La PlayStation première du nom conservera à jamais un gout particulier pour moi. C’est assurément sur cette console que je garde les meilleurs souvenirs notamment l’âge d’or du RPG japonais que j’ai surtout connu en import : Xeno, FF Tactics ou encore Chrono Cross/Trigger. À l’annonce d’une version remaniée et remise au gout du jour, avec en prime une localisation FR, j’ai directe sauté le pas.

Cette réédition a un peu le derrière entre deux chaises/époques : Chrono Cross reste un mastodonte du genre, qui donne encore aujourd’hui une leçon à beaucoup de jeux sur ce qu’il raconte et la façon dont il le fait. Mais le portage, sur sa partie technique brute, peut quelque peu décevoir notamment dû à un framerate fluctuant ou quelques aspects liés à l’ergonomie qui ont mal vieilli. Il n’en reste que ce remaster reste la seule façon légale de profiter de ce bonbon sucré dans notre langue, et on ne va pas s’en priver.
Chrono Cross nous plonge dans une narration basée sur le voyage temporel. Après une courte introduction, on retrouve Serge dans son petit village maritime paisible. Une amie d’enfance lui demande de l’aide pour une de ses quêtes, mais rien ne se passe comme prévu. Nos héros se retrouvent expédiés 10 ans dans le futur, et on apprend alors que Serge est mort à cette époque. Chrono Cross offre la possibilité, tout au long de notre périple mythique d’alterner plus ou moins à notre guise entre ces deux époques. Ce fait permet de découvrir les mêmes localités, mais sous deux angles différents : un chemin nous bloque la route ? Il sera surement ouvert dans l’autre période et ainsi de suite.
Les personnes qu’on rencontre diffèrent également entre les deux époques, permettant de recruter (ou non) de nouveaux compagnons (plus de 40) pour nous accompagner. Se dire qu’un studio a pondu un système du genre il a plus de 20 ans est juste énorme. C’est insane comme idée, et sa mise en place est une réelle réussite.
Un voyage exemplaire

La construction de la narration tape dans le haut du panier, de nombreux souvenirs de mon premier run sur PSX ont refait surface. Si Square visait la corde nostalgique, c’est réussi ! Côté voyage, il n’y a rien à jeter aussi bien pour la trame principale que côté secondaire. Square Enix était le roi à cette époque et même encore aujourd’hui, Chrono Cross reste dans le top de ce qui existe à mes yeux. La durée vie tourne dans les 30-35h mais en ligne droite. Comptez facile le double pour prendre son temps et profiter de tout ce que ce hit a à nous offrir.
Les affrontements ne sont pas en reste avec une tour par tour des plus classiques en guise de base couplé à un système de force de frappe sur trois paliers / forces, ayant chacun un pourcentage plus ou moins élevé pour toucher l’adversaire. On choisit alors de maximiser nos chances ou bien on tente le tout pour le tout en essayant de frapper fort non-stop quitte à rater de temps en temps.
Un système élémentaire vient compléter le gameplay où chacune de nos techniques « éléments » se voit associée à un couleur. Après avoir en avoir exécuté une, une des cases sur une partie de l’ATH se colore. À chaque fois qu’une attaque élémentaire est lancée, les cases se remplissent (ou remplacent l’une d’entre elles) débloquant des bonus au fil du combat pour une couleur de plus en présente (et en affectant un malus à son contraire), d’autant que l’utilisation de ces capacités sont limitées, on réfléchit à quand l’utiliser pour optimiser nos chances. Là comme cela sur le papier, ce n’est pas foncièrement super clair, mais en jeu, c’est bien plus parlant. La formule est intéressante, mais elle prend un peu de temps à se mettre en place, et certains combats se montrent un tantinet long pour pas grand-chose.
Deux époques s’affrontent

Quoi qu’il en soit, Chrono Chross est encore une fois solide sur le fond. Que cela soit l’histoire, ou les bastons, on apprécie ce qui nous est proposé. La corde nostalgique fait son effet plus qu’il n’en faut. Se pose maintenant la question de la qualité de cette nouvelle itération 2022 et j’avoue avoir une petite amertume en bouche. Le jeu est un chef-d’œuvre, j’aurais apprécié une nouvelle version à la hauteur du jeu originelle et sur cet aspect, la production de Square pêche notamment le framerate. Le code reçu est une version PS5, et j’ai pu toucher la version Switch, et dans les deux cas, j’ai fait face à des chutes inexplicables et pas vraiment excusables surtout sur PlayStation 5.
Les modèles 3D des personnages ont été rehaussés à l’inverse des scènes précalculées qui piquent un peu aujourd’hui. Le format 4/3 est toujours de la partie bien qu’un 16/9 soit disponible avec quelques astuces pour ne pas déformer l’image. Alors certes, le jeu est vendu à bas prix, mais encore une fois pour un cador ce genre on aurait kiff un vrai travail quitte à payer bien plus cher. Autant le choix du rendu, cela se discute, mais concernant l’optimisation c’est un loupé actuellement.
La bande-son est toujours de qualité haute, avec un OST de l’époque dont la qualité a été améliorée pour correspondre aux standards du moment. C’est béton et le voyage audio envoie du bois.

Au rayon des « nouveautés » on pense au chapitre « radical dreamers » qui se joue à la façon d’un visuel novel, les traditionnels bonus de vitesse, combat auto et j’en passe, mais c’est surtout la localisation française qui est un réel plus, car oui, c’est bien une première ! Les non-anglophones disposent enfin d’une façon, légit, de profiter de ce chef d’œuvre. 23 ans d’attente ! Ne perdons pas espoir pour d’autres bombes du genre haha.
A qui s’adresse cette version ?
Si on laisse parler la nostalgie, c’est toujours un pied d’enfer de retourner faire un tour sur Chrono Cross surtout avec cette VF enfin disponible. L’histoire et la façon dont elle nous est racontée reste le top du top, Square Enix nous rappelle bien qui était le patron incontesté sur l’ère PSX and co. La bande-son, le système de combat et la durée de vie sont au rendez-vous surtout pour un si petit prix. Dommage que la partie technique elle ne soit pas à la hauteur du niveau que Chrono Cross affiche ailleurs. Certes, cela n’empêche pas de profiter du jeu, mais certains aspects du jeu n’ont pas super bien vieilli, notamment le framerate en dent de scie par moment qui assombrit un peu la note. Cela n’enlève en rien les qualités de ce must have, mais sachez tout de même que cette version n’est pas exempte de défaut (certes pas forcément rédhibitoire, et espérons bientôt patché).