22 janvier 2026

Test Dragon’s Dogma 2 : un futur classique

Dragon’s Dogma, c’est un peu le RPG dont on rêvait tous, avec une liberté immense sur différents aspects et un monde organique, qui aspire notre âme pendant des heures durant. On sait qu’il n’est pas parfait, mais il a un truc qui fait qu’on y revient sans cesse et qu’on l’aime. Une décennie plus tard, voilà que Dragon’s Dogma 2 arrive et entre attente interminable et espoirs, on attendait avec fébrilité de se plonger dans l’aventure. Après plus de 100 heures en jeu, je peux confirmer que cela en valait la peine ! J’ai pris un pied total à parcourir de fond en comble (ce qui explique mon « retard » pour ce test) ce que Capcom nous offre. Hormis l’optimisation qui nécessite encore un coup de Polish, c’est un grand oui pour Dragon’s Dogma 2 !

Ne vous y méprenez pas, il est inutile d’avoir fait le premier pour faire cet épisode 2024 (qui n’affiche d’ailleurs que « Dragon’s Dogma » sans le 2 sur son start menu), car la production de Capcom s’apparente davantage à un reboot ou une réécriture qu’à une suite. Vous pouvez donc y aller les yeux fermés même si vous découvrez la licence !

Dragon’s Dogma 2 prend place dans un monde médiéval fantasy où l’on incarne l’insurgé. Depuis la cellule de prison où il est enfermé, il entend la voix d’un dragon lui ordonnant de venir le terrasser et voilà que la mine où est au bagne est attaqué par une Gorgonne. L’occasion parfaite pour s’enfuir sur le gryphon qui nous attendait ? Pourquoi nous ? Notre avatar est lié à l’un des plus féroces drakes que le monde ait connu sans trop savoir pourquoi, mais en plus il serait l’élu : le seul être capable de diriger les pions, des fidèles compagnons prêts à offrir leur vie pour cet être unique. Le Hic ? on apprend qu’un autre supposé élu serait à la capitale, rendant notre existence délicate pour la couronne ! En plus de partir en quête de ce dragon nous appelant à lui, on doit comprendre qui est cet usurpateur, comment a-t-il pu siéger sur le trône alors que tout porte à croire qu’on est bien ce fameux élu. Entre jeux de pouvoir et manigances, l’histoire de Dragon’s Dogma 2 nous amène sur un récit plus que correct. On rencontre de nombreux personnages intéressants et bien écrits tout au long de l’histoire. Comptez une bonne grosse 20aine d’heures pour en voir le bout en allant en ligne droite (mais on y revient plus tard).

Une richesse de tous les instants

Côté gameplay, on tient un action RPG en temps réel, avec notre avatar à la 3e personne. Dès le début de l’aventure, une fois notre héros (et le premier pion) créé selon nos envies (les outils sont d’ailleurs plutôt satisfaisants avec de très larges choix de personnalisation), on fait face notre premier choix : la classe ! Mais là aussi, soyons rassurés, on en change facilement et on le fera souvent même. On dispose d’une attaque principale, dans certains cas d’une secondaire (ou alors remplacée par une capacité de classe spéciale) ainsi que quatre compétences d’archétypes qu’on débloque et équipe auprès des maitres de classes. Le système se veut assez dynamique et chaque job est très complémentaire des autres : le guerrier attire l’attention des cibles, le mage soigne en plus d’envoyer ses sorts destructeurs, etc. On a accès à de nombreux sors offensifs, défensifs, des buffs en tout genre, avec un gameplay qui semble un peu à l’ancienne de prime abord (pas de ciblage par exemple, des personnages parfois un chouia rigide), mais manette en main cela fonctionne du tonnerre et on est vite happé dans la spirale DD2 !

L’aspect leveling des classes est intéressant. En plus des différents sorts qu’on apprend au fil de la montée en niveau, on acquiert également des passifs qui sont ici multiclasse. Je m’explique : les passifs débloqués sur le guerrier peuvent être équipés sur le voleur par exemple ou l’archer. Il y a donc un réel intérêt à leveler chacun des jobs à notre disposition, mais aussi à débloquer ceux qui sont bien cachés à comme l’archer mage ! Chaque build apporte sa pierre à l’édifice et une autre dynamique de gameplay : le voleur est nerveux et attaque à vitesse grand V, quand le sorcier demande de longs temps d’incantation pour envoyer une tempête magistrale sur tout un pack ! L’illusionniste est bien plus support, mais toujours dans la mêlée alors que l’archer mage balance ses flèches élémentaires à tour de bras. Ils sont tous très plaisants à jouer, mais j’ai pour ma part une petite préférence pour le chevalier mage. Il cumule corps à corps et magie aussi bien offensive que défensive en plus d’avoir une mobilité élevée, une résistance accrue et une force de frappe impressionnante.

