui coule après qu’un corps se soit disloqué contre un mur), mais c’est plus la qualité de certaines textures qui questionne par moment, l’effet de flou sur le second plan, ou l’aliasing très présent en performance avec en plus de sacré ralentissement plus que perceptible. On a accès à de plus en plus de titres UE5 ces deniers mois et mon ressenti est souvent le même : le hardware actuel est à l’étroit pour ce moteur (ou son niveau de maitrise actuel) et c’est valable aussi pour le PC au passage. Il y a quelques passages vraiment jolis, mais quand on regarde sur l’entièreté de l’aventure, on constate une petite irrégularité mais surtout une stabilité qui fait trop souvent défaut et c’est surtout ce dernier point qui me pose problème. Autant la partie visuelle est loin d’être catastrophique mais les chutes de frames sont trop perceptibles en l’état sur console en performance. Entièrement doublés en anglais, les sous-titres et tooltips sont (quasi, il y a un ou deux petits loupés) intégralement traduits en FR. Côté son, c’est plutôt efficace, mais on a rencontré quelques problèmes avec un son distordu à quelques reprise pendant plusieurs longues minutes. À noter une Dualsense plutôt bien gérée avec des gâchettes et les retours haptiques activés.
Robocop Rogue City n’est pas un mauvais jeu en soi, surtout à la vue de son petit prix. J’ai adoré le respect de la licence, cette force à nous replonger dans cet univers si typique, un Cop plus vrai que nature dans sa façon d’agir, parler, mettant à feu et à sang toute menace envers Detroit. Le gameplay est plutôt bon et jouissif même, la couche RPG suffisante. Il ne révolutionne rien, n’invente rien, on tient en fait un bon défouloir au feeling parfois oldschool dans l’action dans un monde semi-ouvert assez généreux en activités, et une couche enquête sympathique dans sa mécanique. Mais il faut garder à l’esprit son manque de polish actuellement sur la technique (gageons que quelques matchs atténuent ce ressenti), et un rythme qui tire clairement en longueur sur la fin. Certaines choses dérangent mais cela ne m’a pas empêché de m’amuser.





























