Initialement connu sous le nom de Blackout Protocol, le titre d’Ocean Drive connu pas mal de mouvements, ajustements, transformations, pour devenir aujourd’hui Section 13 ! Passé de shooter isométrique peu dynamique, mais assez hardcore à un twin stick shooter roguelike frénétique, Section 13 est disponible depuis quelques jours sur Steam (et consoles), l’occasion de refaire une passe dessus et prendre la température une nouvelle fois.
Côté narration, pour la faire courte : le joueur incarne un agent de la S2P Corporation, envoyé enquêter sur un complexe top secret où ont lieu des expériences occultes à la suite d’une alerte de niveau maximal provocant le confinement de tout ce site obscur. Seuls ou en coopération, les agents doivent percer les secrets de ce site étrange tout en élucidant de nombreux évènements anormaux. Grâce aux pouvoirs du S2P, un échec n’est jamais définitif, ayant la faculté à user et abuser des boucles temporelles pour réessayer, encore et toujours, à toucher notre but. La narration, bien que légère, reste de bonne facture grâce à un ton plutôt chill, des situations assez comiques par moment et une direction artistique efficace. Le casting de personnage mélange le loufoque et sérieux, ce qui crée une atmosphère réussit. Il y a une catastrophe, grave, mais en même temps l’écran nous affiche des choses déjantées par moment. Les autres PNJ rencontrés sont plus là pour combler les cinématiques et cutscènes. Sans être révolutionnaire, la trame narrative a au moins le mérite d’exister et de donner un sens à nos runs.
Le gameplay reprend la base du twin stick shooter : un joy pour déplacer notre avatar et un autre pour la visée (sur pc, déplacement au clavier et visée à la souris en parallèle). Le but du jeu est simple : progresser dans ces levels, en rasant toute menace adverse rencontrée, afin d’atteindre la porte de sortie et/ou le boss de fin, le vaincre et valider le niveau en cours pour passer au suivant. Pour se faire, on utilise diverses armes à feu trouvées en chemin, des explosifs, etc. L’arsenal est varié, et permet des massacres de malade d’autant que, sauf difficulté maxi, les munitions sont illimitées. La découverte d’une arme rare en chemin est donc synonyme d’un sacré gros buff des familles (alors que d’habitude, avec des tirs limités, on aurait tendance à bien mesurer l’utilisation de cette nouvelle arme de destruction massive).Le challenge est assez présent avec des adversaires pas toujours forts individuellement, mais vu que cela arrive par pack entier, cela peut vite déraper si on ne fait pas gaffe. Du coup, déplacements, gestion de la recharge, et utilisation à bon escient des consommables devient primordial. C’est assez nerveux, et la prise en main est efficace. Il ne faut pas longtemps pour se lancer dans des joutes explosives et prendre du plaisir in game.
Durant l’exploration, on découvre des passages fermés nécessitant de trouver un code d’accès, déverrouiller une console centrale, etc., ce qui fait qu’on revient parfois sur nos pas, et qu’on ne se contente pas d’avancer tout droit et de tout raser. En plus des consommables et armes, on récupère aussi des ressources et composants pour notre leveling et notre base. En cas d’échec, comme dans tout rogue, il est obligatoire de refaire le niveau en cours, et on retourne au hub. C’est alors qu’on utilise les composants durement gagnés durant le run afin de se crafter des armes, qu’on acquiert des bonus et talents, etc qui là sont définitifs. Bien entendu, les armes acquises durant un run sont perdues, mais dans les armes fabriquées nous laissent déterminer le preset d’équipement pour débuter notre prochain run. Quand bien même mourir équivaut à perdre la partie, on a bien une facette amélioration de fond pour faire gagner en puissance notre héros. C’est classique, mais solide.
Comme beaucoup de jeux, on peut ressentir plus ou moins vite une impression de redondance, mais c’est inhérent aux rogues quand la génération procédurale n’est pas de la partie (et même, à force). Finalement ce qui fait la force de Section 13 est dans son gameplay twinstick assez nerveux et sa composante multi avec une équipe de trois, avec une ambiance particulièrement soignée. Visuellement d’ailleurs, pour un petit titre indé à 19,99 euros, c’est validé avec un esthétisme pus que correcte. En coop, le fun prend encore un petit boost.
Manette en main, Section 13 a beau être assez classique, on y tire un certain plaisir grâce à son action frénétique et sa progression bien ficelée. Il ne manquerait qu’un peu de variété dans les niveaux quand on hard try finalement, et peut-être plus d’armes craftable et on serait bien. Section 13 mérite un petit coup d’œil, d’autant que son prix est loin d’être élevé. Pas révolutionnaire, mais il faut le boulot.