13 Sentinels Aegis Rim : le retour du roi ?!

Avant, quand je voyais Vanillaware je pensais immédiatement aux pépites Odin Sphere Lefthrasir ou encore Dragon’s Crown. J’étais totalement passé à côté de leur production, sortie dans les derniers mois de 2020 chez nous, sur Playstation 4 : 13 Sentinels Aegis Rim. Les mois passent, et à force de n’en entendre que du bien, je m’y lance avec du retard et quelle claque. Le titre propose un univers scifi ultra solide, une narration complète et complexe, qui scotchent des heures durant. Quand le studio annonce une sortie sur Switch, je n’ai pu m’empêcher de m’y replonger et aujourd’hui, le jeu n’a rien perdu de sa superbe !

13 Sentinels Aegis Rim nous compte une histoire unique vue sous l’angle de treize protagonistes. La narration se veut complexe, décrivant un univers au lore des plus riche. Chaque angle de vue amène sa pierre à l’édifice et contribue à l’éclaircissement de la trame. Dès les premières secondes de jeux, on se demande ce qu’il se passe : la ville est attaquée par des Kaiju. Une jeune fille se retrouve aux commandes d’un robot de combat, une Sentinelle, afin de les combattre.

À notre victoire, on se réveille dans une salle de classe sous les traits d’un jeune garçon dans la même classe que la pilote de Sentinelle. Tous deux disent avoir fait un rêve étrange où l’autre était présent aussi. On se demande où est la réalité. À de nombreuses reprises, 13 Sentinels se joue de nous de la sorte et nous fait penser tout et son contraire d’autant qu’on envisage d’entrée de jeux que le tout se passe sur des époques différentes. Encore une fois, fantasme ou réalité ? L’avenir nous le dira !

Le prologue place d’emblée le contexte et nous fournit énormément d’éléments, semant davantage le doute dans ce qu’on pense. Plus on avance et plus le ratio question/réponse penche en faveur du premier. Et c’est ici une des forces de 13 Sentinels avec une écriture complexe et de qualité tout au long de l’expérience. Les apparences montrent une chose, mais la réalité est à chaque différente et c’est quelque chose que j’apprécie fortement dans ce Vanillaware. Qui dit treize protagonistes dans une histoire commune dit relations et là encore là 13 Sentinels fait fort. Rien n’est laissé au hasard, tout est lié et le tout est ultra travaillé.

13 Sentinels Aegis Rim propose deux phases de gameplay : l’une consacrée à l’histoire dans un environnement 2D, et l’autre sur le champ de bataille. La première se déroule en scrolling horizontale (bien qu’on puisse se déplacer entre le premier plan et ceux derrière) limitant nos actions à des discussions avec les PNJ ou interagir avec quelques objets. 13 Sentinels amène un système lié à des mots clés qui peuvent être consultés sur une page spéciale, et il est même conseiller de le faire afin de ne rater aucune subtilité du contexte global. D’ailleurs, ces mots clés ouvrent de nouvelles lignes de dialogues avec les autres personnages afin de créer de nouveaux liens et faire progresser la trame.

D’ailleurs, le jeu nous assiste bien en indiquant d’une petite icône quand utiliser l’un de ces mots. 13 Sentinels Aegis Rim veut nous raconter une histoire, une très bonne histoire, et il le fait plus que bien. Quel que soit nos choix à un instant T, il faut se dire que ce n’est pas une fatalité, et qu’on découvrira l’autre pan de l’histoire quoi qu’il arrive à un autre moment. Alors oui, on avale des lignes de textes à la pelle, mais une fois passé ce prologue assez dirigiste, je peux vous assurer que le kiff est bien présent via une ouverture massive sur les possibilités, d’autant qu’on dispose d’un sous-titrage FR (en plus du doublage JP/EN). Un point fort pour un titre où cela blablate autant.

La DA y est tout simplement magnifique, on retrouve cette patte graphique atypique de Vanillaware. Impossible de rester insensible face à ce rendu pour ma part tant leur design maison est une tuerie sans nom. Le point fort est que cela tourne à merveille même sur Switch aussi bien en docké qu’en nomade. Le design, comme les animations ou les jeux de lumière, transpire le travail soigné. La partie son elle aussi envoie du bois avec un constat plus que positif que cela soit l’OST ou les bruitages et effets sonores. Vanillaware étale son savoir-faire et montre sa maitrise. J’aime !

La seconde facette du gameplay est les combats de mécha en semi temps réels avec un petit côté stratégique où on doit choisir quand et où se déplacer ainsi que le choix de l’arme à utiliser pour maximiser les dégâts selon si en face de nous on a un ou plusieurs ennemis et de quel type. Sur le terrain, cela consiste au final à résister à des vagues successives de monstres et les annihiler. On perd la beauté graphique de la partie histoire, pour atterrir sur une vue radar/holographique qui tranche fortement avec ce qu’on voit durant la partie 2 D. C’est jouissif de voir un escadron de Kaiju succomber sur une salve de tir, mais sur la durée, le tout manque un poil de peps et surtout une impression de déjà vue/redondance s’installe très vite la faute à des champs de bataille se ressemblant tous et un bestiaire manquant de variété. 

Là où 13 Sentinels rattrapent un peu le coup est que chaque personnage possède sa sentinelle répondant aux archétypes de corps à corps, distances, soutien ou polyvalent amenant un peu de vent frais côté gameplay avec chaque classe possédant ses avantages, inconvénients et statistiques. On adapte notre équipe de sentinelles actives selon la menace du moment. La dimension RPG est également bien présente via le leveling des pilotes, qui permet de débloquer des compétences passives ou l’amélioration des sentinelles.

La construction de l’expérience est assez cloisonnée durant le prologue, mais une fois cette première partie passée, même si certains passages sont imposés pour faire avancer le schmilblick, 13 Sentinels nous laisse la liberté de moduler quelque peu la progression comme bon nous semble, alternant à notre guise les passages 2D et les batailles (rejouable à l’infini d’ailleurs).

De ce fait, on arrive à atténuer fortement le sentiment de redondance que l’un ou l’autre mode pourrait faire apparaitre. On customise notre expérience selon nos envies, et on crée un rythme maison au fil de l’eau. Cette liberté est tout bonnement excellente.

J’ai surkiffé 13 Sentinels Aegis Rim sur Playstation 4, et c’est toujours le même plaisir de le redécouvrir sur Switch aujourd’hui. Durant la grosse 30aine d’heures que cela m’avait pris initialement (j’en suis à 10 h+ sur la console de Nintendo déjà), je n’ai pas décroché une seule fois malgré la petite redondance du mode bataille. On remercie la liberté intelligemment laissée par Vanillaware d’alterner à ma guise entre les deux facettes.

Le côté Novel est accrocheur, avec une DA sublime et un chara design léché. L’histoire complexe se dévoile au fil des lignes de textes, cassant sans cesse nos croyances et nous berçant une interrogation réalité ou non. Côté affrontement, il y a de bonnes idées, mais quelque peu assombries par le manque de variété des environnements et des ennemis.

La version Switch est du même niveau que la version Playstation 4, grâce à une optimisation poussée et un moteur peu gourmand.

C’est une vraie claque et un vrai coup de cœur, que je ne peux que recommander chaudement aux fanas de narration solides, de scifi ou encore aux joueurs adorant les titres verbeux d’autant que le STFR facilite grandement l’assimilation de ce lore riche et généreux. Un Must have du RPG? Assurément!

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