Des camarades uniques, pour un voyage magique

On est accompagné durant toute l’aventure de trois pions, dont celui qu’on a créé au début. Le concernant, il level up comme nous, il change de classe comme nous, prend de l’EXP comme nous, etc. (tous les jobs ne lui sont pas accessibles par contre). Concernant les 2 autres, on les choisit en les rencontrant sur le terrain ou via des pierres d’invocation un peu partout dans le monde, à la différence qu’ils sont figés dans le temps (leveling, classe) ce qui fait qu’on en change parfois régulièrement pour garder une synergie dans le groupe (un Cac qui encaisse, un soigneur, etc.). On apprécie également voir des compétences que je vais dire de collaboration comme celle du guerrier qui permet à un autre membre de prendre appui sur le bouclier pour sauter ! On apprécie aussi le fait que chaque pion ait sa personnalité, qu’il interagisse avec nous différemment du précédent et ainsi de suite. Cela rend chaque rencontre particulière et unique.

Et pour bien accompagner ce gameplay, que demander de plus qu’un monde enivrant. Il faut dire que l’univers de Dragon’s Dogma 2 est des plus séduisants, car il est vivant ! On débloque des quêtes annexes rien qu’en se baladant (un voleur qui sévit sur un marché, qu’on a vu faire), à nous de voir si on veut investiguer (on le suit) ou s’y laisse passer et qu’on trace notre chemin. Qu’on soit en ville, dans un petit hameau, en pleine cambrousse, on croise en permanence du monde : les habitants du coin, des paysans, d’autres aventuriers comme nous gérer par l’IA. Le cycle jour/nuit impacte énormément le monde (certains lieux ne sont plus accessibles selon l’heure) en plus d’apporter encore une touche au « réalisme » de cet univers.

Un monde qui n’attend que nous

Mieux encore, l’exploration est à tape fort et surtout toujours (très) bien récompensé. En me rendant à mon prochain objectif, je vois un pack d’ennemi plus loin autour d’un coffre. Je m’y rends, je nettoie le camp, et je vois une grotte au loin. Forcément, je m’y aventure, et je suis partie pour aller à l’opposé de ma destination d’origine, car c’est une succession de petites choses telles quelles qui font que… et bingo, je tombe sur une PNJ qui m’enseigne au passage la capacité ultime d’une classe, je loot la meilleure arme pour une autre classe, et ainsi de suite. Et tout cela est sans oublier le farming de composant pour le craft au passage (la nature est généreuse), aussi bien les potions, la cuisine dans les camps de fortune (buff de stats) ou encore l’armement qu’on améliore via les forgerons par exemple. La carte est immense, elle regorge de choses à faire, à découvrir, à voir. On a vraiment l’impression de n’être qu’une pièce parmi un rouage énorme, un truc insignifiant. Et côté stuff, le best in slot, il faut le chercher !

Il n’y a pas mal d’évènements ou missions temporaires, qui ne nous sont accessibles qu’à un certain timing. Par exemple, on protège un village de pêcheur d’une horde d’homme lézards. L’un de nos pions suggère qu’on revienne sous quelques jours. Si on y arrive à temps, on les aide à contenir la menace définitivement… si on loupe le timing ? A vous d’expérimenter ! On retourne à la capitale, et il arrive que la porte d’entrée soit prise d’assaut par un monstre ou l’autre. On a tout intérêt à intervenir sous peine de voir décéder un PNJ (et c’est « permanent »). Plusieurs faits de la sorte modifient le monde : revoir un PNJ qu’on a aidé 10 h avant, qui se souvient de nous et nous récompense (et nous file d’autres missions par exemple), c’est assez appréciable. On n’est jamais au bout de nos surprises. On peut repasser 5x même endroit en XX heures de jeux, on découvrira rarement la même chose et un chemin sûr aujourd’hui ne le sera peut-être pas demain la preuve en est des nombreuses menaces qui rôdent dans ce monde imaginaire : bandits de grand chemin, orcs, loups, harpies, mais aussi trolls immenses, Minotaures, chimères, griffons et autres dragons, etc. Certains affrontements sont assez épiques, surtout en début d’aventure quand on est peu équipé.

