Cela faisait un petit moment que j’attendais sa sortie, mais il est enfin là. Thymesia est un nouveau petit souls-like dans un univers sombre où la peste règne. Faisant penser à un Bloodborne dans son ambiance parfois malsaine, son époque et son ambiance (en superficie), Thymesia offre un gameplay nerveux et plaisant même si parfois rageant. L’aventure proposée est plaisante à jouer, une nouvelle belle surprise estivale.
On incarne Corvus, un combattant au look de doc de la peste qui doit parcourir le monde à la recherche de ses souvenirs après avoir été mortellement frappé en plein combat. Le monde est ravagé par la maladie et Corvus pense être le seul à pouvoir l’en sortir. On débloque de nombreux éléments du lore, en avançant, en fouillant partout, en plus des fragments de mémoires retrouvés dans chaque lieux. Certes, ne pensez pas trouver une expérience façon From Software niveau complexité par exemple, mais en même temps, on est sur une production d’un tout autre calibre et pour le coup j’ai apprécié le monde créé, et la direction artistique. Quel que soit le niveau parcouru, on ressent que rien ne va, que la mort rôde tout autour de nous. L’ambiance qui se dégage est intéressante et l’univers créé plait. C’est glauque, parfois malsain, et sombre. Le travail sur la direction artistique est plaisant et « jolie ». Niveau qualité visuelle, sur PS5, Thymesia est globalement propre par contre j’ai rencontré à plusieurs reprises quelques ralentissements ou microfreezes (malgré le mode performance) m’obligeant à relancer le jeu. Hormis cela, dans le cadre d’un jeu A/AA, j’ai été satisfait de ce qu’il proposait. Esperons qu’un patch vienne vite corriger les quelques petits loupés techniques
Comme dans tout bon souls-like, on retrouve la mort à chaque coin de rue, derrière chaque bâtisse en ruine et surtout on retrouve des mécaniques similaires : chaque ennemi abattu nous donne une monnaie à dépenser à des points de sauvegarde pour monter en niveau en choisissant l’une des trois stats : la vie, la force ou la peste. Les deux premières sont parlantes, et la dernière permet d’améliorer notre « endurance maison » utilisée pour les capacités spéciales liées à la peste. En montant de niveau, on débloque également un point de compétence à dépenser dans l’un des arbres de talents afin de booster Corvus sur différentes facettes comme son sabre, sa griffe ou les capacités d’esquive pour ne citer qu’eux. Idem, les potions (en ramassant les bons items) peuvent être améliorées (plus de charges, effet additionnel en combinant des items, plus de PV rendus, etc.). Thymesia est super permissif là dessus, offrant la possibilité de tout réinitialisé aux points de sauvegarde en deux clics! Tip top pour s’essayer à de nouveaux builds.








Manette en main, on pense être sur quelque chose de similaire à la concurrence, mais rapidement on s’aperçoit que pas mal de petites différences sont pourtant bien là à commencer par les attaques légères/lourdes « absentes ». On dispose en fait d’une frappe au sabre (arme principale) et la griffe (arme secondaire) qui offrent quelques particularités dont on reparlera plus bas. L’endurance est abordée d’une tout autre façon. On peut enchainer plusieurs frappes de suite sans se soucier de l’endurance, mais c’est plutôt via arbre de talents qu’on peut débloquer la faculté de coller un coup (ou plus) supplémentaire dans le combo ! De même l’esquive nécessite une recharge sous timer et ne consomme aucune ressource. La griffe, quand on balance un coup chargé, permet d’absorber une copie maudite de l’arme que portait l’adversaire qui permet une frappe dévastatrice à usage unique. Mais à force d’utiliser l’une ou l’autre, on peut débloquer son apprentissage et l’équiper dans un slot dédié, consommant à chaque utilisation notre fameuse endurance maison, qui se recharge par exemple quand on exécute un adversaire, ou à chaque coup porté via talent. Ces armes maudites peuvent elles aussi être améliorées via le loot de bons items afin de créer des variantes de celles qu’on droperait sur un ennemi grâce à cette griffe.
La base du gameplay se ressemble, mais Thymesia réussit à apporter sa petite touche d’autant que la baston est très dynamique et incite à l’agressivité, mais mesurée, car les ennemis ont vite fait de nous enchainer d’autant qu’ils continuent de nous matraquer pendant l’animation de nos coups ! Corvus dispose de tout un arsenal pour se battre comme les plumes pouvant stopper une attaque normalement non parable/blocable mais encore une fois, tout est une histoire de timing. Le tout demande alors une analyse des patterns ennemis, une maitrise des temps nécessaires pour nos combos tout en cherchant à en finir le plus vite possible. Cela peut être rageant par moment, mais globalement manette en main c’est un kiff.
La santé des ennemis se compose de deux barres : une blanche et une verte. Le sabre aura tendance à descendre rapidement la blanche en premier lieu alors que la griffe (plus lente) la verte. Il faut garder à l’esprit que la barre blanche, si l’ennemi ne subit pas de dégâts pendant quelques secondes, va se régénérer jusqu’au niveau de la verte nécessitant alors de lui redescendre. Il est alors important de réussir à toujours noyer l’ennemi sous une myriade de coups, variés, en utilisant tout le panel à notre disposition, tout en prenant soin d’éviter un maximum de coups. Le bestiaire est convainquant avec des ennemis basiques comme des élites / miniboss mastoc, mais que dire des boss qui sont plus que bons. J’ai pas mal ragé sur l’un ou l’autre, mais la formule amène quelques affrontements vraiment bien menés, sur plusieurs phases, etc.
Le level design des différents niveaux de Thymesia n’est pas sans rappeler la concurrence avec de la verticalité, des passages secrets et autres raccourcis à débloquer dans des niveaux labyrinthiques qui nous amènent souvent vers les points de sauvegarde permettant de nous plonger dans la composante RPG. La construction de la progression globale se fait via un hub où se lancent dans les niveaux les uns après les autres.
Fana des jeux hardcores en tout genre, j’ai touché à tout ce qui ressemble de près ou de loin à un From Software. Avec une DA assez singulière et un contexte qui me plaisait bien (le PlagueDoc »), Thymesia avait tout pour me plaire sur le papier. Au final, j’ai apprécié mon voyage avec Corvus. Tout n’est pas parfait (les chutes de frame/ralentissements, les animations lancées et on se fait tabasser malgré que l’ennemi encaisse), mais j’ai été satisfait du résultat avec un gameplay nerveux et dynamique (chose moins régulière dans le genre) et une dimension RPG plutôt souple, mais complète. À petit prix (30 balles en boites), l’offre me semble clairement bonne.