Tout se mérite ici

Pour parcourir ce monde gigantesque, on le fait à l’ancienne. On n’a pas de monture, pas de TP rapide gratos et j’en passe. Capcom nous pousse à explorer son monde, à prendre notre temps de tout découvrir et cela fait un bien fou. Bien sûr, il est tout à fait possible de prendre un chariot de bœufs (genre de calèche) pour gagner du temps, ou d’utiliser des pierres qu’on loot en jeu pour rejoindre un portail (à condition de l’avoir découvert… ou installé), mais au final on s’en sert que très peu tant on kiff voyager (on tombe ici sur le sujet des MT. Leur présence ? Chacun aura un avis différent, ce que je constate est que c’est loin pour ne pas dire très loin d’être handicapant et surtout en abuser nous ferait rater tant de choses). On vit Dragon’s Dogma 2 dans tous les sens du terme, on apprécie son monde vivant, organique et persistant (si on tue un PNJ, ne songez pas le retrouver le lendemain…). Chaque acte à ses conséquences (attention à la prison) un jour ou l’autre ! L’immersion est tout bonnement excellente.

Les biomes sont travaillés, on passe de montagnes, à des forêts, plaines, crevasses, bord de mer à un champ de bataille aux pieds d’une fortification, un village elfique, mais aussi des étendues désertiques, oasis, une ile volcanique ou encore des marais brumeux, etc., à l’ambiance différente selon qu’il pleuve qu’il fasse beau, avec à chaque fois un très bon jeu sur les hauteurs et la verticalité. Il arrive souvent qu’on voie un pont suspendu au-dessus de nos têtes (ou un chemin non découvert en contre bas), etc. et c’est d’ailleurs quelque chose de remarquable : l’importance du décor ! On peut très bien faire sauter un pont où se tient un ennemi redoutable pour l’anéantir, mais en contrepartie derrière, le passage en devient condamné ! On provoque un éboulement pour abattre un groupe ennemi? Let’s go ! Mieux encore, on fait tomber un troll et en s’en sert de pont (véridique), pour se créer un raccourci. Des situations comme cela, elles sont légions. 

Il fallait bien un accrochage

Le monde de Dragon Dogma affiche quelques panoramas et décors à couper le souffle avec un rendu sur PC de haute volée. Que ce soit la végétation qui a réagit à la météo du moment, les poils et plumes de la faune qui en font de même, les jeux de lumière avec le soleil qui se lève au travers de la brume, etc. on en prend plein les yeux et le support de l’Ultrawide ajoute à ce genre de titre une petite touche à l’immersion. Il est dommage que la technique ait par contre plus de mal. Pourtant bien équipé (4070 Ti super + 5700x + 32go de ram), j’ai connu comme bon nombre de joueurs des pertes de performances surtout en ville (la première… quelle horreur). Alors, certes, j’étais en preset ultra/ray tracing/dlss qualité, mais tomber à 30fps et des fois moins (70 ailleurs) n’est pas très excusable d’autant que ni mon GPU, ni mon CPU (aucun core) n’étaient à 100 % d’utilisation. Fort heureusement la communauté est déjà à l’œuvre avec des mods en ligne comme celui qui active le FrameGen rendant l’expérience bien plus fluide (60 en ville, 100-120 ailleurs). Capcom a déjà annoncé travailler sur le sujet. On attend avec impatience ces matchs.

On note sinon quelques légers problèmes de collisions par moment, et une IA parfois irrégulière (surtout les PNJ, côté pion c’est bien ficelé), mais globalement on est convaincu. La partie audio est également soignée, ne serait-ce que les bruits d’ambiance quand on se balade en forêt, le bois qui craque à cause du vent… ou du troll qu’on a entendu rugir 30 secondes avant. Côté doublage c’est de l’intégrale en EN ou JAP, avec un sous-titrage dans notre langue.

J’ai pesté sur les performances de Dragon’s Dogma 2 au lancement j’avoue, surtout après avoir acquis mon nouveau GPU exprès… mais bordel quel voyage ! J’ai apprécié quasi chaque miette (les missions d’infiltrations au château tsss) de mon voyage, j’ai pris un réel plaisir à poncer de bout en bout la map, à débloquer et leveler chaque classe, à partir à la découverte de chaque trésor dissimulé, des maitres de classes, et à libérer le monde de l’emprise du dragon. Sur PC, si on fait fi des potentiels soucis de perf, c’est validé à 110 % (tout le monde n’est pas impacté, cela dépend de vos réglages / config etc). Même tout n’est pas parfait, le voyage et si addictif qu’on lui pardonne certains manquements. Espérons tout de même des correctifs rapides. 

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